L’AS Monaco, une histoire de supporter

Tous les amateurs de football ont une admiration particulière pour une équipe, mais peu de gens racontent leur histoire d’amour avec cette dernière. Antoine Bidet, footballeur amateur et admirateur de l’AS Monaco nous raconte son histoire de supporter en entremêlant sa propre histoire à celle de l’histoire du club (reprenant le texte de L’Association sportive de  Monaco sur Wikipédia). (Photos : © DR)

La découverte de l’AS Monaco

J’ai découvert le football lors de l’Euro 2004, où j’ai apprécié la prestation des portugais sur leur terre avec le talent de Figo un joueur d’expérience et la jeunesse de Cristiano Ronaldo, futur meilleur joueur du monde.

Après avoir visionné quelques matches, je m’amusais à reproduire les mêmes gestes que Cristiano Ronaldo qui a toujours était un exemple pour moi pour sa capacité à se surpasser et pour son acharnement aux entraînements pour atteindre le top niveau.

Dans les cours de récréation, dans mon jardin ou sur des terrains vagues, tous ces endroits étaient des lieux pour s’amuser et jouer au football entre amis.

La coupe du monde 2006 : sans doute la plus belle Coupe du Monde que j’ai visionnée. En effet, le parcours de l’Équipe de France m’a laissé de merveilleux souvenirs puisqu’elle a battu les meilleures équipes de la compétition.
Tout d’abord en 8e de finale, l’Espagne du grand Raúl, dont les médias envoyaient Zidane à la retraite. Le match s’annonce donc tendu entre ces deux équipes.
 David Villa ouvre le score, mais Franck Ribery, jeune joueur français, met les deux équipes à égalité juste avant la mi-temps à la suite d’une magnifique chevauchée.
À 20 minutes de la fin du match Patrick Vieira donne l’avantage à la France d’une tête rageuse. Comme un symbole Zinedine Zidane enfonce le clou en fin de match. Les espagnols sont à terre. La France accède au quart de finale et Zidane fait taire la presse espagnole.

En quart de finale, la France écope du Brésil, grande favorite de la compétition avec des joueurs légendaires en la personne de Ronaldinho, Roberto Carlos, Dida, Cafù et encore l’attaquant Ronaldo. Les brésiliens connus pour leur qualité technique sont les grands favoris de cette rencontre.

Pour ma part, c’est sans hésiter le plus beau match auquel j’ai assisté depuis que je m’intéresse au football.
 Mon principal souvenir, c’est le festival de Zidane qui a livré une copie parfaite. 
Il excelle techniquement et surclasse tous les brésiliens lors de cette rencontre. Il est à l’origine de l’unique but de la partie.

En effet, à la 51e minute, sur un coup franc, il dépose le ballon sur le
pied droit de Thierry Henry qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets pour ce qui restera l’unique passe décide de Zinedine Zidane au meilleur buteur de l’équipe de France. Les bleus s’imposent 1 à 0 et se qualifient pour la demi-finale.

Après le match, les journalistes disent le seul brésilien présent sur la pelouse sur le terrain s’appelait en réalité Zinedine Zidane pour sa technique et son match exceptionnel.

Le dernier obstacle des Bleus avant la finale se nomme le Portugal de Figo et Cristiano Ronaldo derniers finalistes malheureux du dernier euro. Zidane est de nouveau homme du match en inscrivant l’unique but de la rencontre sur penalty sur une faute de Ricardo Carvalho sur Thierry Henry. Après cette confrontation tendue par l’enjeu, la France accède à la Finale de la Coupe du Monde à Berlin pour ce qui sera le dernier match de la carrière de Zidane.
Dans l’autre demi-finale, l’Italie prive l’Allemagne d’une finale à domicile en s’imposant sur le score de 2 à 0.
Dès les premières minutes de la rencontre, Florent Malouda est fauché par Marco Materazzi dans la surface de réparation. Penalty pour la France. Zinedine Zidane s’en charge. Il prend deux pas d’élan, s’élance et tente une panenka, un geste d’une extrême précision. Le ballon tape la barre transversale puis rentre dans le but avant de ressortir. C’est parfaitement exécuté par le magicien français. Quelle audace !
Materazzi égalise de la tête à la 19e minute.
 Malgré cela, on se dit que rien ne pourra arrêter cette solide Équipe de France, en partie grâce à son ange gardien. 
Les deux équipes n’ont pas réussi à se départager au cours du temps règlementaire. C’est la prolongation.

Malheureusement, un coup de tonnerre s’abat sur le stade à la 108e minute quand Materazzi provoque verbalement Zidane qui réplique par un coup de boule en plein torse.
Zidane, ce joueur apprécié par tous les Français aura fait vibrer son pays pendant un 
peu plus d’une dizaine d’années. Homme du
 match lors de la finale remportée en 1998 au 
Stade de France, champion d’Europe en 
2000, il était à deux doigts de faire gagner
 une deuxième coupe du monde aux bleus.
 Bien plus que Materazzi, c’est toute la 
France qui est abattue quand l’arbitre sort le
 carton rouge. Zidane sort tête basse à coté du 
trophée qui aurait pu être sa deuxième étoile.

Il restera pour moi le meilleur joueur de l’histoire du football.

La fin de match est hachée, l’Italie domine mais n’arrive pas à marquer. L’Italie remporte la compétition après la séance de tirs aux buts.
Suite à cette Coupe du Monde, j’ai demandé à mes parents de m’inscrire dans un club de football en 2007-2008 à Commentry.
 Évoluant au poste d’attaquant, mes sources d’inspirations étaient Thierry Henry, Cristiano Ronaldo et Didier Drogba.

L’an suivant pour la première fois de l’histoire du club de Néris Les Bains, une équipe de jeune est créée. Étant la ville dans laquelle je réside, je signe dans le club avec de nombreux copains avec qui j’étudie. C’est Tarik Idrissi (L’Ami Tarik, membre du groupe de rap Noir Sur Blanc), supporter monégasque et titulaire de l’équipe première qui assure nos entrainements. Une immense complicité s’est créée avec notre coach et après une super saison, nous apprenons qu’il ne continuerait pas l’aventure l’année suivant, trop occupé par ses projets musicaux. Suite à cela beaucoup de coéquipiers décident de changer d’horizon. Par conséquent, j’ai décidé de rejoindre mes anciens coéquipiers à Commentry.

À l’époque, l’équipe qui attire mon attention est l’Olympique de Marseille. Le but de Mathieu Valbuena à Liverpool est mon plus beau souvenir.

C’est le 28 avril 2012 que je découvre l’AS Monaco, alors pensionnaire de Ligue 2.
 En effet, dans le cadre d’une entente entre mon club de football de Commentry et celle du Clermont Foot, nous étions assistés au match opposant le Clermont Foot à l’AS Monaco. 

