Charade d’un jour

Mon premier est un livre est au format poche, pas plus grand qu’une photo, il est un peu noir, un peu orange, ses pages sont jaunies, sa couverture cornée et recornée à force d’être torturée.

Mon second m’a été offert par ma tante, qui me connaît bien, mais ne s’attendait surement pas à mettre entre mes mains d’adolescente quelque chose qui deviendrait si précieux. Quoique, elle me connaît bien.

Mon troisième reste à mes côtés lorsque je me sens la plus seule, parfois il me sert d’oreiller involontaire, en somme il est le compagnon idéal.

Mon quatrième n’est pas un solitaire, trois sont nés avant lui, trois après lui et quelques petits cousins se sont joints plus tard à cette ribambelle.

Mon cinquième m’a accompagné à travers toute la France ; lors de déménagements, dans les transports scolaires, dans tous les coins recoins de mes collèges et lycées.

Mon sixième coûtait à peine plus d’une vingtaine d’euros quand je me le suis offert, et il coûterait encore bien moins aujourd’hui. Mais moi, je ne m’en séparerais cependant pas pour tout l’or du monde. Car si j’avais d’abord délaissé ses aînés, une fois que je les ai eu réellement regardés, que je leur ai laissé me parler, que j’ai appris à mieux les connaître, je les ai irrémédiablement adoptés.

Mon septième et dernier enfin, ne sera jamais abandonné et si d’aventure je le perdais, je crois qu’une partie de moi se perdrait aussi avec lui.

Mon tout est d’une grande fratrie qui restera parmi les plus connues au monde. Qu’est-ce donc ?