Séance 5 (habiter)

(Lire la consigne et les textes de cette séance)

 

Parmi les motifs d’exploration plusieurs fois explorés durant ces trois saisons de Poieo, il y a les lieux, leur nomination (toponymie), et notre rapport à leur schématisation (topographie). Le web est un accès à nombre de cartes. Nous reposons cette question durant cette séance, en nous servant des approches précédentes.

Nos sources

1. Deux exemples de site dédiés
open street map
http://www.openstreetmap.org/#map=17/46.66999/-1.41290
http://www.geoportail.gouv.fr/accueil
2. 2 . Texte source : “ de quelques emplois sur verbe “habiter” de Perec

https://atelierstjo2.wordpress.com/georges-perec-de-quelques-emplois-du-verbe-habiter/

Georges Perec, De quelques emplois du verbe habiter

Si je passe devant l’immeuble dans lequel je demeure, je peux dire «j’habite là» ou, plus précisément, «j’habite au premier, au fond de la cour» ; et si je souhaite donner un tour plus administratif à cette assertion, je peux dire «j’habite au fond de la cour, escalier C, porte face».
Si je suis dans ma rue, je peux dire «j’habite là-bas, au 12» ou «j’habite au 13» ou «j’habite à l’autre bout de la rue» ou j’habite à côté de la pizzeria».
Si quelqu’un à Paris me demande où je crèche, j’ai le choix entre une bonne dizaine de réponses. Je ne saurais dire «j’habite rue Linné» qu’à quelqu’un dont je serais sûr qu’il connaît la rue Linné ; le plus souvent, je serais amené à préciser la situation géographique de ladite rue. Par exemple : j’habite rue Linné, à côté de la clinique Saint-Hilaire» (bien connue des chauffeurs de taxi) ou «j’habite rue Linné, c’est à Jussieu» ou «j’habite rue Linné, à côté de la faculté des sciences» ou bien «j’habite rue Linné, près du jardin des Plantes» ou encore «j’habite rue Linné, pas loin de la mosquée». Dans des circonstances plus exceptionnelles, je pourrais même être amené à dire «j’habite le 5e» ou «j’habite dans le cinquième arrondissement» ou «j’habite au Quartier Latin», voire «j’habite sur la rive gauche».
De n’importe où en France (sinon précisément de Paris et de sa proche banlieue) je pense être à peu près sûr de me faire comprendre en disant «j’habite Paris» ou «j’habite à Paris» (il y a une différence entre ces deux manières de dire, mais laquelle?). Je pourrais également dire, «j’habite la capitale» (je ne crois pas l’avoir jamais fait), et rien ne m’interdit d’imaginer que je pourrais aussi dire «j’habite la Ville Lumière» ou «j’habite la ville qui jadis s’appellait Lutèce», bien que cela ressemble plus à un début de roman qu’à une indication d’adresse. Par contre, je risque fort de ne pas être compris si je dis des choses comme «j’habite par 48°50 de latitude nord et 2°20 de longitude est» ou «j’habite à 890 kilomètres de Berlin, 2600 de Constantinople et 1444 de Madrid».
Si j’habitais Valbonne, je pourrais dire «j’habite la Côte d’Azur» ou «j’habite à côté d’Antibes». Mais, habitant Paris même, je ne peux pas dire «j’habite dans le Bassin parisien» ni même «j’habite le département de la Seine».
Je ne vois pas très bien non plus dans quelle circonstances il pourrait être pertinent de dire «j’habite au nord de la Loire».
«J’habite la France» ou «j’habite en France» : je pourrais avoir à donner cette information de n’importe quel point situé hors de «l’Hexagone», même si je suis, officiellement, en France (par exemple dans un D.O.M.) ; ce ne saurait être que par boutade que je pourrais dire «j’habite l’Hexagone» ; par contre, si j’étais corse habitant Nice ou rhétais habitant La Rochelle, je pourrais très bien dire «j’habite le continent».
«J’habite en Europe» : ce type d’information pourrait intéresser un Américain que je rencontrerais, par exemple, à l’ambassade du Japon à Camberra. «Oh, you live in Europe?» répéterait-il, et je serais sans doute amené à préciser «I am here only for a few (hours, days, weeks ,months.)»
«J’habite la planète Terre.» Aurais-je un jour l’occasion de dire cela à quelqu’un ? Si c’est un «3e type» descendu dans notre bas monde, il le saurait déjà. Et si c’est moi qui me trouve quelque part du côté d’Arcaturus ou de KX1809B1, il faudra très certainement que je précise «j’habite la troisième (la seule habitée d’ailleurs) des planètes principales du systèmes solaires dans l’ordre croissant de leur distance au soleil» ou j’habite une des planètes d’une des plus jeunes étoiles naines jaunes situées en bordure d’une galaxie d’importance médiocre tout à fait arbitrairement désignée sous le nom de Voie lactée». Et il y aurait à peu près une chance sur cent mille millions de milliards (c’est-à-dire seulement 1020) pour qu’il me réponde : «Ah oui, la Terre…»

