Atome

Un serpent à cornes  tinte et  freine à l’orée d’une forêt en béton.
Descente massive de fourmis.
Les yeux se posent partout sauf dans les yeux des autres.
Au bout de la rangée de boîtes à fumée montées sur donuts en gomme,
A droite une carotte qui clignote dans le noir.
A gauche un gros tronc en béton avec mille yeux
Ruban noir de bitume et plage de verre vert mélangé à la pierre.
Encore des boîtes à fumée et des troncs en bétons, et au milieu un pont plat peint en blanc.
Le nez en l’air les jambes glissent dans le doux tunnel vert et gris où percent la lumière des lampes à « dernière fois que tu rentres à cette heure-ci »
Un clope sur l’îlot, un peu planqué, les fesses là où normalement on s’adosse. Derrière il pousse de drôles de tiges où pendent des filets et on croirait souvent y entendre des battements de coeur. read more

Ostende

La voiture garée à Mariakerkelaan j’entreprends de poursuivre à pied ma découverte d’Ostende. Je ne sais rien d’ici, je n’y suis jamais venu. J’avance au hasard, remonte Battenjvstraat jusqu’à Elisabethlaan. Je suis ce boulevard sur deux ou trois cents mètres, admirant les bâtiments en brique si typiques d’ici, si rouges dans le brouillard blanc. Les affiches publicitaires en néerlandais sur les murs me plaisent bien; je n’y comprends rien, et elles me semblent pleines d’une poésie que je n’ai jamais perçue chez moi. Traversant Elisabethlaan et empruntant moins d’une minute Leffingestraat je tourne bien vite à gauche et m’engage dans Golvenstraat. Derrière les maisons dont je longe les façades, j’entends des enfants jouer dans une langue étrangère. L’un d’eux éclate de rire, ça c’est universel.. Au bout à gauche, Veringinstraat, et encore à gauche Gelijkheidstraat… De straat en straat je me perds. Je cherche la mer. read more

[.]

La première personne insultée c’est surtout celle qui a éprouvé l’insulte comme telle la première. Peut-être était-ce dans son cœur (mais l’avouer aurait peut être insulté son honneur), dans sa race (mais il avait peut être trop d’orgueil pour répondre) dans sa sagesse enfin, sûrement, car il faut être fou pour la laisser insulter. Ou dans son corps.

Mais avant que quiconque soit insulté il y a la première insulte. Peut-être n’en était-elle pas une, pas de celle qu’on s’imagine aujourd’hui. Peut-être n’était-ce pas un mot, mais juste un regard. Peut-être même était-ce de l’amour, peut-être le premier. read more

Obey