Framapad version 456

Prendre le temps de trouver de belles phrases, bien formulées comme il faut… Une lecture, lente et attentive s’impose… Attentive car il y a des indices partout. Plein de mystères, plein de choses à découvrir…

C’est comme lorsqu’on se promène. Tu vois, par exemple, je me promenais hier. Ben après ces petites ruelles que l’on apprécie beaucoup tous les deux, je vais pouvoir arriver sur une petite place avec une petite fontaine au centre, ou bien peut-être une autre petite ruelle, d’autres petites ruelles… C’était cela que j’essayais de découvrir hier. Qu’est-ce que l’on trouvait après toutes ces rues, après cette place, après cette fontaine.

Eh bien j’ai découvert un lieu d’exception. C’était plein de couleurs. Vert, jaune, bleu, violet, rouge, orange. Avec toutes les teintes possibles : indigo, bleu ciel, vert anis, vert d’eau, turquoise, magenta, vermillon… Plein de matières aussi. Mes sens étaient en extase. Le toucher de l’herbe dorée, la mousse de l’arbre vermillon, les nuages indigo qui se trouvaient à hauteur de pieds… Complètement magique, étonnant, stupéfiant.

Pour accéder à ce lieu, plusieurs moyens sont possibles. A droite ou à gauche. Devant ou derrière. En-dessous ou au-dessus. L’essentiel est de marcher, après les rues, la place et la fontaine, de marcher toujours tout droit. De tourner où l’on veut. De sauter, de ramper. Au bout d’un moment, on tombe dessus.

C’est comme un point quelque part dans le monde tu vois ? Il n’y a rien qui l’indique sur une carte. Non. Pas de tâche bleue, de cartouche noire ou de nappe blanche. Rien du tout. Pas besoin de payer non plus pour y pénétrer. Avoir trouver ce lieu te donne le droit d’y entrer en fait. Et dès que t’y pénètres, tu commences par sentir des chatouilles sur ton cou. Un léger vent souffle sur ta nuque. Une froide brise éphémère. Mais pas dans le genre de celles qui te glacent et te désespèrent. Non. Là tu te sens bien. Tu te sens… Wouahou. Juste wouahou.

Au début, tu as peur. Tu penses à une illusion. L’illusion du parfait. Mais très vite, il faut te rendre à l’évidence. C’est réel. C’est là. Devant toi, derrière toi, partout autour de toi. Et ça existe. Et là, tu sens des fragments de bonheur fuser vers ton cœur d’artichaut. Comme s’ils s’échappaient d’une boîte magique qui protège les rêves merveilleux et que la fille de Déméter t’en faisait cadeau. Oui.

Tu ne me crois pas ? Pourtant, je jure de dire la vérité. Comment ? Une menteuse, moi ? Tu es beaucoup trop fermé. Écoute, peut-être préfères-tu attendre le métro que tes rêves, mais rêver c’est important : plus important que d’attendre le métro. Il est parfois nécessaire de s’évader vers l’ailleurs. De marcher à travers les rues, les routes, les bâtiments, et de découvrir toutes ces choses qui sont pourtant si vivantes…

Toi, j’ai plutôt l’impression que fermé comme tu es, tu ne vois rien. Pour toi, peut-être que les gens disparaissent. Plouf, dans l’eau ! Moi je pense plutôt que c’est toi qui est perdu. Totalement. Je pense que même si tu cherches tu ne trouveras rien. Tout ce que tu sais faire, c’est déambuler parmi les différents couloirs des mêmes bâtiments. Car tu n’y crois pas. Tu sais, c’est comme pour Peter Pan : si tu n’y crois pas, tu ne verras rien.

C’est idiot ! Il ne faut jamais regretter, alors vas-y, plonge ! Tu es peut-être du genre à dire que l’eau est froide, mais vas-y, plonge, quitte à te retrouver frigorifié. Je ne te demande pas de mener l’enquête, je te demande juste de te laisser aller. D’ouvrir les yeux et d’ouvrir tes sens. De t’ouvrir au monde.

Au plaisir de te retrouver dans ce lieu si spécial et de te faire découvrir cette herbe dorée et ce ciel de lave…