+ de Georges Perec encore, on fait voir le merveilleux travail de Philippe de Jonckheere sur son site desordre.net , autour de la tentative d’épuisement, intitulé

« Tentative d’épuisement de Tentative d’épuisement d’un lieu parisien de Georges Perec. »
http://www.desordre.net/textes/bibliotheque/auteurs/perec/saint-sulpice.html

 

3. Un exercice déjà pratiqué, autour de Michael Batalla

http://blogs.iutlaroche.univ-nantes.fr/poieo-numerique/2011/12/12/exercice-2-voir-horizontal-poemes-paysages-avec-michael-batalla/
(la consigne en était « Consigne d’écriture « remémorez-vous un lieu aimé de vous, même mal connu, même juste travaersé mais -aimé. Inventoriez, donnez à voir, de façon exhaustive et panoramique (procédant par cercles du plus près vers le plus loin) ce que vous parvenez à vous remémorez – pour ainsi nous en donner une image sensible ». )

4- Proposition d’écriture

« Vous répondez à la question (le texte commence par j’habite) et vous ouvrez un chantier de fouille à la suite de cet incipit, dans sa foulée, procédant panoramiquement et aussi exhaustivement que possible, en allant du plus près au plus loin et en nommant les choses avec précision – importance de la toponymie et aide de la topographie. Procédé panoramique.
Changer de paragraphe et si l’on change de focale, et/ou de sens de projection. »

(Lire la consigne et les textes de cette séance)

J’habite nulle part… j’habite partout

J’habite nulle part.

J’habite dans une maison, dans une maison en bois au jardin parsemé de sapins et de bouleaux.

J’habite dans une maison d’un quartier, une impasse composée de moins de dix autres habitations.

J’habite près d’un collège, près d’une école primaire, près d’un restaurant, près de nombreux autres quartiers.

J’habite près d’un parc aussi, bordé par la Loire.

J’habite dans une maison d’un quartier d’une petite ville.

J’habite près du bourg de cette commune, où on trouve plusieurs boulangeries, un tabac, plusieurs banques, une pharmacie, plusieurs supermarchés, un cabinet de médecins, la poste, une épicerie, quelques cafés, une église, etc. Ma maison n’est qu’à quelques minutes de l’arrêt de bus Pyramide, relié à Pirmil, relié à Commerce.

J’habite donc dans une maison d’un quartier d’une petite ville à la périphérie d’une grande ville. Une métropole de l’ouest de la France, la ville dont on dit qu’il y fait bon de vivre, la capitale verte de l’Europe en 2013.

J’habite dans une ville en mouvement, un endroit connu pour son dynamisme et sa vivacité. On y trouve le quai des anneaux de Buren, le château de duc des Bretagne, la tour de Bretagne, les nefs, le quartier de Bouffay. On y trouve de longues ruelles constituées de pavés, des terrasses animées, quelques espaces verts… et des gens pas contents.

J’habite dans l’ouest de la France, région qui a une certaine réputation (laquelle ? on ne sait pas).

J’habite en France (pays qui a une certaine réputation aussi, à juste titre ? on ne sait pas), j’habite en Europe, j’habite sur la Terre. J’habite partout.

