Le silence de Dita m’a égaré

Une femme. Dita. Dita Kepler. Encore, encore, et toujours elle.
Qui revient, qui fuit, qui court, qui revient.

Elle nous échappe sans cesse, pour toujours mieux nous revenir.
Elle s’envole comme un souffle, une brise, par la vitre, dans la rue. Sur le pont.

Cela s’en va. Chassé. Balayé. Envolé. Arraché. Démembré.Effacé.

Cela revient. Attiré. Déposé. Jeté. Surligné. Rassemblé. Réordonné.

Chute littéraire, cascade de mot, pluie de lettres, rebond d’un nom.
Remonter pour mieux retomber.

Dita… Elle nous revient pour mieux repartir. Fuir.

(Mais qui?)

Dita.

On ne sait qui elle est. Qui est réelle, qui est virtuelle. Auteur ou personnage?
Perdue dans le réel et le virtuel, errant dans l’espace et le temps. Mais il n’y a pas pas d’espace, pas de temps.
Tout stagne, tout est plat. Il y a la rue, le pont, la vitre. Mais on avance pas. Car Dita nous tient la main, mais Dita oublie.
Car Dita veut nous oublier, mais sans nous perdre en chemin.
Pourtant, Dita nous égare.

Les gens. Il n’y a pas de gens autour de nous. Juste Dita. Mais Dita marche dans la mort des gens.

Et Dita continue de marcher. De s’éloigner. Avant de venir nous rechercher.

Un lien, vers l’intérieur. Vers Dita. Un lien, vers l’autre, vers on ne sait quoi.

Un mur. Un mur bloque le chemin. Mais on ose le contourner ou le traverser. De peur de perdre Dita. Mais le mur, il ne retient pas Dita.
Peu importe le silence, dans lequel nos cris, mêlés aux cris des autres,ne sont que silence. Rien.

Dita s’en va. Sans venir nous rechercher. Dita a oublié. Car Dita voulait oublier. Et Dita nous a perdu en chemin.
Car Dita, elle vole. Dita n’a que faire des murs, car elle passe par la vitre. Et peu importe les gens.

On revient au même point.

J’ai voulu suivre Dita, mais Dita m’a égaré.