Interview de Mathieu Burgaudeau : cycliste de haut niveau et étudiant en DUT GEA

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«Bonjour Mathieu, merci à vous d’avoir bien voulu répondre à cette interview. Tout d’abord, comment se passe votre rentrée ?

– Cela se passe bien, j’arrive à concilier mes études et le vélo. En ce moment, la saison est terminée donc j’ai plus de temps à consacrer aux cours.

Est-ce que la formation vous plait ?

– Oui, j’étais en série ES, c’est la continuité sauf pour la comptabilité qui est un nouveau cours. Pour moi, c’est une bonne formation et celle qu’il me fallait pour concilier mon statut de sportif de haut niveau et les cours. Je peux m’entraîner et faire des courses quand je le souhaite grâce à mon emploi du temps aménagé.

Serait-il possible que vous vous présentiez brièvement, afin de mieux vous connaître ?

J’habite à Noirmoutier, cela fait 4 ans que je suis à La Roche-sur-Yon et avant j’étudiais au Lycée Notre Dame du Roc. Mes parents travaillent dans le secteur maritime et j’ai deux sœurs.

– Vous avez commencé le cyclisme à quel âge ?

– J’ai commencé le cyclisme à l’âge de 14 ans en catégorie cadet 1.

– Qu’est-ce qui vous a poussé à faire du vélo ?

– J’ai commencé à faire du sport dès l’âge de 4 ans et je faisais beaucoup de VTT avec mon père le dimanche matin à partir de 10 ans. Il m’a conseillé de faire du vélo car il a trouvé que j’avais du potentiel. Je ne voulais pas trop car je faisais déjà du tennis et du foot. Mais, finalement, j’ai fait un triathlon et j’ai vu que j’étais meilleur que les autres, puis j’ai enchaîné par le cyclo-cross et enfin la course sur route. J’ai alors obtenu au bout de ma deuxième saison, ma première victoire. J’ai donc arrêté les autres sports pour me concentrer sur ma nouvelle passion : le vélo. Aujourd’hui, sans sport, je ne peux pas vivre.

– Qu’est-ce que vous appréciez dans le cyclisme ?

– J’aime le dépassement de soi, la résistance à la douleur et il faut se faire mal pour réussir sinon cela ne sert à rien le vélo. De plus, on découvre de nouveaux paysages et on s’amuse avec les coéquipiers.

– Combien de temps vous prend le cyclisme par semaine ?

– Je fais environ 15/16 heures de vélo par semaine en moyenne. Mais lorsqu’il y a une course importante à préparer, le nombre d’heures augmente.  En hiver, je fais de la musculation pour m’entraîner et des stages sportifs pour garder la forme. Je reprendrai la saison en janvier et les courses en février.

– N’est-ce pas trop compliqué de concilier le cyclisme et les études ?

– Ce n’est pas simple, car après un entraînement on ne veut pas forcément se lancer dans les devoirs. Mais, c’est aussi un atout car quand on est sur deux projets, quand l’un ne va pas, on peut se tourner vers l’autre.

– Quels sont vos objectifs ?

– Réussir dans la catégorie Espoir 1ère année, avec de nouvelles courses plus dures, plus longues et avec des professionnels en adversaires. Je souhaite augmenter mon expérience, prendre des repères, du plaisir, et pourquoi pas, gagner quelques courses.

– Aujourd’hui vous appartenez à quelle équipe ?

– J’appartiens à l’équipe Vendée U depuis la fin de saison (fin octobre).

– Comment intègre-t-on une équipe ?

– Les équipes recrutent les coureurs selon ce qu’elles recherchent et la réputation du cycliste. Il vaut mieux être ami avec tout le monde dans le milieu du cyclisme.
– Avez-vous des courses chaque semaine ?

– Oui, il y a des courses tous les week-ends et l’année prochaine, j’aurai même des courses qui s’étaleront sur une semaine entière.

– A quel moment est-ce la fin de la saison ? Faites-vous d’autres sports à cette période ?

– C’est fin octobre, et oui, je fais d’autres sports comme de la musculation, du footing, du VTT et du circuit training (gainage + musculation). Soit je le fais en individuel, soit avec le Pôle Espoir.

– Comment êtes-vous arrivé à ce niveau ?

– En cadet, je n’avais pas d’entraîneur, j’étais livré à moi-même mais j’avais un assez bon potentiel donc cela allait. Puis quand je suis passé en Junior, j’ai eu la chance d’intégrer le Pôle et d’avoir comme entraîneur, Tony Josselin. C’est un super entraîneur, c’est grâce à lui et à l’équipe du Pôle que j’ai passé un cap en junior. Enfin, j’ai été sélectionné avec l’équipe de France, j’ai pu participer au Mondial aux Etats-Unis et aux Championnats d’Europe de cyclisme sur route 2016, où deux de mes coéquipiers ont gagné les championnats.