 

Lola Lusteau

Mon humble demeure

J’habite dans une maison située à l’extrémité Nord-Ouest d’un petit village de campagne nommé Beaupréau. Autour de cette généreuse bâtisse, on peut remarquer de nombreux champs, parfois surplombés de ces mammifères qu’on prénomme : vaches.
J’habite à quelques pas seulement d’une MFR dont j’avais la joie de voir les membres chaque matins lorsque je me rendais à mon lycée à pied. Lycée qui se situe à 1,5 km de ma maison, autrement dit 20 minutes à pied, 7 minutes en vélo, et 4 minutes en voiture.
J’habite dans ce petit village proche de tous commerces. Dans le centre, il y a une boulangerie, en face, la pharmacie l’observe toute la journée. Du côté droit de la pharmacie se trouve la boucherie. À droite de la boulangerie une rue descend jusqu’à l’hippodrome (le vrai mais également celui d’entraînement), depuis lequel on peut admirer la piscine ainsi que le stade plutôt de foot. À droite de la pharmacie on trouve un petit parking, où parfois, on peut y trouver un petit marché. Dans la rue montante en face de la boulangerie se trouve une bijouterie, une librairie, ainsi qu’un magasin de vêtements pour enfants. Si on remonte suffisamment on peut tomber nez à nez avec la mairie. Dans le grande rue parallèle se trouve un bar, un magasin de chaussure, et un de lingerie.
J’habite plutôt loin des supermarchés car ils se trouvent à l’opposé de là où je loge, mais quand je m’y rends, je rentre obligatoirement dans le gémo qui est à quelques mètres du Super U.
J’habite comme on aime à le dire, dans la capitale des Mauges.

Différents niveaux

J’habite en face d’un parking et du restaurant « La gare ». J’habite à 15 pieds de taille 39 de la voie ferrée et de la gare (enfin, de l’endroit où les TER s’arrêtent) de la commune.

Pour les papiers, j’habite la rue de la gare. N’empêche pour y accéder, il faut passer par derrière qui se trouve être une impasse.

J’habite au-dessus du bar-tabac-presse-jeux Le Colibri. J’habite un appartement vu que j’habite à l’étage. Mais de l’extérieur c’est une maison avec le schéma normal : fenêtres étalées en largeur sur 2 étages, toit, porte d’entrée. Particularité : un commerce au rez-de-chaussée.

 

J’habite dans les terres, sans mer et sans frontières. Le 53 est la pièce du puzzle qui réussit à réunir grâce à ses quatre coins l’Ille-et-Vilaine, la Normandie, la Sarthe et le Maine-et-Loire. Chef-lieu : Laval, à 20 min en voiture, à 7 min en train de là où j’habite. J’ai quelque fois habité Laval l’année de ma Première et de ma Terminale où je séjournais dans l’appartement de ma sœur.

 

Proche de la Bretagne, proche de la Basse-Normandie, j’habite la région Pays de la Loire dans la partie nord peinte d’ardoises ainsi que dans la partie sud peinte de tuiles. Née en Bretagne, à Vitré, j’ai vécu 2 ans à Balazé. Déménagé en Pays de la Loire, je vis en Mayenne depuis 16 ans, en Vendée depuis 4 mois.

 

J’habite la France, petit pays d’Europe.

 

J’habite la Terre, j’habite le système solaire.

J’habite

J’habite un appartement de 27 m², avec un balcon en métal peint en rouge, mon vélo posé sur celui-ci ; une chambre, dont le lit et la penderie prennent la majeure partie de la place, mais toutefois équipée d’une bibliothèque; une salle d’eau, avec la douche, les toilettes, le lavabo, dont sont faites beaucoup de salle d’eau ; et enfin une pièce principale, avec ma chauffeuse/canapé, l’ancienne table familiale, des chaises, un petit frigo, des plaques électriques, un lavabo, quelques meubles pour ranger vaisselles et nourritures, un porte-manteau, une télévision, un bureau toujours mal rangé et une chaise de bureau. Les murs sont jonchés de posters, photos, cartes postales et dessins. Mes fenêtres donnent sur un mur. Il s’agit d’un simple appartement.

J’habite un appartement au rez-de chaussé. Le murs blancs et vides font résonner le petit hall par lequel tout le monde passe pour sortir et entrer. En haut à gauche de chacune des quatre portes, si on fait un peu attention, on peu apercevoir un petit numéro doré. Mais la plupart ne le voit pas. Alors on ne le dit plus. Pour les rares gens qui viennent, mon appartement est le deuxième, ou dernier, à gauche en entrant. À part cette petite touche de couleur, il n’y a que la porte en face de la mienne qui se permet une once de chaleur par son paillasson « bienvenue » représentant une petite maison.

