Dans l’Hincompréhension Générale

Ce que je ne sais pas du Général Hinstin c’est ce qui n’est pas écris sur Internet. Comme les choses importantes : on ne parle pas de ses amours, on ne parle pas de toujours, on ne parle pas de jamais. Ni de sa couleur préférée, le bleu. Le Général est en vie, par les mots et par l’esprit, le Général est mort par ses actes et son corps. C’est ce que j’en retiens, ce que je peux exploiter. Je ne peux pas dire que je l’ai croisé sur un quai de gare, je peux écrire que sa tombe est magnifique. Si tenté soit peu qu’une tombe puisse être magnifique.

Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi on en parle encore. Pourquoi son nom est-il resté dans les mémoires, est-ce que quelqu’un s’est un jour tellement ennuyé qu’il a décidé d’écrire sur le mec de la tombe d’à côté ? C’est peut-être son nom qui prête aux multiples interprétations, un instinct général, un général au bon instinct, le général intestin.

Ce que je ne saisis pas ce sont les traits de son visage. Dévorés par le temps, oubliés par les gens. Ils continuent leur existence malgré tout, tant qu’il y aura des gens pour les voir, tant qu’il y aura des gens qui tenteront de comprendre qui il était, ce Général, comment en est-il arrivé là. Et quand l’image disparaitra, qui saura parler de lui, qui saura déchiffrer le vide dans ses yeux ?

Ce que je vois mal c’est combien de temps cela va encore durer. Peut-être faudrait-il laisser les morts dormir tranquillement, ou, au contraire, perpétuer leur identité, même si elle est inventée, pour ne pas qu’ils vivent une deuxième mort : celle de l’oubli. Leur offrir cette pérennité dans l’écriture et l’invention, tout mélanger mais au moins se rappeler. Même si ce n’est que son titre, général, que son nom, Hinstin, qu’une lettre, H. Même s’il l’a souvent perdu, réduit à un I.

Ce que je distingue au travers d’une recherche Google, c’est la diversité des ressources sur le sujet. Le mélange des incompréhensions de chacun donnant le brouillon d’une vie. La possibilité de raconter quelque chose sur quelqu’un d’inconnu. Tout en se rapprochant, en vain, du réel.

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