Author Archives: Farewell

Laisser une trace

Dernier combat.
L’exercice final.
Nos doigts s’agitent une dernière fois pour révéler notre secrète identité. Avant de stopper. De remballer la liste de nos souvenirs pour se créer de nouveaux désirs.

Nous avons fini nos histoires, avant qu’il ne soit trop tard. Sans regrets, sans se dire que tout est terminé. Surement parce que l’on peut recommencer. S’user. Jusqu’à l’abrutissement. Je préférerais dire l’aboutissement.

 

Reste avec moi, Marla.

 

 

 

Ce que le catéchisme ne nous dit pas

Joseph Valmont Flux (1889-1921), Prêtre

Quand on y pense, toute la lignée Flux aurait pu se terminer là. Un prêtre a rarement l’occasion de transmettre son nom de famille, ou que illégitimement. Mais Joseph c’était un vaillant comme disait le médecin de l’époque. Et sa femme. Surtout sa femme.

C’était l’effet chasuble qui les faisait chavirer. Il était l’homme inaccessible qui faisait rêver, le gentil curé du village. A peine opportuniste, il n’a pas du tout saisi cette occasion pour créer de petits Joseph Valmont Flux un peu partout dans la région Centre.

Depuis on n’a pas tellement bougé c’est vrai. Les parents nous racontent toujours l’histoire de cet homme, grâce à qui nous sommes aujourd’hui si nombreux.

Dans l’Hincompréhension Générale

Ce que je ne sais pas du Général Hinstin c’est ce qui n’est pas écris sur Internet. Comme les choses importantes : on ne parle pas de ses amours, on ne parle pas de toujours, on ne parle pas de jamais. Ni de sa couleur préférée, le bleu. Le Général est en vie, par les mots et par l’esprit, le Général est mort par ses actes et son corps. C’est ce que j’en retiens, ce que je peux exploiter. Je ne peux pas dire que je l’ai croisé sur un quai de gare, je peux écrire que sa tombe est magnifique. Si tenté soit peu qu’une tombe puisse être magnifique.

Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi on en parle encore. Pourquoi son nom est-il resté dans les mémoires, est-ce que quelqu’un s’est un jour tellement ennuyé qu’il a décidé d’écrire sur le mec de la tombe d’à côté ? C’est peut-être son nom qui prête aux multiples interprétations, un instinct général, un général au bon instinct, le général intestin.

Ce que je ne saisis pas ce sont les traits de son visage. Dévorés par le temps, oubliés par les gens. Ils continuent leur existence malgré tout, tant qu’il y aura des gens pour les voir, tant qu’il y aura des gens qui tenteront de comprendre qui il était, ce Général, comment en est-il arrivé là. Et quand l’image disparaitra, qui saura parler de lui, qui saura déchiffrer le vide dans ses yeux ?

Ce que je vois mal c’est combien de temps cela va encore durer. Peut-être faudrait-il laisser les morts dormir tranquillement, ou, au contraire, perpétuer leur identité, même si elle est inventée, pour ne pas qu’ils vivent une deuxième mort : celle de l’oubli. Leur offrir cette pérennité dans l’écriture et l’invention, tout mélanger mais au moins se rappeler. Même si ce n’est que son titre, général, que son nom, Hinstin, qu’une lettre, H. Même s’il l’a souvent perdu, réduit à un I.

Ce que je distingue au travers d’une recherche Google, c’est la diversité des ressources sur le sujet. Le mélange des incompréhensions de chacun donnant le brouillon d’une vie. La possibilité de raconter quelque chose sur quelqu’un d’inconnu. Tout en se rapprochant, en vain, du réel.

Deux syllabes

Ce n’était pas de l’ignorance. On sait tous, on nous le répète depuis que nous sommes en vie. Êtres vivants, tous définis par quelques lettres. Apprendre les dessiner ne suffit pas toujours à les apprivoiser. Je savais écrire, je répondais à l’évocation de ce nom, sans comprendre la signification qu’il y avait derrière. On aurait pu m’appeler Table que ça ne m’aurait pas dérangé.

