La boîte

Ma boîte à trésor. C’est ainsi que je l’appelais. Une simple boite rectangle, tenant dans la main, bricolée dans du Canson et scotché car j’avais oublié de lui faire des languettes. Plus petite que la paume de ma main. La première boite que j’ai crée, mon premier pliage.
Mais que pouvais-je en faire ? c’était bien trop petit ! Y mettre des pièces ? trop fragile. Mes dents de lait ? j’avais déjà un écrin.  Alors, j’ai trouvé. Mes Trésors. Avec un T qui veut tout dire, mais sans l’idée de ce que cela pouvait être. Après quelques paillettes collées sur le côté, j’ai commencé à réfléchir aux Trésors.
Déjà la boîte en soi en était un. C’était mon premier bricolage et ma sœur m’avait aidé exceptionnellement. Pour une fois qu’elle acceptait de faire quelque chose avec moi plutôt qu’avec notre ainée, c’était suffisant pour l’appeler Trésor. Mais d’autres idées de Trésor, je n’en ai pas eu. Alors, la boîte est restée sur mon étagère.
Avec le temps, elle a servi de minuscule vide poche de choses précieuses. Et sans m’en rendre compte, simplement en y mettant les petits éléments que je ne savais pas où ranger, j’ai fini par la remplir de Trésors. Les perles du bracelet que ma soeur m’as faite, les plumes d’anges que j’avais trouvé, le bout de pendentif brisé trouvé par terre, énigmatique, le brillant d’un solitaire cassé, les fleurs séchées d’un bouquet que je ne voulais pas jeter, la plume tachetée, les plumes d’écriture sans porte-plume.
Et sans doute un morceau d’enfance, bien coincé dans cette boite trop remplie, aux bords écrasés par son contenu.