Copy-Party History

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HISTORIQUEMENT, une « Copy Party » désigne une réunion festive pendant laquelle l’objectif est de copier des logiciels.

Les initiateurs de la 1ère copy-partyLA 1ère COPY PARTY s’est tenue à Berlin, en 1984, dans le cadre de ce qui allait devenir le célèbre Chaos Computer Club. Les ordinateurs utilisés à l’époque étaient cinq C64s, un VC20 and un Apple II. Comme le rappelle l’un des participants, à l’époque :

« Cracking didn’t have that illegal touch of today, it was rather a Robin-Hood-esque elegant tricking of the system. The legislatory base about punishment of « digital crimes » was very vague or rather non-existent these days. Even the attending hackers had practically nothing to fear, since it was only a few months later that the famous « BTX hack » caused the hacking phenomena in Germany to reach the public and with that the feds. »

 

Pour en savoir plus sur cet événement et se replonger dans l’ambiance de l’époque :

Le phénomène prit peu à peu de l’envergure et c’est en décembre 1987 à Stocholm que se produit la 1ère Copy Party à rassembler un nombre important de participants (187 exactement). La police et l’industrie du logiciel commençant alors à s’intéresser au phénomène, les copy-party changèrent de nom pour devenir des « demo-parties »

Qu’il s’agisse de « copy party », de « demo party » ou encore de « coding party », ces manifestations de la culture « hackers » ont déjà largement été analysées par de nombreux chercheurs et sociologues, comme le montre l’extrait du chapitre de Nicolas Auray, « Ironie et solidarité dans un milieu technicisé », publié dans l’ouvrage Cognition et information en société en 1997.

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Comme vous le voyez, la « copy-party » à laquelle nous vous convions est aux antipodes de l’historique de la notion. Tout y sera légal, respectueux du droit d’auteur et du droit de copie. Mais la tenue même de cette « copy-party » si atypique est aussi un signe des temps qui doit nous alerter sur le devenir d’un monde dans lequel la diffusion des oeuvres est en permanence soumise à des logiques excessivement autant qu’expressément répressives, un monde dans lequel la libre circulation des oeuvres plonge trop souvent l’internaute dans une position éthique, morale et juridique proche du « malconfort » :

« C’est vrai vous ne connaissez pas cette cellule de basse-fosse qu’au Moyen-Age on appelait le « Malconfort ». En général, on vous y oubliait pour la vie. Cette cellule se distinguait des autres par d’ingénieuses dimensions. Elle n’était pas assez haute pour qu’on s’y tînt debout, mais pas assez large pour qu’on pût s’y coucher. Il fallait prendre le genre empêché, vivre en diagonale; le sommeil était une chute, la veille un accroupissement.
Mon cher, il y avait du génie, et je pèse mes mots, dans cette trouvaille si simple. Tous les jours, par l’immuable contrainte qui ankylosait son corps, le condamné apprenait qu’il était coupable et que l’innocence consiste à s’étirer joyeusement.

ALBERT CAMUS. La Chute.

Nous vous donnons donc rendez-vous le 7 Mars à la bibliothèque universitaire de La Roche sur Yon, pour une joyeuse séance d’étirement collectif 😉