Combat acharné

C’est une guerre déclarée entre volonté et instinct. C’est comme si nos organes étaient dotés de vie : le cœur, acharné, repart à l’attaque encore et encore, « J’en veux ! » crie-t-il désespérément. Il est d’ailleurs un peu amoché, un coquard, signe de ses précédentes batailles. Pourtant son élan est coupé, son cousin le cerveau l’a attaché !  Une laisse, pour le garder tout proche. Le tortionnaire se justifie, par culpabilité et compassion : « Non ! La dernière fois, tu as été blessé… »

C’est la guerre de l’amour. C’est notre quête éternelle, ce qu’on trouve et que l’on perd, ce qui nous trouve et qui nous sème. C’est notre bonheur et notre malheur.

Oui, c’est un combat acharné entre le cœur et la raison. Nous sommes tous avides d’aimer, nous avons tous peur de souffrir. Alors on se retient, le cerveau s’arcboute sur la laisse, la traction du cœur se fait plus intense… et finalement, le cerveau se laisse aller une seconde, le cœur s’échappe, affronte l’artère haute les obstacles qui se présentent, puis finit par revenir, vaincu, blessé, en miettes.

Enfin bon, il a sa fierté notre cerveau, pour l’honneur, on dira que c’est la laisse qui a cédé.