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guerre

Représenter l’irreprésentable, ou le tableau de la colère

Lorsque les mots ne suffisent plus, ce sont les images qui parlent. Les pinceaux remplacent les stylos, et les jets de peinture dénoncent les éclats sanglants; tel est le propos de ce tableau de la colère, preuve de l’insoumission des artistes et de leur volonté de représenter l’irreprésentable, bravant les limites du politiquement acceptable, parfois même jusqu’à la censure.

l'irreprésentable

Le Grand Tableau antifasciste collectif – 1960
Jean-Jacques Lebel, Roberto Crippa, Gianni Dova, Erro, Antonio Recalcati, Enrico Baj.

Cette œuvre chaotique et impressionnante dénonce la torture pendant la guerre d’Algérie, considérée il y a peu comme une simple suite d’ « évènements ». Longtemps censuré, il constitue le noyau central de l’exposition « l’irreprésentable », coeur hypertrophié autour duquel se déploient des installations visuelles et sonores, pour certaines inédites ou créées à plusieurs mains. Cette exposition interroge la responsabilité de l’artiste dans les thèmes qu’il choisit de montrer, et les moyens qu’il emploie afin de tenter de les représenter, qu’ils s’agissent de sujets dont la nature, la portée ou la violence soient complexes à traduire ou jugées trop dérangeantes.

Ce grand tableau (cinq mètres de long par six de large) fut dévoilé pour la première fois à Milan, en 1961, lors de l’exposition « L’anti-procès », regroupant une soixantaine d’artistes de tendances diverses, prenant position contre la guerre d’Algérie et contre la torture.… Read the rest

Le représentable ou l’irreprésentable au service de l’humanité ?

Lors de deux expositions à Nantes, espacées dans le temps, nous avons pu voir la représentation de la guerre dans l’art. L’une, basée sur l’idée du représentable et de l’irreprésentable, l’autre sur les gravures de l’artiste de Jean-Emile Laboureur. Quelle est la limite entre le représentable ou l’irreprésentable ? Cette question  abordée dans l’histoire de l’art comme on peut le voir dans les représentations mythologiques, bibliques,… comme Ixion précipité dans les enfers de Jules Élie Delaunay et Judith qui vient de trancher la tête d’Holopherne de Giovanni Battista Spinelli. Cette idée sur la représentation ou l’irreprésentation pose aussi la question sur la responsabilité et le message de l’artiste.

Des évènements tragiques, une liberté d’expression controversée, beaucoup de situations qui marquent douloureusement l’année 2015. C’est une année animée, mouvementée, dramatique qui relance le débat sur ce qu’il faut montrer ou non sur le représentable ou l’irreprésentable.

Cette question découle après avoir vu,  à Nantes, trois œuvres d’artistes ayant représenté la guerre. Trois œuvres parlant du même thème, mais diamétralement opposées sur ce qu’elles montrent et les messages qu’elles transmettent. D’où cette question : l’irreprésentable ne peut-il pas être au service d’un message important de la dénonciation de la cruauté humaine ?

Le représentable dans un cadre de guerre

L’obus de Jean-Émilie Laboureur

L’obus de Jean-Émilie Laboureur ©Seng Héloïse

Jean-Émile Laboureur, peintre-graveur, interprète auprès des troupes alliées, va représenter des scènes de la guerre avec des matériaux de base comme les obus de cuivre pour créer ses gravures à tirage limité.… Read the rest