Ne m’intéressant pas vraiment à la deuxième division, je suis aller assister au match pour encourager l’équipe locale de Clermont-Ferrand. L’équipe auvergnate s’impose alors sur le score de 1-0 à l’issue d’un match serré.
Ce n’est que l’année d’après que j’eus un coup de cœur pour l’AS Monaco.

Le club lorsque je le découvre

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Durant le mercato d’été 2012, l’AS Monaco met en place ses ambitions de retrouver au plus vite la Ligue 1. Pour ce faire, le club de la Principauté renforce tous les secteurs de son effectif. C’est alors que le club signe le défenseur Andrea Raggi qui arrive libre de Bologne, le milieu défensif Delvin Ndinga, recruté pour environ six millions d’euros bonus compris. Monaco signe également deux joueurs ayant participé à l’Euro 2012 avec Jakob Poulsen international danois recruté pour deux millions d’euros et Emir Bajrami, international suédois prêté par le FC Twente. Meilleur buteur 3 sur 16 de Ligue 2 en 2010/2011, Sebastian Ribas rejoint également la formation monégasque alors que Flavio Roma, trois saisons après son départ, et Giorgos Tzavellas, non conservé dans un premier temps, font leur retour sur le Rocher. Après un excellent bilan lors de la préparation, le club dé- marre par une victoire 4-0 contre le Tours FC. Le 10 août, après plusieurs jours de négociations, le club annonce la signature du jeune argentin Lucas Ocampos. Ce dernier arrive en Principauté pour la somme de onze millions d’euros, soit le transfert le plus cher de l’histoire de la deuxième division. Toujours placé dans les trois premiers du championnat, l’AS Monaco remporte en fin de saison le titre, et retrouve alors la Ligue 1.

UNE FASCINATION NAISSANTE

Le 23 avril 2013, le match opposant le Clermont Foot et l’AS Monaco était diffusé sur la chaine Eurosport.
 Je me suis donc empressé de regarder ce match auquel j’avais assisté un an auparavant. Je découvre une équipe de Monaco jeune et bourrée de talent. Les Rouge et Blanc dominent le club du 63 et s’imposent sur le score de 4 à 0. À partir de ce jour, je n’ai plus lâché le club de la Principauté.
Le 11 mai, Nîmes reçoit Monaco pour ce qui pourrait être le match de la montée en Ligue 1 pour les monégasques. Ibrahima Touré meilleur butteur du club permet à Monaco de retrouver l’élite sur un but de la tête en fin de match.
 Monaco retrouve la Ligue 1 et réalise un gros mercato en faisant signer 3 grandes stars : Falcao, Moutinho et James Rodriguez.

Monaco est une équipe d’excellente qualité qui est sous-médiatisée par rapport à d’autres clubs français tels que le PSG, l’OM et l’OL alors qu’elle fait partie des équipes les plus prestigieuses de France grâce à son palmarès. Cette sous-médiatisation est due au fait que le stade Louis II est ra-rement remplis, car la grande majorité des supporters du club du Rocher se situe partout en France et il est long et difficile de s’y déplacer. En revanche, le taux de remplissage des parcages monégasques quand le club se déplace est le troisième à l’échelle nationale.
De plus, le club rouge et blanc est souvent critiqué et jalousé par les dirigeants des autres clubs du championnat de France pour ses avantages fiscaux.
 C’est, entre autres, pour ces raisons que j’aime cette équipe, car j’estime qu’elle mérite d’avoir bien plus de supporters qu’elle en a actuellement.

MONACO MONTE AU FIRMAMENT

Pour sa remontée dans l’élite, l’AS Monaco décide de frapper fort et affirme sa volonté de redevenir un grand du championnat de France et également en Europe. Dès le 24 mai, João Moutinho et James Rodríguez signent à Monaco, en provenance du FC Porto pour un montant total de 70 millions d’euros, 25 millions d’euros pour Moutinho et 45 millions pour Rodríguez, confirmant ainsi la nouvelle puissance financière du club. Ils sont rejoints plus tard par le défenseur portugais du Real Madrid, Ricardo Carvalho et puis par la star internationale colombienne Radamel Falcao pour environ 60 millions d’euros.

Ce dernier devient ainsi le plus gros transfert de l’histoire du championnat de France. Le club achète dans le même temps un autre attaquant, le jeune espoir lyonnais Anthony Martial (alors âgé de 17 ans) pour 5 millions d’euros, fait rarissime pour un joueur de cet âge, et le défenseur valenciennois Nicolas Isimat-Mirin pour 4 millions d’euros. D’autres joueurs comme Gaetano Mo- nacchello, Jérémy Toulalan, Éric Abidal, ancien joueur de Monaco et Geoffrey Kondogbia sont également recrutés. Finalement l’AS Monaco finira deuxième du championnat avec 80 points, record du club. Une réussite expliquée entre autres par les 12 passes décisives et les 9 buts de James Rodriguez, qui finira meilleur passeur de Ligue 1. Une première saison dans l’élite convaincante, ainsi qu’une demi-finale de Coupe de France. Mais ce n’est pas encore assez pour les ambitions du club monégasque.

UNE PASSION GRANDISSANTE

À l’occasion de la fête de la musique le 21 juin 2013, je retrouve mon ancien entraineur Tarik à un concert. Comme nous avions perdu contact, nous nous sommes échangés nos numéros de télé-phone.

Il m’invite chez lui le 26 janvier 2014 pour visionner le match Monaco-Marseille. Les monégasques s’imposent 2-1. Suite à cette soirée, nous avons renoué notre complicité. Devenu mon meilleur ami, je regarde la quasi-totalité des matchs des rouge et blanc en sa compagnie.

La saison terminée, le club renvoie Claudio Ranieri et met en place Leonardo Jardim pour instaurer une nouvelle dynamique et développer le jeu de l’équipe. Pendant la trêve estivale Monaco fait tout d’abord parler de lui par la vente de James Rodríguez au Real Madrid, estimée à 90 millions d’euros. L’intersaison est critiquée à cause des départs de Mounir Obbadi, d’Emmanuel Rivière (meilleur buteur de Monaco pour la saison 2013/2014) et de Radamel Falcao en prêt à Manchester United. Les supporters critiquent alors le manque de recrutement et le départ de Claudio Ranieri. Les mauvais résultats du club en début de saison 2014/2015 (15e à la 4e journée) compliquent les débuts de Leonardo Jardim et les supporters demandent le remboursement des abonnements après le départ de Radamel Falcao.