C’est parce que je ne me connaissais pas. J’entends par là que je n’avais aucune conscience du moi que je devenais. Que mes propos pouvaient être entendus, et non plus noyés dans ceux des adultes. Les enfants ne disent que des bêtises.

Après j’ai pu dire que je m’appelais Sylvie. Sylvie, Sylvie. Je m’étais choisie un prénom, j’avais construit quelque chose. J’étais, enfin. Personne ne niait, tout le monde s’en moquait. Si elle veut s’appeler Sylvie et bien tant pis. Je m’inventais des histoires à n’en plus finir, confondant réalité et souvenirs.

Père ordonne d’aller à la boulangerie. Maintenant que je sais compter la monnaie, j’ai obtenu ce privilège. J’entre dans la pièce et salue « Bonjour, une baguette s’il vous plait. Je m’appelle Sylvie. » Elle répond que non, c’est elle qui s’appelle Sylvie. Mais si elle s’appelait ainsi, je ne pouvais pas également porter ce prénom.

On me dit que moi c’est L. Alors je suis devenue Laura, L. et elle.

Petits souvenirs d’une tendre enfance

Sous le préau, des lianes se mêlent au rhinocéros. L’animal sourit aux enfants, peu intimidés de le trouver là. Certains, plus peureux, s’imaginent qu’il sortira un jour de la peinture murale. Il est si imposant comparé à eux.
A côté de la bête, il est possible de se divertir à la marelle. Une grande, chaque case fait approximativement cinq fois le pied de l’un des joueurs.
Il y a aussi un toboggan, de 40 mètres de haut vous dira n’importe quel enfant. Un bac à sable tellement profond qu’il est directement relié à la Chine.
La cour de récréation est bien l’élément le plus important d’une école primaire (point de vue partagé par tous ses élèves en tout cas). Le reste se résume en quelques mots : murs en brique pour « les grands », préfabriqués pour les « petits », le tout formant un majestueux L avec tous les jeux au milieu. Les toilettes se situaient à l’extrémité des préfabriqués, assez loin des murs en brique pour que se produisent parfois des « accidents ».
Le tout est entouré d’herbe verte l’été et jaunie l’hiver, d’une route face au portail vert de l’entrée mais qu’il ne faut absolument pas traverser.

Vous avez la carte U ?

Quand on est aveugle, nos sens sont décuplés.
Je ne suis pas aveugle, mes sens ne sont pas décuplés.

Cela ne m’empêche pas de sortir sourd des supermarchés. Pour faire vite, mon itinéraire est défini à l’avance : ça commence par le rayon pleurs d’enfants. « Non, tu n’auras pas ce jouet » hurle encore une fort une mère énervée.

S‘en suit des claquements de dents et des mains gelées. Notons que des mains gelées ça ne fait pas tellement de bruit, ce sont juste leurs propriétaires s’en plaignant qui m’irritent. Beaucoup même.

Le rayon glamour est clairsemé de « Chérie, ce rouge à lèvres est fait pour toi ». Là je n’y passe que vite fait, parce que des fois il y a de jolies choses à voir . Mais généralement non. Je ne parle pas de ce qu’il y a sur les étagères, plutôt de celles qui les vident.

Le bruit du plastique qui entoure le pain et celui du pain lui même qui croustille est difficilement reproductible. Je pourrais tenter un timide « scrumtch » mais sans ambition. Pourquoi personne ne se décide à prendre la première baguette qui passe sans en tester trois quatre autres avant ? (C’est là la genèse du couple)

Les personnes qui promeuvent un produit ne sont pas mal non plus « Goutez mon saucisson, il est très bon », je décline poliment et m’oriente vers les moules, c’est plus mon orientation. Le pire, je crois, ce sont les vendeuses de poissons. On les connait tous sur les marchés, moins bien dans les supermarchés. D’où son étymologie, « super » signifie « au-dessus », j’imagine qu’ici on parle du nombre de décibels qui se dégagent de leur bouche. J’en prends toujours, ne serait-ce que pour qu’elle ne crie plus pendant cinq minutes.

