Sweety

Élève de primaire ou de collège, c’était un samedi. Jour du « centre commercial » entre mon père, mon grand frère et moi. Au bout d’un moment, vient l’étape incontournable : Carrefour (ou Auchan ?) pour y faire les courses. Mon père pousse le caddie dans lequel je suis, mon frère à côté. On arrive devant un rayon plein de lapins blancs en peluche. Mon père rigole : « Tu le veux ? ». Je reste sans rien dire, les yeux grands ouverts. Il voulait m’offrir un cadeau ? À moi ? Sérieusement… Mes yeux brillent et je n’ose espérer. « Je rigole pas, prends si tu veux. » Je souris, les yeux émerveillés, et je prends ce gros lapin blanc, tout doux, avec un ruban rose autour du cou. Je me rassois dans le caddie, le lapin dans mes bras. Mon frère lève les yeux au ciel et nous continuons à faire les courses.

Premier cadeau de mon père, premier objet coûteux à l’époque offert par mon papa. Sweety devint l’un des objets les plus précieux que j’avais. Sweety, c’était mon lapin (qui était d’ailleurs une lapine et qui s’appelait en réalité Gipsy d’après l’étiquette qui était accrochée à elle ; mais pour moi c’était Sweety et c’était mon bonhomme). Sweety a pris son nom d’une autre peluche que j’avais à l’époque : un lapin jaune avec « Sweet » écrit sur son bavoir. Tout naturellement, quand mon autre lapin est arrivé, je l’ai appelé Sweety, parce que l’autre c’était Sweet.

C’était mon Sweety. Il est chez moi, près de mon lit. Il a bercé mes années et encore aujourd’hui, ça reste mon Sweety. Même s’il n’est plus aussi blanc, plus aussi doux, Sweety reste Sweety et il le restera toujours. Sweety, je ne dors pas avec lui, mais il est à moins d’un mètre de mon lit. Sweety c’est une preuve d’amour en fait, et moi j’estime ça important. Sweety c’est la preuve que mon papa m’aime. Alors c’est important.