– Avez-vous un régime spécial à suivre ?

– Non, mais pendant la saison, il faut que je fasse attention à la nourriture, au sommeil, à la récupération après les courses, et il faut boire beaucoup d’eau après le vélo.

– Quels sont vos cyclistes préférés ?

– Bonne question, je m’inspire un peu de tout le monde. J’aime bien Alberto Contador, Romain Bardet, Julian Alaphilippe et Thomas Voeckler.

– Comment se prépare une course ?

– On a une préparation pré-saison pour être prêt physiquement. Avant une course, il faut être détendu, très attentif, rester concentré pour éviter les chutes et se préparer à toutes éventualités.

– Comment faites-vous pour ne pas tomber dans le peloton ?

– Pour ne pas tomber, il est préférable d’être devant, ne pas être à l’arrière et ne pas prendre de risques inutiles. Mais surtout, ne pas doubler dans les virages, rester très concentré et faire gaffe aux bidons d’eau qui sont lancés par certains coureurs.

– Lors d’une course, à quoi pensez-vous ?

– Quand je suis dans le dur, je pense à tous les efforts mise en œuvre pour réussir la course, je ne peux pas décevoir ceux qui sont venus me voir et surtout je pense à la victoire.

– A quoi pensez-vous lorsque vous gagnez ?

– Je pense à rien, je savoure, et je pense à la course suivante.

– Lors d’une course, quel est le pire entre le vent, la pluie et le froid ?

– Quand il y a de la pluie, cela devient dangereux, les chutes se multiplient, le peloton est plus stressé. La pluie peut faire chuter les autres, m’empêcher de gagner et causer des blessures. J’aime les courses difficiles donc le vent ne me pose pas de problème, au contraire.

– Après les courses comment vous reposez-vous ?

– Je fais des étirements, je bois beaucoup d’eau, je porte des bas de contention pour le reflux sanguin et je bois des boissons protéinées de récupération musculaire. Je me suis aussi acheté un appareil électro-stimulateur, je place des électrodes sur mes jambes pour décoller les toxines des muscles et je les fais partir en buvant beaucoup d’eau après.

– Vous préférez faire des courses en équipe ou en individuel?

– Le vélo est un sport individuel qui se pratique en équipe. Sans équipe, on n’est pas grand-chose. Quand on monte en niveau, avoir une équipe est obligatoire. En catégorie Espoir, c’est le collectif qui prime car les courses vont se durcir et cela va ressembler aux courses professionnelles.

– Quelle est votre dernière chute ?

– J’ai chuté pas mal de fois cette année, durant une course à la fin septembre, j’allais la gagner quand j’ai pris le dernier virage trop vite. Je suis tombé et j’ai perdu la course.

– Quelles ont été vos blessures les plus sévères ?

– Je me suis fracturé le poignet en avril 2016. Et j’ai eu deux dents cassées il y a trois ans dans un entraînement de cyclo-cross.
– Quelles sont vos préférences entre la montagne, le contre-la-montre, le sprint et les descentes ?

– Cette année, j’ai été bon en montagne, sinon je suis assez  bon partout sauf au sprint.
J’apprécie aussi l’effort fourni lors d’un contre-la-montre.

– Quel est votre meilleur souvenir ?

On va dire que c’est l’an dernier quand je remporte la dernière manche de Coupe de France en solitaire avec la sélection des Pays de la Loire. Sinon, il y a eu les Championnats d’Europe 2016 où mes coéquipiers on fait le doublé, c’était un moment extraordinaire.

– Quand s’est déroulée votre dernière course, et où ? Et le dernier podium ?

– Ma dernière course c’est Le Chrono des nations aux Herbiers, et mon dernier podium, c’est sur une petite course en septembre 2016.

– Comment faites-vous pour vous améliorer ?

– Je me remets toujours en question, j’accentue les charges de travail d’année en année, et puis je travaille avec mon entraîneur sur différents points techniques.

– Pourquoi la formation GEA et non une formation en rapport avec le cyclisme ?

– J’ai obtenu un diplôme d’animateur jeune pour les écoles de vélo jusqu’à 10 ans mais je pense qu’il faut avoir plusieurs projets dans la vie. Cela permet de découvrir de nouvelles choses, de s’éloigner un peu du vélo et de rencontrer de nouvelles personnes.

– Merci, Mathieu d’avoir pris le temps de répondre à toutes nos questions.»

Le projet orientation

Author: projetorientation

RRGCF2017