Rythme 2.0

Ma vie numérique est réglé comme du papier à musique.
Mon premier pianotement de la journée chante le nom de ma boîte mail. Les premières notes de mon clavier son donc H-O-T-M-A-I-L, orchestrées sur le célébre google au nom si musical. Étrangement, cette première recherche est sérieuse. Elle orchestre ma journée par les nouvelles professionnelles que je reçoit : stages, job d’été, projets professionnels, projets tuteurés …
Cela me donne le son de cloche de ma propre actualité.
Le temps suivant met à bémol à mon sérieux . Facebook, pour les actualités des amis, et suivre les conversations des inévitables couche-tard babillant de concert. Un joyeux tintamarre règne dans les informations données : De « Untel à écouter orchestre symphonique » à « Tel document urgent pour le cours » en passant par l’inévitable invitation à jouer à FarmVille.
Le carillon d’alerte résonne, une conversation est lancée. Je viens de me lever, lui ne s’est pas encore couché. « LOL »

Pas le temps pour les bruits de fonds, je ferme l’ordinateur pour partir à l’IUT en silence numérique.

En cours, il y’a besoin de l’ordinateur. Bien sur. Selon le prof, pour élever notre esprit vers l’harmonie du savoir, entouré d’angelot numérique chantant des informations importantes. Le rythme de nos partitions est plutôt réglé sur des conversation facebook édifiantes de photos idiotes et de chansons aux rythmes entêtants.
Malgré tout, quelques dizaines de minutes seront consacrées à l’harmonisation de nos connaissances.
Les pages de Graphisme et de Webdesign succèdent à des pages d’Informations et de Codage.
Alors même que j’avais trouvé une portée de petites touches d’humour sur un trumblr cacophonique, le cours se termine dans une apothéose de « click » fermant les fenêtres.

Le midi se déroule en mélodie IRL.

Mais la pause s’éternise. Que faire ? Google est alors notre chef d’orchestre. J’essaie donc d’imaginer les choses les plus improbables et en cherche des images sur Google. L’instrument numérique répond à mes envolées de l’esprit, et les images retouchées me jouent du pipeau comme du violon, me présentant leurs montages improbable. Ma plus belle réussite étant aujourd’hui un ours chevauchant Abraham Lincoln ….

Après ses instants de pure information, L’après-midi reprend, pianissimo, sans connexion.

Mais ce n’est que pour repartir de plus belle le soir. Je n’allume même plus la télé pour entendre les cacophonies d’inepties et préfère enchaîner sur la playlist de films que je choisis. Le pianotement mélodieux des touches reprend fortissimo, lançant des séries américaines tout en jouant sur les divers timbres de chaques conversation en cours, du sérieux à l’allégro.
Toute la soirée ira Crescendo, finissant dans une harmonie d’inepties débitées en rythme avant d’aller se coucher.