J’habite un appartement au rez-de-chaussé d’un bâtiment C. Un bâtiment avec des murs principalement blancs, ponctués toute de même de petits losanges oranges pales entre les appartements, dont chaque fenêtre est entourée du même orange. Il y a trois étages, un petit immeuble en somme. Les balcons sont en métal peint de rouge, et sur les balcons qui fond face au parking, un petit « forever » est marqué. La porte elle aussi est rouge. Et un rampe en pente douce permet d’y accéder. Certaines fenêtres ont des rideaux, d’autre non. Certaines fenêtres ont leurs volets blancs fermés, d’autre non. Certains appartements ont des rideaux à une fenêtre et les volets fermés à une autre, certains n’ont pas de rideaux, d’autre encore ont des rideaux mais gardent leurs volets fermés. Le toit est rouge.

J’habite un appartement au rez-de-chaussé du bâtiment C d’une résidence. Quatre bâtiments, des boîtes aux lettres, un local à poubelle à coté du bâtiment A et un parking la forment. Les bâtiments sont les mêmes excepté pour leurs couleurs car le premier et le troisième sont blanc et orange, alors que le deuxième et le quatrième sont blanc et rose. Le local à poubelle ressemble aux bâtiments, ses murs sont du même blanc et son toit du même rouge. Les boîtes aux lettres aussi sont blanches et se trouvent à la sortie du parking à gauche, ou à l’entrée de la résidence à droite. Le parking contient autant de places que d’appartement, il n’est jamais rempli, mais jamais vide. Souvent y sont garées des voitures portant le petit A rouge. De haut la résidence ressemble à un « L » mal fait ou à un « C » pas fini.

J’habite un appartement au rez-de-chaussé du bâtiment C d’une résidence rue Hubert Cailler. Une rue toute droite, qui descend après deux rond-points qui se suivent. Au niveau de ces rond-points il y a l’arrêt de bus Haut de Renou, celui portant le nom de la rue se situe la où elle est encore plate. Des petites maisons blanches aux toits rouges longent toute la rue, certaines ont des étages, certaines sont longues, certaines sont petites. Il y a, devant certaines, un jardin avec des arbres, des fleurs, des buissons, bref avec des plantes. Vers la fin de la rue, il y a un bar, le Ti’West Coast, avec ses murs gris, ses plantes grimpantes et son toit rouge. Juste à coté, il y a aussi une autre résidence dont on ne voit qu’un bâtiment. De chaque coté de la rue Hubert Cailler, des places de parking sont dessinées. La route est grise et goudronneuse, avec ses deux voix séparées de ses tirets blancs réglementaires.

J’habite un appartement au rez-de-chaussé du bâtiment C d’une résidence rue Hubert Cailler à La Roche-Sur-Yon.

Ongatine

Mes chez moi

J’ai 4 ans, j’habite une ville nommée Rezé, dans ce que l’on pourrait nommer la cité. En face de mon appartement : un parking vide, des gravillons sur le sol. Plus loin sur la gauche, un arrêt de tram, des bancs froids et gris. Sous mon appartement : un salon de coiffure, devanture maussade, vitres sales, une enseigne représentant des ciseaux (cassés). Des étages à monter, un ascenseur en panne, et enfin : une porte en bois, avec dessus un numéro quelconque inscrit en noir. Vue du balcon : la Loire. Souvenir fugitif, images figées, pour une ville semblant froide et grise ; comme ces bancs.

J’ai 5 ans, j’habite une ville nommée La Roche-sur-Yon. Ma maison est proche du barrage Moulin-Papon. [Encore une étendue d'eau.] Autour de ma maison : un champ de vache, un champ de mouton, le poulailler du voisin, le cheval de la voisine. Peu d’habitants dans ce lieu-dit, mais beaucoup d’espèces différentes. En tout et pour tout : six maisons pour cinq champs dans un périmètre minime.

J’ai 18 ans, j’habite une ville nommée Nantes. Un immeuble, au rez-de-chaussée. Dans ma rue : des feuilles mortes sur le sol, des grilles vertes entourant ma résidence ; un panneau rouge indiquant « PROPRIÉTÉ PRIVÉE ». À cinq minutes à pieds : Les bords de l’Erdre et l’école d’aviron. À 30 minutes à pieds et 10 minutes en transports en communs : les facs. A dix minutes en transports en communs dans la direction opposée : l’Intermarché. Des arrêts de bus, des rails de tram grises, des arrêts de tram vitrés et non vitrés, tagués et non taguées , le bus 40 et 29, le C6, des vélibs’ oranges, des plans détaillés de Nantes. Des voitures, du bruit, de la vitesse, des bouchons aussi, une odeur de gazole. Un concentré d’activité, de déplacements, des véhicules se croisant et se décroisant.

