Le H de guerre

Ce que je ne sais pas c’est s’il l’aimait ce H. Si quand H est parti, il a pleuré. S’il y tenait, s’il s’y était attaché. Est-ce que H a aussi eu un pincement au cœur en partant ? Ou est-ce qu’il voulait juste prendre son indépendance ? Ou si le général était trop général ? Et que H, lui, était trop particulier ? Parce que H, tout seul, il peut vivre. Et le général sans H ? A-t-il toujours un instinct ? Est-il toujours Instin ? Je ne sais pas non plus si H a survécu.

Ce que je ne comprend pas c’est pourquoi le général est-il mort pour ce H ? Il a voulu se battre ? Le départ de H l’a abattu ? Ou H l’a tué ? Je ne comprend pas ce suicide pour un H. Un H ça peut se remplacer, non ? Et en avait-il vraiment besoin pour rester Instin ?

Ce que je ne saisis pas c’est la valeur de ce H. L’importance qu’il avait pour le général. Certes, il a toujours vécu avec H. Mais ne pouvait-il pas s’y attendre à ce départ ? N’a-t-il pas envisagé un moment que ce H le quitte ? Après tout, on peut tout perdre. Surtout un H.

Ce que je vois mal c’est la tête de ce H. La tête d’Instin non plus d’ailleurs.  À quoi ressemblai le général sans H ? Et avec ? Était-il plus heureux ? Dormait-il mieux avec H ? Peut être faisait-il même du sport avec H. Alors peut être qu’il a pris du poids, qu’il s’est mis à boire et que maintenant il ressemble à ça. À une tombe couverte de moisissures. À une tombe sans H.

Ce que je perçois n’est pas la réalité. Je perçois que H et le général ont dû être heureux. Qu’ils ont passé du temps ensemble. Qu’ils étaient tous les deux attachés. Mais ça n’a pas dû durer. Ça n’a pas dû marcher. H est parti. La faute à qui ? Je dirais le général. Il devait être trop dur. Trop militaire. H devait le suivre partout. Il ne pouvait pas aller où il voulait. Le général le gardait devant lui, le surveillait. Alors je comprends que H soit parti.

Ce que je distingue de H, c’est I. I est resté. Il ne pouvait décidément pas faire ça au général. Après ce que H lui avait fait, il ne pouvait pas quitter le général. I est fidèle. Il avait toujours été au second plan quand H était là. Mais une fois parti, I a dû prendre la tête, prendre les responsabilités. Ce n’était pas facile. Le général était encore plus autoritaire. Il gardait maintenant S, T, l’autre I et les deux N à l’œil. Et I, le premier, devait veiller sur eux. I était devenu un chien de garde. I l’a accepté. Mais il ne pourra jamais pardonner à H d’avoir laisser le général sans tête. Et de l’avoir trahi et abandonné. Alors I a monté les autres contre H. Il leur a dit que ce qu’ils vivaient maintenant était la faute de H. Alors ni N ni T n’a plus eu envie de s’exiler. Même S s’est calmé. Grâce à I, le général est resté Instin.

Je ne peux, certes, ni savoir, ni comprendre, ni saisir, ni voir, percevoir ou distinguer le général. Mais H je l’aperçois. Il ressemble à M….