Malgré des résultats poussifs en Ligue 1, Monaco montre un autre visage en Europe. Placés dans un groupe C très homogène, avec les Portugais du Benfica, les Russes (concurrents directs pour l’indice UEFA français) du Zénith, et les Allemands de Leverkusen, les joueurs de la Principauté livrent des prestations très défensives: une défaite 1-0 à l’Estadio de la Luz, deux victoires 1-0 pour battre les Allemands, deux 0-0, et une victoire (2-0) à la dernière journée à domicile contre les Russes, qui qualifie le club sorti du chapeau 4, à la première place du groupe, alors que la tête de série Benfica est éliminé de toute compétition européenne. Monaco est, avec 1 but encaissé, la meilleure défense de Champions League devant les plus grosses écuries européennes. Le tirage au sort annonce que l’AS Monaco retrouvera le club anglais d’Arsenal. Lors du match aller à l’Emirates Stadium, alors qu’Arsenal est donné grand favori, c’est finalement l’AS Monaco qui s’impose 3 buts à 1 avec des buts de Kondogbia, Berbatov et Ferreira Carrasco. Le club de la Principauté s’incline (0-2) au match retour mais se qualifie pour les quarts de finale réalisant un de ses plus beaux exploits européens avant d’être éliminé par la Juventus de Turin. Le club termine à la troisième place de Ligue 1.

À l’été 2015, L’ASM réalise la première grosse vente du mercato estival en vendant Geoffrey Kondogbia pour 40 millions d’euros à l’Inter Milan. Le club vend également pour 7 millions d’euros Lucas Ocampos à l’OM, à qui l’Argentin avait été prêté pour la deuxième partie de saison, et prête Falcao à Chelsea après un prêt d’un an peu concluant à Manchester United. Dans sa politique de vente, l’ASM annonce la vente de Yannick Ferreira Carrasco pour 20 millions d’euros à l’Atlético Madrid, ainsi que celle de Nicolas Isimat-Mirin pour 3 millions d’euros au PSV Eindhoven. Berbatov, en fin de contrat, quitte le club, et Stekelenburg, prêté par Fulham en 2014-2015, n’est pas conservé. Monaco compense néanmoins ces départs par les arrivées de nombreux jeunes en pro- venance de la Ligue 1 dont Thomas Lemar, du SM Caen, Farès Bahlouli, de l’OL, Corentin Jean, de Troyes (prêté dans la foulée à l’ESTAC), Allan Saint-Maximin de l’AS Saint-Étienne (prêté dans la foulée au Hanovre 96) ainsi qu’Adama Traoré, du LOSC Lille. La politique de recrutement de jeunes se fait aussi à l’étranger avec Guido Carrillo, du club argentin d’Estudiantes de la Plata, Gabriel Boschilia, du club brésilien São Paulo FC, Ivan Cavaleiro, du club portugais du Benfica Lisbonne ou encore avec le prêt de la pépite italienne Stephan El Shaarawy depuis l’AC Milan. Le club monégasque semble alors bel et bien avoir renoncé à la stratégie d’achat de stars à grands frais qui était la sienne deux ans plus tôt, pour miser sur des espoirs potentiellement à l’origine de grosses plus-values. Ce mode de gestion est comparé par la presse à celui du FC Porto.

En 2016, l’équipe peut compter sur le retour de Radamel Falcao. Malgré le départ de Toulalan pour Bordeaux, l’ASM peut aussi compter sur les arrivées de Glik en défense et Germain en attaque. Lors de la saison 2016-2017 Monaco réalise des matchs extraordinaires en Ligue 1 notamment par une puissance offensive sans précédent (elle est la meilleure attaque d’Europe avec une moyenne de 3 buts par match au bout de la 22e journée de championnat) et termine 1er de son groupe en Ligue des Champions. Cette équipe extrêmement offensive est symbolisée par ses deux ailiers : le portugais Bernardo Silva et le français Thomas Lemar, tous deux très jeunes mais très influents dans le jeu monégasque. Au bout de la 20e journée du championnat de France, Monaco se retrouve leader après sa victoire (1-4) face à l’Olympique de Marseille au Stade Vélo- drome. Au cours de l’hiver, le club monte en puissance en enchaînant les performances et voit l’ascension fulgurante de son jeune joueur, le français Kylian Mbappé (âgé seulement de 18 ans), gagnant une place de titulaire au sein de l’effectif et marquant durant 9 titularisations consécutives (pour un total de 13 buts en 11 matchs) durant les mois de février et mars.

MON PREMIER MATCH AU STADE

Résident en Auvergne, l’équipe évoluant en Ligue 1 la plus proche se situe à Saint-Étienne. C’est donc naturellement que je m’y déplace pour la première fois le samedi 29 octobre 2016, accompagné de mon acolyte. Le match se clos sur le score de un partout. Monaco termine champion de France en fin de saison.
Le 15 mars 2017, Monaco se qualifie pour les quarts de finale de la Ligue des Champions en éliminant le club anglais de Manchester City, et voit ses jeunes français Mendy, Bakayoko et Mbappé appelés en Équipe de France pour la première fois quelques jours plus tard. Le 19 avril 2017, après une victoire à l’extérieur et un doublé de Mbappé lors du match aller (2-3), Monaco s’impose lors du match retour à domicile (3-1) grâce aux buts de Mbappé, Falcao et Germain face au Borussia Dortmund et se qualifie pour la quatrième demi-finale de Ligue des Champions de son histoire, un record dans le football français. Le club asémiste est le premier club européen à atteindre les demi-finales après avoir débuté la Ligue des champions au 3e tour préliminaire. L’ASM sera éliminé par la Juventus de Turin à ce stade de la compétition sur le score cumulé de 4 à 1. Le 17 mai 2017, après avoir battu Saint-Étienne 2-0, l’AS Monaco est sacré champion de France de Ligue 1 pour la 8e fois, et met fin à la série parisienne de 4 titres de suite.

Avec son nouveau projet mis en place depuis la Ligue 2, Monaco est resté fidèle à ses principes : acheter des joueurs jeunes et prometteurs et les revendre après avoir fait exploser leur potentiel aux yeux de l’Europe. Les exemples réussis de cette politique sont nombreux : Yannick Ferreira Carrasco, parti à l’Atletico de Madrid pour près de 25 millions, Layvin Kurzawa, qui a rejoint le PSG pour 25 millions d’euros, Geoffray Kondogbia, cédé à l’Inter Milan contre 36 millions, Tiémoué Bakayoko, recruté par Chelsea pour 40 millions, Fabinho, devenu joueur des Reds de Liverpool après une transaction à 45 millions d’euros, Bernardo Silva, parti à Manchester City contre 50 millions, Benjamin Mendy, également devenu cityzen pour 57,5 millions, Anthony Martial, acheté par Manchester United 60 millions d’euros, James Rodriguez, qui a rejoint la Casa Blanca du Réal Madrid pour 75 millions et enfin Kylian Mbappé, cédé au PSG contre 145 millions. Cette dernière opération est « sans doute la plus rentable de l’histoire du foot » puisque le club n’avait déboursé que 3 millions en 2016 pour recruter le joueur.

