Compagnon d’un jour…

Un déménagement. Un de plus. Je ne compte plus. J’ai connu trop de camarades, trop de professeurs, trop de classes et trop de villes. Je ne veux plus me lier avec ces gens qui m’entourent. Je vais repartir. Je le sais. Nous ne restons jamais bien longtemps au même endroit. Parfois, ça dure quelques années. Mais plus depuis longtemps.

A nouveau, on me regarde. Je suis la petite nouvelle, la petite bretonne un peu boulotte, pas très bien habillée, pas très bien coiffée, que l’on observe de loin. Je fais pareil. Je ne m’approche plus. J’observe.

Dans mon coin de cour de récréation, un peu humide certes, mais tranquille, je parcours pour la énième fois les pages d’un roman lu et relu, aux pages cornées et la couverture abimée. Entre ses lignes, je trouve ce que je n’ai plus depuis ce qui me semble une éternité désormais. Dans cet univers, j’ai toujours les mêmes amis, les mêmes professeurs, les mêmes salles de classe, la même école. Je n’ai pas peur d’avancer car je sais que demain, tout cela sera encore là.

Pour cela je voudrais dire merci à celle qui m’a offert ce que je recherchais et m’a accompagnée et guidée durant des années. Je n’en aurais sans doute jamais l’occasion, mais je pense qu’elle le sait.

Elle a marqué tant de vies.