Je vous épargne les « clink » qui annoncent le montant des achats, les « bonjour » des caissières (que l’on ne souhaite que lorsque c’est notre tour, même si on est à son niveau depuis un moment).

La prochaine fois, je fais les courses avec mes boules Quiès, et je vous décrirai les odeurs.

Il ne m’en reste plus que deux.

Merci pour vos « com’ », je crois comprendre que vous liké mes posts : vous m’en voyez heureux. Sérieusement, je crois que vous seul pouvez me comprendre en cette période de crise. Si l’on se rencontre lors d’une foire qui se déroule le 22/04/2012, j’espère que vous me communiquerez de vive voix tous ces vifs compliments que vous m’écrivez de derrière votre pc. Plus nous serons nombreux pour défendre cette cause, plus les prix chuteront.
Pour une république solidaire !

M. Julien d’or

J’ai encore mes trois A, ceci est une fiction.

La dernière fois que quelqu’un de très célèbre, lors des moments difficiles, promène les prix, je l’en remercie vivement ! Quelqu’un communique les renseignements aux expositions et foires ? S.V.P. Si vous pouvez m’orienter comment chercher ces crédits gratuits.

M. Julien d’or

Mensonge Fortunéen

1 000 euros offerts à Lauren pour avoir ouvert des cuisses en banque individuels ou pour avoir accepté de rester jusqu’à l’aube entre le 2 janvier 2012 et le 3 janvier 2012 (le dossier de demande d’ouverture avec le code « XXX » offrait à l’homme de nombreux avantages). Au matin, elle demanda qu’une prime lui soit versée mais il lui répondit que l’offre n’était pas cumulable avant le 16 janvier prochain, la date sur le calendrier faisant foi. Lauren rentra donc dans sa voiture, elle se changea en tenu de travail. David l’appela, le dossier devait être complet et reçu au plus tard le 2 janvier 2012, or nous étions le 3 janvier 2012. Elle lui répondit qu’elle n’avait pu le faire parce que, toute la nuit, elle avait souscrit à une offre bancaire non renouvelable.

Sources : Melrose Place « Lauren se trouve au lit avec un homme, il lui propose de rester jusqu’à l’aube pour 1000$ de plus, elle accepte. Le jour se lève. Lauren rentre dans sa voiture, elle se change en tenue de travail. A la résidence, David est au téléphone, il tombe sur Lauren, il lui demande si elle était de nouveau dans l’équipe de nuit, elle lui ment et lui dit que c’est le cas. »

Fortuneo « 80 euros offerts pour toute première ouverture d’un compte bancaire individuel ou joint avec carte(s) bancaire(s) ou première souscription d’une carte bancaire effectuée entre le 02 janvier 2012 et le 29 février 2012 (le dossier de demande d’ouverture avec code offre « BKWEB80E0112″ devant être complet et reçu au plus tard le 29 février 2012, la date de réception du dossier complet faisant foi). La prime sera versée sur le compte bancaire au plus tard le 15 avril 2012, sous réserve de l’acceptation du dossier de demande d’ouverture par Fortuneo. Offre non cumulable avec une offre parrainage compte bancaire en cours. »

La tomate et le mouvement

Pour donner une allure sérieuse à un texte expliquant la relation de cause à effet d’une tomate lancée sur une cantatrice, suivez l’exemple de Perec : celui-ci se fait passer pour un scientifique et présente son document comme une thèse, mais ce n’est pas tout, le texte est ponctué de citations à répétition, comme s’il donnait une légitimité à ses écrits, et les mots employés semblent scientifiques mais ce sont des calembours.