Si les opérations financières du club font de l’ASM l’un des clubs les plus performants sur le marché des transferts, la stratégie montre ses limites rapidement. Après le titre de champion de France, les monégasques peinent à confirmer. La saison 2017-2018 est ainsi bouclée à la deuxième place. Pire, le début de l’exercice 2018-2019 est tout bonnement catastrophique. Après neufs journées, Monaco pointe en effet à la 18e place, avec seulement 1 point d’avance sur la lanterne rouge, et simplement une meilleure différence de but par rapport à Nantes (-4 contre -8). Pire, les monégasques figurent déjà à quatre longueurs du premier non relégable, le promu Reims, 17ème avec 10 points. C’est simple, excepté leur match d’ouverture contre Nantes, victoire 6 sur 16 3-1 à la Beaujoire, les monégasques ont subi 5 dé- faites en championnat et concédé 3 nuls. Au niveau européen, le constat est aussi salé avec un défaite à domicile contre l’Atletico (1-2) et une humiliation à l’extérieur contre Dortmund (3-0). Comme un mauvais présage, Monaco avait déjà concédé une lourde défaite lors de son premier match officiel de la saison. À l’occasion du Trophée des champions qui l’opposait au Paris-Saint-Germain, l’ASM avait pris le bouillon, s’inclinant 4-0 avec des réalisations de Di Maria par deux fois, Nkunku et Timothy Weah, fils de la légende George Weah.

MA PREMIÈRE AU STADE LOUIS II

Le 2 septembre 2018, Monaco reçoit Marseille au stade Louis II. J’ai sauté sur l’occasion pour passer quelques jours dans le sud Est de la France et dé-couvrir la ville de Monaco. Marseille ouvre le score juste avant la mi-temps par l’intermédiaire de Kostas Mitroglou. Dès le retour des vestiaires, Monaco égalise grâce à Tielemans. Cinq minutes plus tard Falcao donne l’avantage aux monégasques. Thauvin égalise pour Marseille. En toute fin de match, Valère Germain, ancien joueur de la diagonale, offre la victoire à l’OM. Malheureusement, mon premier match au stade Louis II se termine par une défaite, mais j’ai assisté à un très beau match. J’ai apprécié l’ambiance et l’atmosphère conviviale de cette enceinte.

Deux jours plus tard, j’ai eu l’occasion de visiter le stade Louis II. Lors de cette visite j’ai rencontré Flavio Roma, ancien gardien et finaliste de la Ligue des Champions avec le club. Un long couloir nous mène ensuite au vestiaire des joueurs, ainsi qu’à la salle d’échauffement entouré du mur des légendes du club.

Nous longeons l’histoire du club avant de monter les escaliers menants à la magnifique pelouse. Nous nous dirigeons ensuite vers les loges présidentielles, là ou le prince Albert II assiste à tous les matchs de son équipe. La vue sur le terrain est parfaite pour admirer le spectacle. Notre visite s’achève au niveau de l’espace partenaires.
 C’est rempli de souvenir que je quitte le soleil de la principauté avec l’envie de revenir rapidement.

La saison des princiers est compliquée, l’entraîneur Léonardo Jardim est viré et remplacé par Thierry Henry. L’ancien champion du monde ne parvient pas à relever le club qui stagne à la 19e place malgré l’arrivée de Naldo, Fodé Ballo-Touré, William Vainqueur et du prestigieux milieu de terrain Fabregas. Les dirigeants décident de licencier Henry et de faire revenir Jardim au poste qu’il avait quitté quatre mois auparavant.

Le technicien portugais poursuit le mercato hivernal en recrutant Gelson Martins, Adrien Silva, George-Kevin N’Koudou et Vinicius, tous sous forme de prêt. Huit joueurs monégasques sont sur le départ. Au final, l’équipe est totalement remaniée pour espérer un nouveau départ.
 Tous ces changements à la mi-saison attisent les critiques des médias et des équipes adverses qui se plaignent du fait que Monaco affiche une équipe complètement différente à la phase retour du championnat par rapport à la phase aller.

LE LICENCIEMENT DE JARDIM

Alors que la saison suit son cours, Monaco ne parvient pas à relever la tête de l’eau. Leonardo Jardim, présent au club depuis 2014, champion de France 2017 et demi finaliste de Ligue des Champions la même année est remercié. Son remplaçant n’est autre que l’une des plus grandes gloires du club. Formé à l’ASM, Thierry Henry retrouve en effet le Rocher45, lieu de ses premiers exploits. Cette fois-ci dans la peau du coach, l’ex-attaquant des bleus voit là un premier grand défi pour sa première expérience d’entraineur en solo. Malheureusement pour « Titi », sa première tourne au cauchemar. Après une boulette de son gardien, la blessure de Falcao et le rouge de l’un de ses joueurs, l’AS Monaco s’incline 2 buts à 1 face à Strasbourg. Henry recrute Naldo, Fodé Ballo-Touré, William Vainqueur et du prestigieux milieu de terrain Fabregas.
Malheureusement, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Quatre mois après son arrivée au club en tant qu’entraîneur, les dirigeants monégasques décident de licencier Thierry Henry et de faire revenir Léonardo Jar- dim.
Le technicien portugais prend le mercato en main en recrutant quatre nouveaux joueurs. Il fait le trie dans son effectif et laisse partir sept joueurs sous forme de prêt. Monaco est désormais 16e à six points de la zone de relégation.

DÉPLACEMENT À ANGERS

Le samedi 2 mars 2019, dans le cadre de la vingt-septième journée de Ligue 1, je réalise le déplacement à Angers pour le match SCO Angers – AS Monaco. Je me retrouve dans le parcage des supporters monégasques. L’ambiance est au rendez-vous, malheureusement les joueurs de Jar-dim sont dominés en première mi-temps et encaissent deux buts. Dès le retour des vestiaires, le club princier retrouve du poil de la bête et inscrit deux buts coup sur coup. Malgré leur nette domination en seconde période, les monégasques ne parviennent pas à s’imposer. Les deux équipes se quittent sur le score de 2-2. Monaco est actuellement 16e du classement à six points de la zone de relégation.