J’ai 18 ans toujours, j’habite une ville nommée Florence. La Toscane : des oliviers et un terrain ardu, parfois haut parfois bas, des montées et des descentes abruptes. Vue de chez moi, la ville est une cuvette. De ma hauteur je vois le Duomo, l’église Santa Croce, le fleuve Arno, qui coupe la ville en deux. Une vue imprenable à 180°. Ma maison est une villa : pierres apparentes, fleurs à foison, baies vitrées, propreté impeccable. Tout autour: des villas, des villas, des villas. Au bout de la rue: un arrêt de bus orange dans un virage. Route étroite, sinueuse, nombreux virages. Le centre-ville: un labyrinthe de rues pavées. Un bar au coin de cette rue, un autre au bout de celle-ci. Une église au bout de cette rue, une autre au bout de celle-ci. Des touristes, des touristes, des touristes, brandissant leurs appareils photos.

J’habite…

J’habite 37bis, rue de l’îlot dans la commune de la Plaine-sur-Mer. Là où j’habite il y a autour de moi seulement des maisons et un petit chemin. Les maisons se mélangent entre ancienneté et modernité. C’est un endroit calme. Certains diront que j’habite dans le « trou du cul du monde », et d’autres diront que là où j’habite, je n’ai pas besoin de partir en vacances. Ils disent cela parce que dans mon point de vue panoramique, j’ai la mer en face de moi. Je l’entends quand je sort de chez moi par mauvais temps, l’air chez moi est pur, c’est peut-être pour ça que les gens disent que c’est paumé. Au 37bis, rue de l’îlot, il y a une maison (la mienne), le jardin n’est pas rangé quand on y jette un coup d’œil, de plus, elle est principalement entourée de maisons de vacances -Bah oui la mer…-

J’habite à la Plaine-sur-Mer, commune balnéaire comme son nom l’indique. Le bourg est petit. De mon point de vue (le centre du bourg), il y a la mairie de taille moyenne qui se situe à côté de l’école primaire publique qui est, elle remplie d’enfants tout heureux. Quand je tourne ma tête à droite, je peux voir la poste et les gens qui y font la queue. À côté se trouve la salle des sports et en face, le stade de foot de la commune, là où il y a toujours du monde. À ma gauche on aperçoit l’office de tourisme et la bibliothèque municipale. Le tour d’horizon est fait pour ce petit centre de bourg.

J’habite à côté de Pornic. Quand les gens me regardent avec incompréhension quand je dis que j’habite à La Plaine-sur-Mer, je me ravise et j’annonce que j’habite près de Pornic. Cette commune,  d’un point de vue touristique c’est la Fraiseraie, le vieux port, le Casino, le château, les plages, la Thalasso. Nous quand on regarde Pornic on se dit port, les bars, Leclerc. Pornic c’est d’abord la vieille ville qui attire les touristes. C’est petit, c’est mignon, ça fait vacances quoi !

J’habite près de Nantes. Ça je le dis pour ceux qui ne connaissent pas Pornic. Nantes c’est la grande ville à côté de laquelle j’habite. Elle est grande et vieille. Il y a un vieux débat entre les nantais et plus généralement les ligériens : est-ce que la Loire-Atlantique fait partie de la Bretagne ? Si vous dites qu’elle fait partie historiquement de la Bretagne, vous allez peut-être recevoir un shooter gratuit, je dis cela bien-sûr en connaissance de cause. Nantes a un château, des théâtres, des cinémas, des bibliothèques, des librairies, des musées, bref  Nantes est une ville culturelle et connue, ce qui permet à mon nouvel entourage de situer à peu près l’endroit vers lequel j’habite.

J’habite un petit village de Charente

J’habite à Chassors, un petit village de Charente. J’habite plus précisément au bord de la ville, 500 m après le panneau de sortie. Ma maison est entourée de plusieurs autres, de gauche à droite, qui ne se ressemblent pas vraiment. Il y a aussi un chemin, où passent beaucoup de tracteurs.

J’habite dans une maison qui offre une large vue sur les vignes, qu’on retrouve partout entre les villages. Mon chemin mène à ces différentes vignes.

