J’habite nulle part… j’habite partout

J’habite nulle part.

J’habite dans une maison, dans une maison en bois au jardin parsemé de sapins et de bouleaux.

J’habite dans une maison d’un quartier, une impasse composée de moins de dix autres habitations.

J’habite près d’un collège, près d’une école primaire, près d’un restaurant, près de nombreux autres quartiers.

J’habite près d’un parc aussi, bordé par la Loire.

J’habite dans une maison d’un quartier d’une petite ville.

J’habite près du bourg de cette commune, où on trouve plusieurs boulangeries, un tabac, plusieurs banques, une pharmacie, plusieurs supermarchés, un cabinet de médecins, la poste, une épicerie, quelques cafés, une église, etc. Ma maison n’est qu’à quelques minutes de l’arrêt de bus Pyramide, relié à Pirmil, relié à Commerce.

J’habite donc dans une maison d’un quartier d’une petite ville à la périphérie d’une grande ville. Une métropole de l’ouest de la France, la ville dont on dit qu’il y fait bon de vivre, la capitale verte de l’Europe en 2013.

J’habite dans une ville en mouvement, un endroit connu pour son dynamisme et sa vivacité. On y trouve le quai des anneaux de Buren, le château de duc des Bretagne, la tour de Bretagne, les nefs, le quartier de Bouffay. On y trouve de longues ruelles constituées de pavés, des terrasses animées, quelques espaces verts… et des gens pas contents.

J’habite dans l’ouest de la France, région qui a une certaine réputation (laquelle ? on ne sait pas).

J’habite en France (pays qui a une certaine réputation aussi, à juste titre ? on ne sait pas), j’habite en Europe, j’habite sur la Terre. J’habite partout.

 

Lola Lusteau