Aujourd’hui le club est 19e de Ligue 1 et est aux portes de la Ligue 2 à la mi-saison. Les actionnaires Russes ont décidé d’investir lors du mercato hivernal en attirant des joueurs de renommés comme le milieu de terrain champion du monde avec l’Espagne en 2010 Cesc Fabregas ou encore le défenseur central brésilien Naldo.

Quant à moi…

L’histoire du club avant que je le découvre

L’AS Monaco est un club de football de Monaco fondé en 1924. Bien que Monaco est un pays à part entière, le club est affilié à la Fédération Française de football ce qui lui permet de participer au championnat de France. Elle fait partie des quelques seules équipes de football évoluant dans un championnat étranger.

En 94 ans, le club de la principauté a remporté huit titres de champion de France, cinq coupes de France, une Coupe de la Ligue et, au niveau européen, une finale de Coupe des vainqueurs de coupe. Elle fait aussi partie du cercle fermé des clubs français ayant réussi à atteindre la finale de plus prestigieuse des compétitions européennes : La Ligue des Champions.

Le club évolue dans le stade Louis-II, ayant une capacité de 18 523 places, depuis 1939. Avant cela, c’est à une rue de ce dernier qu’évoluait le club asémiste, dans le stade des Moneghetti dans la commune limitrophe de Beau-soleil.


Le club possède un centre d’entrainement unique au monde, un véritable joyau pour former les talents de la principauté. La Turbie rassemble trois terrains au cœur des rochers, avec vue sur la mer. Un centre de formation de bonne réputation puisque c’est ici qu’ont grandi de nombreux talents :

– Les champions du monde 1998 : Lilian Thuram, Emmanuel Petit, David Trezeguet sans oublier Thierry Henry.
– Le champion du monde 2018 : Kylian Mbappé qui enchaine les records.

Le club est présidé par le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev (à gauche), qui a acquis 66,67% des parts du club le 23 décembre 2011. Vadim Vasilyev (au milieu), est le vice président et porte parole de Dmitry Rybolovlev. À gauche de la photo, le Prince Albert II, premier supporter de l’AS Monaco puisqu’il soutient son équipe à tous les matchs se déroulant au stade Louis II.

Le joueur ayant réalisé le plus de match au club est Jean-Luc Ettori avec 755 matchs. Le meilleur buteur de l’his- toire du club est Delio Onnis avec pas moins de 223 buts. Ce même joueur détient aussi le record du meilleur buteur de l’histoire du championnat de France avec 299 buts.

Le club de l’AS Monaco FC est le fruit de l’unification des clubs de l’AS PTT de Beausoleil, de Riviera AC de Monaco, et le Monte-Carlo Swimming Club. Le club fait ses débuts footballistiques en division promotion de District de la Côte d’Azur lors de la saison 1924-1925.
 Autorisé à utiliser des joueurs professionnels évoluant dans le Championnat de France professionnel, l’AS Monaco reste un club amateur du fait qu’il ne dispose pas d’une structure aux normes pour le professionnalisme.

C’est le 23 avril 1939 que le stade Louis II voit le jour, l’ASM peut enfin construire une équipe compétitive à la hauteur de ses ambitions.
 Après de longues années de disette, le club accroche une deuxième place lors de la saison 1952-1953, synonyme d’accession en Division Nationale. C’est la première fois que le club princier accède au plus haut niveau de la hiérarchie du football français.

L’AS Monaco fait ses débuts en première division française lors de la saison 1953-1954. Le club ne peine pas à se maintenir au plus haut niveau, mais c’est en 1958 avec l’arrivée de l’entraineur Lucien Leduc que l’équipe va connaître ses premières années de gloire.

LES PREMIERS TROPHÉES (1960-1970)

En 1960, les joueurs vêtus à l’époque d’un maillot blanc rayé de rouge, remportent leur premier titre en gagnant la Coupe de France.

Lors de la saison 1961-1962, l’AS Mona-co arbore un nouveau maillot qui deviendra emblématique puisqu’il est toujours utilisé aujourd’hui : c’est la fameuse dia- gonale rouge et blanche. Ce maillot dessiné par la Princesse Grace Kelly porte chance aux monégasques puisqu’ils remportent pour la première fois le championnat de France cette même an-née.

L’AS Monaco fait ses premiers pas en Coupe d’Europe lors de la saison 1961-1962 mais ne réussissent pas à passer le premier tour puisqu’ils se font éliminer par les Glasgow Rangers.

Cette saison fut aussi laborieuse en championnat national, mais celle qui s’ensuit n’en sera que plus belle. Et pour cause, Henri Biancheri et ses partenaires réalisent le premier (et à ce jour, l’unique) doublé Coupe-Championnat de l’histoire du club : Monaco bat l’Olympique lyonnais 2-0 en Finale de Coupe de France.
Le club parvient à aller en huitième de finale de Ligue des champions en 1964, mais est sur le déclin en championnat. En 1969, l’ASM est relégué en deuxième division. Après avoir réussi à remonter en première division lors de l’année 1971, Monaco vacille entre Division 1 et Division 2. C’est pourtant à cette période qu’un des plus grands joueurs de l’histoire de la principauté fait son arrivée en la personne de Delio Onnis. Arrivé en 1975, l’attaquant argentin devient le meilleur buteur du championnat en 1975. Cette même année, le club se structure avec l’arrivée du président Jean-Louis Campora qui va recruter Gérard Banide pour devenir responsable du centre de formation du club, et Lucien Leduc qui fait son retour sur le banc après la relégation du club en 1976.
Avec Onnis, qui a accepté de rester au club en D2, l’AS Monaco réalise l’exploit d’être vice-champion de D2 et d’être sacré champion de France en 1978, grâce à ses joueurs majeurs Christian Dalger, Rolland Courbis, Jean-Luc Ettori ou encore Jean Petit. Ce titre marque le début des grandes années du club régulièrement qualifié pour les Coupes européennes. Monaco remporte la Coupe de France en 1980 sous la direction de Gérard Banide.

DES PERFORMANCES EUROPÉENNES DÉCEVANTES (1980-1987)

Le club remporte un nouveau titre de champion de France en 1982 permettant au club d’attirer des joueurs de l’équipe de France tels que Manuel Amoroso,

Bruno Belote et Daniel Bravo. Cependant les performances en coupe d’Europe restent décevantes.
La saison 1983-1984 voit l’arrivée de Lucien Muller aux commandes de l’équipe. En championnat, L’ASM échoue à la différence de buts face aux Girondins de Bordeaux pour le titre de champion de France. Les monégasques parviennent à atteindre en finale de Coupe de France contre le FC Metz mais s’incline sur le score de 2-0 après prolongation.
À la suite de ces déceptions, le début de saison 1984-1985 est compliqué. Les hommes de Lucien Muller sont dixièmes à la trêve hivernale et perdent au premier tour européen contre le CSKA Sofia.

