Eudoxie

Brave fille d’Oosterzele, à la chevelure crollée, Eudoxie était née dans une famille de commerçants, sensibles aux arts mais rustres. Bien élevée et travailleuse, elle rencontra bientôt Léon jeune wallon séduisant et viril originaire de la province de Mons, dans le Hainaut. Elle quitta bientôt sa Flandres natale  et sa famille pour le sud,  et s’installa dans le mariage et la maternité multiple, braillant sur une portée d’enfants, talentueux bisbrouilleurs qui lui faisaient des misères pour ne pas avoir à finir leur chicons. Quand Léon était là c’était bien, sinon les petits d’Eudoxie se débrouillaient alors qu’elle travaillait comme femme d’ouvrage, s’échinant à faire blinquer des banques et des maisons bourgeoises.

Bientôt Léon fréquenta une allemande, oubliant ses belles promesses, et puis, malgré la mort de celle-ci, il garda l’habitude de rentrer à pas d’heure, préférant le vieux peket et les bières trappistes avec les gars de la mine à ses enfants et à sa femme. Eudoxie passait donc ses soirées à pesteller dans ses slaches, souper seule, jusqu’à ce que Léon rentre, tout bittu ; il baragouinait alors qu’un stuut l’avait retenu, qu’il n’en pouvait rien, sans montrer vraiment de remord. Ça mettait Eudoxie dans tout ses états et la margaille laissait chaque fois Léon plus étourdi que lorsqu’il était rentré. Elle finit par se dire que ce n’était qu’un snul mais finit tout de même sa vie à ses côtés.

Malgré toute sa bonne volonté, on n’a retenu d’elle que son sale caractère, ma pauvre arrière arrière arrière arrière grand-mère.

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