La boîte à perlimpinpin.

Je me souviens de ce soir froid de décembre. Quel était donc cet énorme paquet, tout enrubanné et coloré? Au pied du sapin, il semblait bien seul. Où étaient donc tous les autres? Les ronds, les petits, les gros, les jolis? Il n’y avait que celui-là, pour tous les trois. Mon frère, ma sœur et moi, avec plus de curiosité que de joie, l’avons déballé, dénudé de son papier. Quelle était donc cette boîte en carton? Avec son dessin en noir et blanc d’un machin pas très élégant, il avait l’air tout grognon.

Papa et maman en sortent une autre boîte, pas très droite, toute blanche et pleine de trous, avec juste un côté noir. Ils la posent sur le bureau. Ils sortent encore une autre boîte, rectangulaire, à l’air patibulaire, un plateau pas très beau, avec plein de touches et des lettre écrites en pattes de mouche. Ho,le côté noir fait de la lumière quand on appui sur un bouton!

Mais à part ça, je ne vois pas ce que ça fait là. Où sont les jouets et les poupées? Ce n’est pas ce que j’avais demandé ! Grande sœur est toute contente, mais dit qu’elle est déçue qu’il n’y ait pas d’imprimante. Je ne comprend pas. Je ne savais pas que le père Noël était farceur. Quand papa et maman me disent qu’ils nous a apporté un ordinateur, je répond « il peux le reprendre. Moi je voulais un gentil lapin, pas une boîte à perlimpinpin! »

Durant des années, je l’ai boudé. J’ai été effrayée, quand je l’ai retrouvé, infiltré là aussi, chez papi mami. Le cousin était dessus. Il faisait du dessin. J’ai essayé, et j’ai adoré.

Après cela, l’ordinateur n’était plus aussi vilain. Pas toujours copain, mais c’était déjà bien.

Et puis arrivèrent les jeux. Alors là, c’était fabuleux!

Et puis les année ont encore défilé. Le collège est arrivé. L’ordinateur de la maison n’était plus mon seul compagnon, sur la route d’internet. Et c’était pas la fête. Sans compter que la guerre commençait à gronder.

Aller sur l’ordinateur, c’était générateur de heurts. Entre le frère qui voulait jouer à Dofus, la sœur qui devait rejoindre untel sur msn, et moi qui voulais me défouler sur Metin.

Aux grands maux les grands remèdes, marre de devoir faire des raids ou devoir jouer les aèdes, devant des parents déconfits, pour avoir accès à l’ordi. Job d’été et gros billets, à moi la liberté, direction la boutique informatique. Là je tombai en pâmoison, prête à vendre mon âme au diable, pour ce superbe ordinateur portable. Un HP, une vraie beauté. Je ne raconterai pas les longues heures passées, à caresser les touches de son clavier. Mais au bout de trois ans de lycée, plus une année égarée, l’athlète s’est essoufflé, laissant place à ma vielle centrale vapeur, qui rame, qui tousse, et meurt en une lente clameur.

Qu’à cela ne tienne, pour la rentrée, on laisse partir la retraité, place à la jeunesse! Salut Asus, prêt à surfer avec finesse?