Le 9 novembre 1984, le FC Nantes reçoit l’AS Monaco à l’occasion du premier match de championnat de France diffusé à la télévision sur la chaine Canal +. Monaco s’incline 1-0 contre les Canaris.

Monaco reprend des couleurs notamment grâce au retour de blessure de Jean-Luc Ettori. En effet, les Rouges et Blancs signent une remarquable seconde partie de saison en ne concédant qu’une seule défaite pour finir le championnat à la 3e place et gagner la Coupe de France contre le Paris Saint-Germain par un but à zéro.

À noter qu’après plusieurs années de travaux, le nouveau Stade Louis II est inauguré le 25 janvier 1985 par le prince Rainier III.
L’enceinte compte désormais 18 523 places assises.

La saison 1985-1986 est une fois de plus décevante puisque le club termine à la 9e place en championnat. De plus, elle est éliminée dès le premier tour des autres compétitions. 
Lucien Muller quitte son poste d’entraîneur. Cette saison garde tout de même une note positive puisqu’elle est marquée par la victoire 9-0 infligée aux Girondins de Bordeaux, alors double champion en titre, en janvier 1986. Cette défaite reste aujourd’hui la plus lourde concédée par un champion de France en titre dans l’histoire du Championnat de France.
Le Roumain Stefan Kovacs débarque alors sur le Rocher avec l’idée de relancer l’équipe pour cette nouvelle saison sans Coupe d’Europe. La saison demeure moyenne avec une 5e place qui ne permet pas de se qualifier pour la Coupe de l’UEFA. Arrivé une année auparavant, Stefan Kovacs laisse alors sa place à Arsène Wenger.

LES ANNÉES WENGER (1987-1995)

En 1987, Arsène Wenger arrive à la tête du club princier après avoir quitté l’AS Nancy-Lorraine. Dès sa première année, il remporte le titre de champion de France avec son équipe. La seule déception de cette première saison de l’air Wenger est l’élimination en 16e de finale de Coupe de France contre le rival niçois. Cette année-là, Monaco ne joue pas de Coupe d’Europe.
Lors de la saison 1988-1989, l’équipe se voit décimée par les blessures et les suspensions mais accède à la 3e place du classement et à la finale de la Coupe de France où elle s’incline face à l’Olympique de Marseille. Cette saison permettra l’éclosion de joueurs comme Emmanuel Petit ou George Weah. De plus, Monaco rompt avec ses mauvaises habitudes européennes et passe les deux premiers tours de la Coupe des Clubs champions grâce notamment à une probante victoire 6-1 contre le FC Bruges en 8e de finale lors du match retour. Monaco vient ainsi d’écrire le début de son histoire européenne et prend enfin une dimension internationale.
Le match aller perdu au stade Louis II ne permet pas aux Monégasques de passer les quarts de finale contre Galatasaray.

Les saisons qui suivent seront dans la continuité des deux premières avec une 3e place en championnat puis une seconde place qualificative pour la Coupe de l’UEFA ainsi qu’une victoire en Coupe de France en 1991. Mais c’est avant tout sur la scène européenne que l’AS Monaco FC se fait remarquer obtenant sa première demi-finale de Coupe des Coupes en 1990 au terme d’un parcours serré (6 matches nuls en 8 rencontres) qui aura néanmoins montré la solidité de cette équipe. Cette expérience ne permettra pas de franchir l’obstacle suivant, le FK Torpedo Moscou en 8e de finale de la Coupe de l’UEFA, l’année suivante.

La saison 1991-1992, sera une des plus complètes du club. En effet, celle-ci est engagée sur tous les tableaux possibles avant que tout ne se transforme en échec en mai. D’abord une défaite au Stade Louis II contre Marseille (0-3) qui maintient Monaco à la seconde place derrière les vain- queurs du soir, puis l’écroulement d’une tribune à Bastia lors de la demi-finale de Coupe de France qui met fin à la finale pour laquelle l’ASM s’était qualifiée au tirs aux buts à l’AS Cannes, 8 jours plus tôt. Et enfin, une défaite au Stade de la Luz à Lisbonne contre le Werder Brême (0-2) lors d’un match fermé en finale de Coupe des vainqueurs de coupes viendra clore la saison.
George Weah quitte alors Monaco pour le Paris Saint-Germain, et est remplacé par le champion du monde allemand, Jürgen Klinsmann. La saison 1992-1993 marque le début de la fin du cycle malgré une 3e place. À la faveur de la disqualification de l’Olympique de Marseille et du refus de Paris, l’ASM se retrouve qualifié pour la Ligue des champions de l’UEFA.

La saison 1993-1994 sera contrastée entre un Monaco qui termine 9e du championnat et d’autre part qui se qualifie brillamment pour les demi-finales de la Ligue des champions, cédant 0-3 contre le Milan AC à San Siro après avoir vaincu l’AEK Athènes, le Steaua Bucarest, le Spartak Moscou et le Galatasaray Istanbul et malgré deux défaites contre le FC Barcelone. Jean-Luc Ettori mettra un terme à sa carrière après avoir battu le record de matches de Division 1 disputés lors de cette saison.
Fabien Piveteau venu du Havre AC prend place dans les buts monégasques et Sonny Anderson sur le front de l’attaque. À la suite d’un mauvais départ lors de la saison 1994-1995 et d’une défaite 0-2 contre l’OGC Nice au Stade Louis-II (1er match de Thierry Henry en 1re Division), Arsène Wenger est remercié. Il rebondira au club japonais de Nagoya Grampus Eight. Wenger est alors remplacé par le duo Jean-Luc Ettori – Jean Petit. L’AS Monaco se qualifiera alors de justesse pour la Coupe de l’UEFA (6e) à la faveur de la double victoire du PSG dans les coupes nationales.
Cette année de transition pour le moins décevante (notamment éliminé par Thouars (National) en 16e de finale de la Coupe de France) marque la fin de l’ère Wenger dont on retiendra la régularité au plus haut niveau national et l’accès au haut niveau européen même si, finalement, un seul titre de champion et une seule coupe de France auront été gagnés.

LA MONTÉE EN PUISSANCE
SUR LA SCÈNE EUROPÉENNE

Lors de l’intersaison 1995, Jean Tigana, fort d’une 2e place avec l’Olympique lyonnais, prend les commandes du club monégasque.

Après un départ poussif durant les matchs aller et une élimination prématurée en Coupe de l’UEFA contre Leeds, les rouges et blancs, quasiment invincibles lors des matchs retour, terminent à la 3e place du classement 1995-1996. Le brésilien Sonny Anderson termine meilleur buteur du championnat.