J’habite dans un village qui pourrait en être deux : le haut et le bas. (D’ailleurs, celui du bas porte un autre nom, Les six chemins, mais fait toujours partie de Chassors). Dans le haut, on y trouve un ancien village, avec de vieilles maisons, une vieille église, un grand cimetière et de vieilles personnes. On en retrouve toujours un assis au coin des angles de la rue de l’église, regardant les voitures passer toute la journée. Dans le bas, c’est un autre village. On y retrouve un terrain de foot, une école avec un grand parking, une mairie, un terrain de tennis, une salle des fêtes, le tout se situant autour d’une seule route, de part et d’autre.

J’habite dans un village où il n’y a aucun magasin. Pas de petit super U, pas de boulangerie, et encore moins de petit magasin de vêtements. Il y a bien une ancienne boulangerie, où le panneau est toujours affiché, mais ça fais des années qu’elle n’est plus ouverte. Quelques fois, toujours dans la rue de l’église, il y a un camion qui s’installe un jour de la semaine. Il vend de la nourriture seulement, et beaucoup de vieilles femmes vont le voir.

J’habite un village qui est collé à un autre village, qui lui même est collé à un autre. Sur une carte, ça forme des petits triangles. Il y a une route entre Chassors et Guitres, une route entre Chassors et Luchac, deux routes entre Luchac et Villeneuve. Ce sont des petites routes, bien sûr, et on est dans un village en seulement 5 minutes, même pas. Ça rapproche les gens, Et puisqu’il y a une seule école pour tous ces villages, tout le monde se connaît très vite.

J’habite dans un village assez près de deux villes : à 5 minutes de Jarnac, où l’on trouve les magasins basiques mais nécessaires (nourriture, vêtements, retrait de banque, collèges), et à 15 minutes de Cognac, la première grande ville que j’ai connue. Puis est venu Angoulême, puis La Roche-sur-Yon.

J’habite aujourd’hui dans une chambre, dans un appartement situé près des Flâneries. Bien loin de ma maison à la campagne et des grands espaces de verdure.

J’habite partout

J’habite à Pouzauges. J’habite à la Coudre de Pouzauges plus précisément. J’habite une belle maison, qui a plus de 100 ans, avec des volets bleu lavande. J’habite entre un champ et une auberge, où il n’y a jamais personne d’ailleurs. J’habite à environ 1 km après le panneau de sortie de ville, et le panneau annonçant que « Pouzauges est une ville fleurie ». J’habite près de deux moulins à vent, qui ne fonctionnent plus. J’habite à 5 minutes du Collège Antoine de Saint Exupéry et à 2 minutes du Bois de la Folie. J’habite près du Château de Pouzauges, ou du moins ce qu’il en reste, c’est-à-dire seulement un donjon. J’habite dans cette ville depuis 10 ans, et commence à connaître les côtes et les descentes, celles par lesquelles votre moniteur de conduite se fera un malin plaisir de vous faire emprunter.

J’habitais la Chapelle-Palluau, où j’ai testé un peu tous les quartiers. J’habitais dans ce village un peu perdu entre Palluau, Aizenay et Apremont. J’habitais dans un lotissement, la dernière maison où j’ai vécu dans ce village était une maison qui avait été copiée puis collée tout le long d’une rue. J’habitais près de l’école pour y aller à pieds, et aussi près de l’Église. J’habitais près du stade de foot et de la salle de fête, en fait à la Chapelle-Palluau, tout le monde habite près de tout ça. J’habitais dans ce village qui fait à peine la taille d’un arrondissement de Paris.

J’ai habité à Vouvant. J’habitais dans un de ces petits quartiers d’artistes, car tout le monde ou presque est un artiste à Vouvant. J’habitais dans une maison blanche, avec une porte à l’étage qui menait dans le vide. J’habitais dans une rue reliant la Tour Mélusine et les rives de La Mère (on peut dire que j’habitais au bord de la mer). J’habitais dans une rue parallèle à la place de l’Église, pas loin de l’école primaire.

J’habite à La Roche-sur-Yon, bon pas exactement à La Roche-sur-Yon puisque officiellement mon adresse est aux Clouzeaux. J’habite à 2 km de la sortie du panneau de sortie, mais à 15 minutes de la Place Napoléon. J’habite dans un appartement, situé au sous-sol d’une maison. J’habite en face d’un champ, traversé par une ligne de chemin de fer. J’habite dans un quartier où presque tout le monde à un camping-car.

