Je suis foot de toi.

Et je cours, je cours, je cours avec le ballon comme lié à mes pieds. Je traversais le terrain en évitant l’équipe adverse les tacles qu’ils voulaient me faire pour m’empêcher de m’approcher des buts adverses. J’ai failli perdre la balle mais non je la retiens au dernier moment et je m’approche des buts à la vitesse d’un aigle et avec la grâce d’un félin. Je nargue mes adversaires qui peinent à me rattraper et se placent devant moi trop tard. Je tire, et mon tir vole comme mué d’une raison propre, comme s’il narguait lui aussi mes adversaires. Je suis le ballon des yeux et je lève mes bras en signe de victoire lorsque le ballon entre dans les buts. Je laisse un cri m’échapper et mes coéquipiers sautent sur moi en criant leur joie, sous les acclamations des supporters qui scandaient mon nom sans relâche.

« ZIZOU ! ZIZOU ! »

Je laisse un rire m’échapper et nous reprenons le match, mon coéquipier me fait une passe et je fuse une deuxième fois vers les buts adverses, enivré par ma passion et faisant corps à corps avec le ballon.

« X… X. X ! »

Un coup de coude me sort brusquement de mes pensées et je me tourne vers mon camarade.

« Ça a sonné, tu viens à l’entraînement ? »

Je mets quelques minutes à me rendre compte que nous étions en cours de maths et que j’étais occupé à rêvasser pendant que le prof nous parlait de polynômes. Je secoue la tête pour chasser les dernières images de mon rêve éveillé et répond à mon ami.

« Ouais bien sûr. Allons-y. »