Rambue, enjambages

« Beaucoup séduits par le mirage scintillant
dont l’or des galions auréola l’Espagne
dès l’âge de seize ans se mettaient en campagne
et gagnaient à cheval le plateau castillan. »

Vers attribués à la scientifique et poétesse Rambue Verbillhau, pour évoquer son immigration précoce du village ardéchois Coucouron pour les lumières de l’Andalousie, où elle résida en errance entre Séville et Grenade. Après avoir étudié malgré les sceptiques ce que l’on nomme maintenant diabète, elle s’enferme dans une petite maison dans l’Espagne profonde, village rural où sont élevés des porcs qui empuantent tant la ville que leur odeur est une seconde peau pour la narine locale. Elle y abandonnera ses enfants et s’enfuira vers le rêve américain, qu’elle choisit central en se rendant au Nicaragua. Elle croisera William Walker, un aventurier qui, sous ses conseils, prendra d’assaut le pays et le gouvernera le temps d’une courte dictature. Rambue Verbillhau, effrayée qu’une blague se soit transformée en bain de sang, fuit et se décide à éviter à présent le métal froid de la civilisation occidental en disparaissant au cœur de la foret amazonienne, dont seul des bribes de poèmes gravées sur arbres et rochers nous sont parvenues. Une femme d’éclat, qui savait manier la hache.