La vie des autres.

Il est des gens que l’on rencontre sans jamais les voir, où il faut suivre des liens pour mieux les savoir.
Certains nous mènent au fil de leur vie en nous prenant par la main, tels de grands enfants. D’autres sèment non pas le fil d’Ariane mais l’herbe des fées, nous perdant et nous emmenant dans des chemins qui n’ont ni sens ni fin.

Pourtant, nous nous abîmons dans ces sentiers, sans certitudes d’un jour nous en tirer, pour démêler le faux du vrai.

L’une hésite. Cela peut se comprendre, se décrire n’est pas facile. Elle souhaite faciliter notre compréhension de ses mots, et pour s’en assurer, nous donne un cours de conjugaison. Aimable attention, mais qui fausse l’orientation. Pourtant, Chloé, car tel est son nom, semble des plus attentionnées et pleine de bonne volonté. Hélas, trois fois hélas, voici qu’elle nous sème à nouveau dans le dédale d’une place virtuelle, où tant de personnes passent et repassent, hèlent, échangent, bavardent, se montrent, qu’il est difficile de l’y retrouver. Nous rencontrons néanmoins une de ses amies, de marque il faut le dire : la très célèbre Jasmine, qui tient le rôle principale dans une oeuvre tout aussi célèbre de M. Disney.
Mais alors que la foule s’amassent autour d’écrans déroulant des flots d’images et de vidéos de soirée, toutes à l’image de notre humble guide, où d’un match de foot commenté par le reporter de L’Equipe, voici qu’un étrange indice nous ramène sur sa piste épique. Tel le Petit Poucet, elle a semé un défilé de douceurs sucrées. Nous la retrouvons, élève studieuse, dans un salle de classe, écoutant avec attention un cours plus qu’intéressant et essentiel, mené par un professeur respectable et réputé. Mais alors que nous tentons de la suivre, voici que les portes se ferment. Elles semblent être entrée dans une successions de jardins secrets, auxquels toutes personnes étrangères ne peut espérer accéder.
Aussi l’attendons nous, attendons qu’elle sorte. Et voici que surgit, sous nos yeux éblouis, la vénus de tous nos fantasmes. La célébrité incarnée: potins people, son nom scintillant dans le haut des affiches, comme une étoile dans le firmament des âmes aimées et vénérées… couverture aguicheuse d’un livre trompeur, sirène couverte du sang de ses adorateurs.

Avant que d’être dévorés par notre admiration, nous fuyons vers d’autre lieux, empruntant un nouveau sentier, afin de rencontrer la seconde de nos entités.

Malheur ! Un autre professeur ! La voici qui nous enchaîne de sa grammaire et sa conjugaison, sans espoir d’évasion. D’un dicton elle s’introduit auprès de nous.  « À la Sainte-Croix, cueille tes pommes et gaule tes noix. » Quelle étrange façon de capter l’attention, mais à chacun ses choix. Mais avant même que nous ayons le temps de poser des questions, voici un nouveau venu qui nous interrompe. Pluto. Décidément nos hôtes sont d’illustres personnes, pour ainsi voir entrer dans leur vie pareilles célébrités.
Jacque Brel chante même son nom, chantant son amour. Il aimait tant Clara, et nous nous ferons un plaisir de l’aimer à notre tour. De la faire danser sur un air de carnaval dans les rue de Paris.
Mais… notre agréable amie ne serait point de ce monde? Il est question, le jour de sa naissance, d’une histoire de par de à les étoiles. Il faut que l’on sonde. A la bonheur, il n’est en rien question de vie d’outre espace, juste d’une loi qui nous dépasse, de celles qui ne peuvent que nous faire ouvrir de grands yeux surpris, avant que l’incompréhension ne soit bannie.
Mais le flou reste omniprésent,  Clara restant évasive. Voilà qu’elle aussi s’en va, dans ce lieu virtuel, où l’on ne peut s’entendre et qui divise. Heureusement, notre amie guette et nous emmène à travers les badauds, nous laissant découvrir ce qui est sa vie. Sa vie, qui se poursuit dans les rues de La Roche-sur-Yon. Certes le nom fait brouillon. Elle y préfère l’electro, qu’elle écoute avec ses colocataires. Dans une maison? Non, dans son esprit vacataire.
Elle s’est retrouvée là où elle est, à cause d’une publicité. Triste sort, que de finir à l’IUT.
Mais chut, il ne faut rien en dire. Car même si elle croit nous avoir bernés, elle nous en a montré bien plus qu’elle ne l’imaginait.
Too bad.