Pensées et maisons voyageuses.

J’habite dans une grande maison, à la Limouzinière. C’est une petite commune, située entre le lac de Grand Lieu et la frontière Vendéenne. J’y vis depuis mes sept ans environ. Pour être plus précise, je vis dans un village, très près de la route qui rallie le centre de la Limouzinière et Saint-philbert-de-grand-Lieu. La vie dans mon village est paisible, parfois un peu trop. La nature y est libre, contrairement aux villes qui paraissent si lointaines. Notre jardin est de plus en plus rempli. Quand j’étais petite, je pouvais y courir comme si c’était une gigantesque plaine. Maintenant c’est plus difficile. Il y a des rochers, la piscine, la serre et les arbres fruitiers. Il y a aussi la terrasse, avec à côté notre jacuzzi en construction depuis minimum deux ans. J’aime me ressourcer chez moi. C’est le lieu où je me sens le mieux, enfin surtout quand je passe un agréable moment avec mes parents.Ma maison à un étage. En haut c’est la salle de bain et les chambres, une pour mes parents, une pour mon frère et une pour moi. Ma chambre est la seule qui donne sur notre grand jardin, où mon père a creusé la grande piscine de ses mains (enfin, avec des machines aussi, mais pas que). Le rez-de-chaussée est plus vaste. Nous y avons : le garage ou l’on pourrait mettre deux voitures ; notre deuxième salle de bain ; la salle de jeu pour les enfants que ma mère garde, avec les toilettes, une future chambre pour mes parents qui sert de débarras ; le bar avec les papiers de travail de mon père et l’apéritif ; le salon divisé en deux, avec le côté télé/cheminée, puis la grande table pour les invités ; et enfin, la cuisine et l’arrière-cuisine.

J’habite dans un plus petite maison, à Saint-philbert-de-Bouaine. C’est aussi la maison de mes grands-parents maternels. Depuis 3 mois, je partage un peu de leur quotidien. Cette maison est dans une commune aussi petite que La Limouzinière. La vie y est aussi paisible que chez mes parents, mais je m’y sens moins bien. Cette maison à un grand parking, c’est sans doute le plus grand pour une maison de cette commune, puisque les gens pensent tous qu’ils peuvent s’y garer ! Mais ce n’est pas le cas. Derrière ce parking, il y à une pelouse moyenne, un garage pour une voiture, un garage pour bricoler, un jardin pour les légumes. Quand on rentre dans la maison, on entre dans la cuisine, comme chez mes parents. Mais cette cuisine est plus petite, ça la rend plus chaleureuse. Il y a aussi les toilettes, le débarras, et un salon avec la télé, les deux canapés et le bureau sur lequel est posé leur ordinateur. Les chambres et la salle de bain sont à l’étage. Il y à quatre chambre, dont une qui ne sert plus, une autre pour mes grands-parents, une qui sert occasionnellement à mon frère et la dernière ou je dors. Cette fois, je suis côté route, mais il n’y a pas trop de voitures, donc c’est assez calme.

J’habite une autre maison qui paraît très petite, une maison qui bouge toujours avec moi. Je peux y entrer quand je le souhaite. Je peux m’y ressourcer. Cette maison me définie, je me définis par cette maison. Elle contient ma vie, des lieux inconnus mais chéris. Il y a Carnac en Bretagne, avec sa plage et sa nature ; il y a Nairobi, au Kenya, avec ses parcs et ses grandes étendues solitaires ; il y a Bombay, en Inde, et sa culture magique ; il y a le Machu Picchu, et ses montagnes splendides ; il y a Palerme en Sicile, et son histoire passionnante. Il y a plein de lieux dans cette maison. Il y en a même des étranges, connus de moi seule, comme Uriah, cette ville d’une planète étrangère si curieuse ; il y à aussi une plaine, où des personnages défilent au fil de mes loisirs. Cette maison est aussi importante que la première. Cette maison n’est accessible que si je l’ouvre à des personnes de confiance. Cette maison, c’est mon jardin secret, le lieu de liberté pour mon imagination si demandeuse de liberté. Une liberté qui la rend bavarde, très bavarde, peut-être trop. Reste à savoir qui peut entrer dans cette maison si hermétique, si unique. Car cette maison, c’est ma réflexion, ma pensée, ma liberté…