Critique du livre: « Un pèlerin sans chemin »

Le best-sellers épistolaire de Jeanne Hawks, Un pèlerin sans chemin, vient d’exploser tous les records de ventes depuis la saga Harry Potter de J.k Rowlings.Afin de comprendre l’engouement des lecteurs pour ce livre en apparence sans grandes ambitions, il est intéressant de se pencher sur la réalité qui pourrait se cacher derrière la fiction, et peut-être, la réponse à une énigme jamais résolue. Rappelons aussi que cette correspondance, prétendument fictive, n’est le fait que d’une seule personne… A ses lettre envoyées, nulle réponse. Pourquoi? Car la mobilité et l’absence de point d’attache du personnage ne le permettait pas? Quel intérêt à communiquer que dans un sens?

Le récit débute avec la découverte d’un corps, celui de M. Déau, retrouvé sans tête au beau milieu d’un bois. Hors, le 28 Avril 1907 au lieu-dit de Bellat, fut bel et bien découverte le corps de Jean Déau. Coïncidence, manque d’inspiration de l’auteure?
Cette macabre trouvaille entraine la fuite pure et simple de notre héros, dont on ne connaît que le prénom, Gilles. Mais pourquoi cette fuite? Est-ce réellement dans une recherche de liberté et d’indépendance, ou dans le but inavoué de fuir la justice?

Cette hypothèse peut être fortement appuyé par le choix de la première étape de ce voyage « initiatique ». Une grotte… n’était-ce réellement que « les rumeurs d’une fontaine magique » qui inspirent tant de désir au héros, ou l’image d’un refuge d’ermite loin du regard accusateur des hommes?
Son apitoiement et sa culpabilité envers son « cher ami Francis » peut-être sans doute elle aussi être interprétée de façon fort différente de celle que les mots portent: culpabilité par rapport à l’abandon de ses amis, de sa familles, ou pour la mort d’un homme?

Rapidement, l’auteure présumée de l’œuvre balaie tout ce qui a trait à cette sordide affaire. Son personnage aurait-il dévié du chemin de sa plume? Ou avait-il sa propre volonté, avant même l’écriture de l’œuvre?
Néanmoins, le côté féerique abordé dans la suite du récit pose le doute quant à la véracité et la réalité des évènements.

Un autre élément troublant chez notre héros, qui de plus en plus prend des allures si égoïstes et hypocrites qu’il en devient humain et réaliste, est cette facilité déconcertante à oublier, ou tout simplement omettre, la raison véritable de son départ. De plus, les divagations littéraires qui composent le texte laissent planer le doute sur les éléments rencontrés au cours de son périples et des lieux exacts qu’il lui fut donné de traverser.
Son obsession récurrente concernant une hypothétique folie tend d’ailleurs à croire que ce dénommé Gilles était porté à se questionner lui-même sur sa santé mentale. Conséquence d’un évènement qui le hante?

On apprend enfin, au bout d’un long chemin, que ce Gilles est fils de bourgeois, rentier qui plus est. Cela ramène à la question de la réalité qui se cache sous la fiction: car, quel enfant bien né et qui n’a guère besoin de travailler, irait se salir les mains et courir les routes? En outre, un vagabond n’emporterait pas, pour une raison pratique mais surtout logique, avec lui suffisamment d’argent liquide pour répondre aux besoins d’un voyage qui couvrirait la Dordogne et les différentes régions qui la sépare de Bretagne, en plus de l’exploration de la région armoricaine.

 Le choix de la région sur laquelle se centre l’œuvre surprend elle aussi.
Le Nord-Pas-de-calais n’est pas le genre d’endroit où l’on s’attend à retrouver un jeune bourgeois en fuite, et moins encore à l’y voir travailler à la récolte des endives, alors que cette région de la France était connue comme étant tournée vers la métallurgie et l’extraction du charbon.
On remarque à partir de cet endroit du récit bien plus de précisions et de détails sur les évènements et les personnes croisées, les coutumes et les fêtes, ce qui trouble encore l’idée d’une œuvre basée sur des éléments non pas fictifs mais réels. L’aisance et les détails avec lesquels l’auteure décrit ce département laisse suggéré une connaissance approfondie du lieu.

On peut ajouter qu’un fort attachement pour la ville d’Arques marque le lecteur dès la première lecture, et un séjour plus long dans cette bourgade sans grand intérêt.

Enfin, la question de la culpabilité de Gilles revient à la charge lors du final, terriblement frustrante, lorsque le héros s’enfuit de nouveau, mais cette fois hors des frontière française, à bord d’un navire à destination de l’Angleterre. Serait-ce une tentative d’échappement définitif à la justice française?

 

 

 

 

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