Lors de sa seconde année (1996-1997), Jean Tigana remporte le titre avec son équipe, avec des joueurs tels que Franck Dumas, Sylvain Legwinski, Fabien Barthez, Thierry Henry, Victor Ikpeba, Emmanuel Petit, ou encore Vicenzo Scifo et emmène l’ASM en demi-finales de la Coupe de l’UEFA défait par l’Inter de Milan et de la Coupe de la Ligue face au RC Strasbourg.

En 1998, Monaco parvient jusqu’en demi-finale de la Ligue des champions battue par le club turi- nois de la Juventus de Zinédine Zidane après avoir terminé 1re de son groupe et éliminé le club anglais de Manchester United et termine une nouvelle fois sur le podium du championnat (3e) après avoir terminé en tête à mi-championnat. L’ASM compte de nombreux jeunes joueurs talen- tueux lors de cette année tels que Willy Sagnol ou son duo d’attaquant Thierry Henry – David Trezeguet.

La première moitié de la saison suivante est malgré tout décevante avec une élimination en Coupe de l’UEFA contre Marseille. Thierry Henry part alors à la Juventus. En difficulté avec une partie du groupe, Jean Tigana démissionne au début de l’année 1999. Il est alors remplacé par Claude Puel.

Didier Deschamps, entraîneur de l’ASM de 2001 à 2005.
Claude Puel permettra à sa formation d’enchaîner les bons résultats durant cette deuxième partie de championnat et d’accéder à une 4e place permettant de se qualifier pour la Coupe de l’UEFA, échouant de peu à la faveur lyonnaise dans la course à la Ligue des champions de l’UEFA. Fabien Barthez, Willy Sagnol, David Trezeguet, Dado Prso, Rafael Márquez, John Arne Riise, Pablo Contreras, Marco Simone, Philippe Christanval, Marcelo Gallardo, Sabri Lamouchi ou Ludovic Giu- ly font alors partie du groupe monégasque. Le club du Rocher remporte son septième titre de champion de France lors de l’année 2000 en ayant survolé le championnat. En Coupe de France, l’ASM est éliminée en demi-finale à domicile contre le FC Nantes, manquant de peu une finale contre Calais pour un nouveau doublé qui lui tendait les bras. Le seul point négatif de cette saison fut l’élimination en 1/8e de finale de Coupe de l’UEFA contre Majorque.

À la suite du départ de nombreux joueurs majeurs et de la déception provoquée par certains des joueurs venus les remplacer, la saison suivante sera sinistre avec une décevante 11e place (1re fois que l’ASM termine dans la seconde partie du tableau depuis sa remontée en Division 1 en 1977) et le club se trouve éliminé au 1er tour de la Ligue des champions dans un groupe pourtant à sa portée. En 2001, Claude Puel qui n’aura eu que le temps d’une saison et demie pour convaincre, quitte l’ASM sur une finale perdue de Coupe de la Ligue face à l’Olympique lyonnais. Didier Deschamps le remplace dès lors. Le recrutement estival s’avère désastreux malgré la ve- nue de joueurs de classe mondiale tels que Oliver Bierhoff, Florin Răducioiu ou Vladimir Jugovic. Monaco passe de peu à côté de la relégation avec une calamiteuse 15e place dans un champion- nat à 18 équipes.

Intersaison 2002, les stars quittent le Rocher et sont remplacés par de jeunes talents qui obtiendront une 2e place en championnat après une lutte acharnée avec Lyon et une victoire en Coupe de la Ligue en 2003. L’ASM glane au passage le titre honorifique de meilleure attaque.

La saison 2003-2004 est une saison mémorable pour le club. C’est l’année du Périple Rouge et Blanc. Qualifié pour la Ligue des champions, l’AS Monaco FC s’illustre dès le premier tour en bat- tant historiquement le Deportivo La Corogne, en s’imposant 8 buts à 3 et battant ainsi un nouveau record en nombre de buts marqués sur un match. Monaco compte alors des joueurs tels que le gardien Flavio Roma ou encore Jérôme Rothen, Patrice Évra, Hugo Ibarra, mais surtout sa paire offensive magique, l’ailier droit Ludovic Giuly et l’attaquant espagnol prêté par le Real Madrid, Fer- nando Morientes. En huitième de finale, Monaco élimine le Lokomotiv Moscou, puis hérite du Real Madrid en quart de finale.

Le club espagnol est battu à la suite de deux matchs spectaculaires de la part de Ludovic Giuly et de Fernando Morientes notamment. Lors de la demi-finale, l’AS Monaco FC élimine une nouvelle fois une grosse écurie, le Chelsea Football Club. Cependant, les joueurs monégasques ne rééditeront pas un nouvel exploit face au FC Porto en finale, s’inclinant trois buts à zéro. Fernando Morientes termine tout de même meilleur buteur de la Ligue des champions et Dado Prso égalera le record en Ligue des champions de buts marqués sur un match. Après avoir monopolisé la
1è§re place et compté douze points d’avance sur leur adversaire du soir après une victoire 3-0 contre l’Olympique lyonnais, les joueurs de Monaco ne finissent que 3e du championnat malgré le gain de 75 points, payant ainsi leurs efforts européens.

Le parcours européen de l’année précédente ne permettra pas au club de rebondir mais de s’en- foncer doucement dans l’anonymat.

En effet, profitant de leur succès, nombres des armes offensives de l’ASM quittent le club : Giuly est parti au FC Barcelone, Fernando Morientes est retourné au Real Madrid, et Jérôme Rothen est transféré à Paris. Arrivent alors pour les remplacer Javier Saviola, Ernesto Chevantón, Maicon ou Kallon. Basée sur une solidité défensive (seulement 5 défaites), Monaco parvient tout de même à la 3e place du championnat loin du vainqueur lyonnais et échoue en demi-finales des 2 coupes nationales. Après un premier tour solide et probant (1ère place devant le futur vainqueur Liverpool), l’ASM ne dépasse pas les huitièmes de finale en C1 échouant face au rugueux PSV Eindhoven.

Déclin et renouveau russe

LE DÉCLIN (2005-2011)

L’année 2005-2006 sera malheureusement des plus décevantes. Monaco, qui n’a décidément pas les moyens ou pas la volonté de rebâtir une grande équipe digne d’une finale européenne, recrute à l’économie bon nombre de joueurs pourtant prometteurs. Mais l’osmose ne prendra pas et Didier Deschamps est sommé de démissionner après une quatrième défaite en sept rencontres de championnat et une piteuse 15e place à trois longueurs de la zone de relégation ainsi qu’une éli- mination prématurée au tour qualificatif de la Ligue des champions face au Betis Séville. Jean Petit assure alors l’interim pour 4 rencontres. Sous les commandes de Francesco Guidolin, l’équipe parvient à enchainer de bons résultats qui les propulsent à la trêve à seulement deux longueurs de la deuxième place. Le mercato hivernal voit Evra et Adebayor quitter le club pour rejoindre respectivement Manchester United et Arsenal FC. Malgré l’embauche de recrues italiennes telles que Marco Di Vaio ou Christian Vieri, Monaco finit à une 10e place peu reluisante et sombre en 16e de finale de la Coupe de l’UEFA face au FC Bâle. La confiance à l’entraîneur italien ne sera pas reconduite.

