« J’ai créé l’univers »

Qui aurait cru qu’un jour nous puissions voir cette image ? Celle d’un trou noir dans l’univers, un astre étrange duquel aucune lumière ni personne ne peut s’échapper. Cette image est calculée à partir des équations de la relativité générale. Une théorie scientifique sur l’espace et sur le temps, qui a 100 ans. Une théorie encensée, puis rejetée, oubliée, puis redécouverte. Une théorie que ce trou noir a failli tuer… ma théorie.

« La théorie de la relativité, est bien connue pour sa complexité. Je veux montrer qu’elle n’a rien de particulièrement insurmontable […] Imaginez que l’espace est un morceau de gelée, la présence de matière déforme l’espace […] La théorie d’Einstein nous entraine sur des chemins étranges et peu familiers […] La relativité est parfaitement intelligible pour quiconque est prêt à réfléchir »

Au XXe siècle on me connait sous le nom d’Albert Einstein et pour mon équation « e=mc² ». Je voulais comprendre la nature grâce aux mathématiques. J’ai eu une vision nouvelle de l’univers, j’en ai fait une théorie : « La relativité générale ».

C’est une théorie sur la gravitation, cette force mystérieuse de notre univers qui attire les étoiles et les planètes entre elles. Avant ma théorie la gravitation était depuis 250 ans le domaine du grand scientifique Isaac Newton. Ma théorie a complètement bouleversé le monde de la physique et des mathématiques.

« La théorie de la gravitation selon Newton, ça a tenu la route…

… et c’était révolutionnaire par sa généralité et sa concision. Fascinant de penser que pour expliquer quelque petite déviation par rapport à cette loi, il a fallu tout chambouler et ça été la contribution d’d’Einstein. Une théorie de la gravitation dans laquelle tout cela doit être modifié de manière importante.

On a plus un espace droit, on a un espace courbé qui dépend de la matière qui est dedans. On ne peut même plus parler des positions « un instant t » en fait. La position et le temps, tout cela se mélange et il faut travailler dans une géométrie à quatre dimensions, et quant à l’équation d’Isaac il ne faut plus compter dessus. On doit la remplacer par quelque chose qui, dans sa forme, est radicalement différente. »

J’ai d’abord découvert que l’espace et le temps sont liés

Ils ne font qu’un et la matière comme les étoiles ou les planètes déforme et courbe cet espace-temps. Cette courbure est le champ de gravitation, c’est elle qui oblige les planètes à tourner autour du soleil. Rien, pas même les rayons de lumière ne peuvent échapper à cette courbure.


Toutes ces découvertes provenaient d’une seule observation, celle de la chute libre depuis Galilée, que l’on peut même vérifier sur la Lune. Là où Armstrong lâche un marteau et une plume, et ils tombent à la même vitesse.

J’ai vu et compris cette chute libre différemment de tous les autres. Cette idée m’a guidé vers la courbure de l’espace-temps ; il suffisait de bien observer. J’étais assis à mon bureau à l’office des brevets à Bern quand soudain j’ai pensé que si quelqu’un tombait en chute libre il ne sentirait pas son propre poids, je fus surpris. J’ai réalisé que la gravitation a cette propriété et c’est la seule force qui a cette propriété-là : sous son propre effet elle disparait. Si nous sommes en chute libre sous l’effet de la gravitation elle disparait ; on a l’impression qu’il n’y a pas de gravitation.

De mon temps, je n’avais expérimenté cette idée que par la pensée. 100 ans plus tard, les physiciens du XXIe siècle ont de nouveaux outils comme par exemple cette tour en Allemagne où l’on peut faire le vide pour annuler les frottements de l’air et y laisser tomber des objets dans des capsules. On peut donc voir qu’effectivement lorsqu’on tombe, notre poids disparait.

Cela a révolutionné notre conception de la gravitation, de l’espace et du temps.

Et là, surgit un problème mathématique qui aurait pu tuer ma théorie dans l’œuf : la singularité de Schwarzschild, ou la découverte mathématique de l’existence des trous noirs. Un élément aspirant toute lumière et dont rien n’en ressort. Un astre totalement démesuré, invraisemblable.

Moi-même je n’ai voulu y croire, et je suis même aller jusqu’à vouloir démontrer scientifiquement l’impossibilité de la singularité de ma propre théorie.

En 1971, nous découvrons une nouvelle forme, les pulsars et les trous noir nous sont enfin révélés. Ils existent et ma théorie avait vu juste.

Nous avons découvert un univers « courbe » et finalement bien plus étrange que moi-même je n’osais l’imaginer. Et grâce à elle nous avons pu découvrir certains astres comme les trous noirs qui défient encore les scientifiques aujourd’hui…

Je n’aurais jamais parié que 100 ans plus tard ma théorie serait toujours là

Je pensais que vous l’auriez rapidement remplacée par une meilleure. Vous devez maintenant trouver comment en apprendre davantage avec elle, et qui sait, la dépasser.

Pour moi maintenant, cela n’est plus de mon ressort, je m’en remets à vous et retourne à mes discussions et autres débats avec Stephen Hawking.

Napoléon et d’autres grands hommes de sa stature étaient des faiseurs d’empires. Mais il est d’une espèce d’hommes qui vont encore au-delà. Ils ne sont pas faiseurs d’empire, mais faiseurs d’univers. Après avoir façonné ces univers, leurs mains ne sont pas tachées de sang de quelque être humain qui soit.

J’ai créé un univers, et…

Ptolémée a créé un univers qui a subsisté 1 400 ans durant. Newton a lui aussi créé un univers qui a tenu 300 ans. À mon tour j’ai créé un univers et je ne peux dire combien de temps il tiendra.