Pas le paradis

Samedi matin.
11h au cadran des horloge. L’heure est grave.
Devant le supermarché, je prend mon courage à deux mains.
Il faut remplir le frigo, se creuser les méninges pour imaginer les repas du soir …  BREF c’est le moment des courses.

Je passe l’accueil, l’homme de la sécurité, la dame qui sourit sans cesse.
Me voilà arrivé dans cette jungle sonore.

A ma droite j’entends des cris de mécontentements : un client pas content et un employé qui se persuade surement que ce travail est bien pour lui ( après tout il faut payer les factures )

Plus loin un bruit de fracas, quelque chose qui tombe. Surement quelqu’un qui a renversé la gondole pour attraper un produit quelconque.

En continuant à déambuler dans les rayons, ma liste de course à la main, j’entends une petite fille pleuré toutes les larmes de son corps. Quelque chose de grave ? En effet, son père refuse de céder à son caprice d’acheter des sucreries. Chienne de vie !

Plus qu’une étape dans la course : le rayon fruits et légumes. Go, go, go !

Derrière moi deux dames âgées discutent, scandalisé du prix des tomates de cette saison :  » les moins chères sont les tomates du Maroc » dit l’une d’elle.
 » dans ce cas je préfère acheter un produit français » rétorque l’autre.
Raciste ? non du tout, elle préfère les produits locaux, il faut aider les agriculteurs de chez nous.

Dernier arrêt avant la sortie : AIE un carambolage.
Une mère tente de sortir de l’impasse en criant après son enfant. Le vilain garnement avait rempli le caddie de bonbons et de gâteaux pendant que sa mère avait le dos tournée.
Ingénieux, mais l’addition est salé. Retour à la case départ.

 

Miracle ! Les courses en main je file tout droit vers la sortie.
Mais à ma gauche une mère qui pleure, un père inquiet. Ils ont de quoi, tel des parents indignes ils ont perdus leur fille et font des appels au micro pour que celle-ci vienne les rejoindre.
Perdus ? ou semer ? Tel est la question.

Le char est scellé, les courses rangés dans le coffre : prochain arrêt la maison.
Ah pas tout a fait : des hommes se crient dessus. Une histoire de priorités non cédé et des insultes en ribambelles : chauffard, abruti, bigleux… et d’autre que je préfère censurer.

Peu importe, hop marche arrière, je contourne les deux automobilistes.

Un seul objectif en tête : retrouver mon havre de paix.

Mon dieu, le monde devient fou !