Pour rebondir dans la saison 2006-2007 sans Coupe d’Europe, l’ASM confie cette fois les com- mandes à László Bölöni, qui a obtenu de bons résultats au Stade rennais, et se lance dans un nouveau chamboule-tout de l’effectif : départs de Sébastien Squillaci à l’Olympique lyonnais, An- dréas Zíkos à l’AEK Athènes, Olivier Kapo à Levante et arrivées de Yaya Touré, Sylvain Monsoreau, Jérémy Ménez, Jan Koller, Jerko Leko, Gonzalo Vargas et Fabian Bolivar. Mais le discours ne passe pas et l’entente est toujours inexistante. Monaco est alors 19e du championnat avec sept défaites sur les dix rencontres jouées. Le verdict tombe le 24 octobre 2006 : l’entraîneur est suspendu de ses fonctions pour être remplacé par son adjoint, Laurent Banide après une défaite en 8e de finale de la coupe de la ligue aux tirs aux buts. Celui-ci, après des débuts difficiles, réussit à enchaîner les bons résultats et éloigne le club de la zone de relégation. L’AS Monaco termine 9e, se classant honorifiquement parmi les meilleures équipes des matches retour.
Pour la saison 2007-2008, Laurent Banide est non reconduit dans ses fonctions, et laisse sa place à Ricardo, venu des Girondins de Bordeaux. L’intersaison 2007 aura au moins évité un nouveau chamboulement de l’effectif, le choix étant de bâtir une équipe en exploitant au mieux les forces en présence et en s’appuyant sur les jeunes talents issus du centre de formation. Le club se placera à la 9e place avant la trêve hivernal et terminera la saison à la 12e place, n’assurant son maintien dans l’élite qu’à deux journées de la fin. Cette saison est marquée par une lourde défaite 0-6 contre Bordeaux, soit le plus lourd revers de l’histoire du club à Louis II.
La saison suivante, Monaco déçoit encore. Des difficultés financières obligent le club à vendre Jérémy Ménez, et son meilleur joueur Nenê sera prêté à l’Espanyol Barcelone, à la suite d’un conflit avec l’entraîneur : Monaco assure son maintien lors de la 33e journée et terminera à la 11e place. Par ailleurs, les résultats lors des deux coupes restent mitigés.

L’intersaison 2009 voit la nomination de Guy Lacombe au poste d’entraineur à la place de Ricardo. Celui-ci hérite d’une équipe jeune avec de nombreux joueurs avec un bon potentiel tel que Stéphane Ruffier, Nicolas N’Koulou, Park Chu-Young, Vincent Muratori ou encore Yohan Mollo. La- combe emmène le club princier en finale de la coupe de France (défaite face au PSG) et à une 8e place, soit le meilleur classement du club depuis quatre ans. Malheureusement le technicien ne réédite pas sa performance lors de la deuxième saison du club sous ses ordres et est limogé en janvier 2011, laissant Monaco à une inquiétante 17e place. Laurent Banide fait alors son retour et Monaco recrute plusieurs joueurs comme Mahamadou Diarra ou Pascal Feindouno qui ne confirme pas les espoirs des recruteurs.

Le 29 mai 2011, l’AS Monaco est reléguée en Ligue 2 après une défaite 0–2 face à l’Olympique lyonnais, le soir de son 2000e match dans l’élite, mettant également fin à 34 années consécutives de présence en Ligue 1.
La saison 2011-2012 débute le 23 juillet par une élimination de la Coupe de la Ligue dès le premier tour contre le CS Sedan (1-4). Lors des deux premières journées de championnat, le club n’obtient que des matches nuls contre US Boulogne à domicile et l’ESTAC au stade de l’Aube. Alors qu’il était sans club et qu’il s’entraînait à la Turbie depuis quelques semaines, l’ancien joueur du club, passé par Barcelone et le PSG, Ludovic Giuly signe un contrat de deux ans avec le club. Quelques jours plus tard, c’est l’ancien nantais, Marama Vahirua qui est prêté par l’ASNL, alors que Benjamin Moukandjo arrivé six mois plus tôt fait le chemin inverse. Dieumerci Mbokani quitte également le club pour Anderlecht. Après six journées et une nouvelle défaite à domicile face à Angers, le club ne compte toujours aucune victoire de la saison. Laurent Banide est alors démis de ses fonctions au profit de Marco Simone. Le vendredi 2 décembre 2011, après 16 journées et une défaite 0-2 face au FC Metz, l’ASM est toujours lanterne rouge de la Ligue 2.

L’AIR RUSSE : LE RENOUVEAU

Après plusieurs années de chute et un gouffre financier que ne souhaitent plus combler les actionnaires, la Principauté décide d’accepter l’ouverture du club à un actionnaire étranger, après plusieurs refus. C’est ainsi que le 23 décembre 2011, l’arrivée de Dmitry Rybolovlev est officialisée après plusieurs semaines de négociations. Le milliardaire russe devient le nouvel actionnaire majoritaire de l’AS Monaco en récupérant 66,67 % des actions du club. Pour la première fois dans son histoire, le club n’est plus sous le contrôle de la Principauté.
Pendant le mercato hivernal, pas moins de 9 recrues sont arrivées sur la Principauté dont Nabil Dirar, Ibrahima Touré et Danijel Subašić pour essayer de redresser la pente. Après un peu plus de deux mois, Evgeny Smolentsev quitte son poste de directeur exécutif au terme de sa mission de restructuration. Le Norvégien Tor-Kristian Karlsen est également nommé comme directeur sportif. Entre février et la fin avril, l’équipe enchaîne une série de dix matchs sans défaite dont huit vic- toires et assure son maintien sans problème, avec un espoir vite éteint de lutter pour la remontée en Ligue 1. Le club termine finalement à la 8e place. Au lendemain de la 38e journée, le club annonce le départ de Marco Simone, remplacé dix jours plus tard par Claudio Ranieri qui s’est enga- gé pour deux saisons plus une en option.

C’est alors, en 2012, que je me passionne pour Monaco : j’ignorais alors que j’avais toute une histoire à partager avec lui.