Une héritière pour les Etats-Unis note la sous-évaluation du yuan sans crier Sabbatini.

« Bonjour Bronte… Tu savais que selon le Trésor, entre juin 2010 et le 16 décembre 2011, le renminbi s’est apprécié de 7,5 % contre le dollar ? » Dès qu’elle entend cette voix grave et veloutée, au mélodieux accent italien, Bronte sent son cœur s’emballer dans sa poitrine. Car si l’homme devant elle tient compte de l’inflation, qui a été bien plus importante en Chine qu’aux États-Unis, ce chiffre passe à 12 % sur la période, soit une appréciation de 40 % depuis 2005.

Lui n’est autre que Luca Sabbatini, celui qu’elle a tant aimé, deux ans plus tôt, avant qu’il ne la congédie sans autre forme de procès, comme pour répondre aux doléances américaines. Et aujourd’hui, il prétend profiter d’un voyage d’affaires à Melbourne pour lui rendre une visite de courtoisie quand pas plus tard qu’hier, la Banque Populaire de Chine (PBOC) a encore relevé le cours pivot autour duquel évolue sa monnaie à un plus haut depuis 2005 de 6.3146 yuans pour un dollar ? Mais si Bronte se sent révoltée par le comportement désinvolte de Luca, elle est plus que tout terrifiée à l’idée qu’il ne découvre qu’elle lui a caché l’existence d’un mouvement qui pourrait signaler une tendance à l’appréciation : l’enfant dont il est le père, une petite fille (malgré les mauvaises conditions économiques mondiales) âgée d’un an qui tire la monnaie vers le bas…