D’un labrador à un chaton

Je suis un chaton. Du moins je le suis devenu. Après de nombreux voyages et autres aventures, j’ai décidé de couper court dans cette vie de mensonge. Oui j’étais un chaton et je devais le prouver. Rendez-vous à Valmont avec un bélier pour parler de ma biographie. « Chantez plutôt ou faîtes du tambour. » Un chaton musicien, pourquoi pas. Je suis donc passé par Melrose Place ainsi que par le Sénat. Pour enjoliver mon CV, j’ai aussi fait du foot et cuisiné des patates douces et sales. Mes loisirs ? J’aime les romans à l’eau de rose et les blagounettes. Oui je l’avoue. Je me suis égarée plusieurs fois. Une fois à Mimizan. Deux fois en Turquie. Mais je suis retournée sur la bonne voie. Je n’ai jamais été autant chaton et j’en suis fier. Une dédicace ? Je pense à une amie qui a du chien. Appelle-moi Marla. read more

Heroic forfader en danois

Il s’appelait Hercule. Et en plus c’est vrai. C’était le père de la mère du père de la mère de la mère de ma grand-mère. C’était un héros. Un vrai. Hercule jonglait à Paris, dansait le tango et parlait couramment le danois. Il est né dans une famille de notaires à cravates. Hercule a voyagé. Il a fait rire. Il est monté sur des podiums. Il a volé dans le ciel de Russie et a nagé dans l’Antarctique. Il a rencontré une américaine – Betty – a eu 3 filles et un chien – Polly. Il est devenu professeur et a enseigné à des centaines d’élèves La Traviata et l’art des fonctions logarithmes non népériens. Sa première fille a décidé de faire le tour de l’Australie a 9 ans sur le dos de Polly. Il l’a suivi et s’est fait mordre par un kangourou. Il a alors attrapé la varicelle et y a survécu de justesse. En effet, entre temps, il a trouvé le remède en étudiant les bégonias avec un aborigène de 98 ans. Il a déposé un brevet puis l’a repris. À 50 ans passés, il est devenu Premier Ministre et a réformé la médecine psychologique des labradors. Il a gagné le Prix Nobel de littérature pour son ouvrage Quand je marcherais sur la Lune, je ne volerais pas, moi. À 60 ans, il a battu Armstrong au bilboquet. Il est mort en montant en haut d’un pin pour récupérer son chapeau. Il avait 88 ans. Polly a beaucoup pleuré. Hercule est resté un héros dans ma famille. La preuve : mon père est astronaute et ma mère australienne. On ne m’a jamais montré sa photo. Mais il parait qu’il ressemblait à Elvis en blond. J’aime bien cet Hercule. Et puis il parait que j’ai ses yeux. Comme il a beaucoup vu, j’attends de voir. read more

Le H de guerre

Ce que je ne sais pas c’est s’il l’aimait ce H. Si quand H est parti, il a pleuré. S’il y tenait, s’il s’y était attaché. Est-ce que H a aussi eu un pincement au cœur en partant ? Ou est-ce qu’il voulait juste prendre son indépendance ? Ou si le général était trop général ? Et que H, lui, était trop particulier ? Parce que H, tout seul, il peut vivre. Et le général sans H ? A-t-il toujours un instinct ? Est-il toujours Instin ? Je ne sais pas non plus si H a survécu. read more

Présente

Daniel. David. C’est bientôt à moi. Je dois répondre à l’appel. Je suis un élément. Un élément d’une liste très organisée. Sans moi elle se tord. Sans moi elle n’est pas complète. Le D se rapproche. C’est à moi. D. M. Je lève la main. Oui je suis là. Oui je suis D. M. Je suis là avec vous, entre l’autre D et le E. Oui je suis moi. Oui c’est moi. Oui j’ai ma place. Oui j’écoute. Oui je vous entends. Je vous entends m’appeler. Et je me reconnais. Je ne suis pas l’autre D ou le premier E. Non. On peut m’interroger. Je me reconnaitrais. On peut me donner la parole. je la prendrais si vous me reconnaissez. Je lève la main. Je suis là avec vous. Je ne suis pas comme vous. Je suis M. Oui Charlotte ? Elle me regarde. Je baisse la main. Elle ne m’a pas interrogé. Alors pourquoi elle me regarde ? Charlotte ? Elle me regarde toujours. J’ai compris mais je ne parlerais pas. Je ne suis pas Charlotte. Elle ne s’adresse pas à moi. Elle se trompe. Alors je ne répondrais pas. Je suis M. On doit m’appeler M. Si l’on veut que je parle, on doit me reconnaitre. Je la reconnais elle. Elle me doit donc ça. Mais elle attend toujours. La vraie Charlotte commence à douter. Mais je la force. Je veux qu’on me reconnaisse. Reconnaissez-moi. Moi c’est M. Toi tu es Y. Et toi C. Alors je veux être M. Ne vous trompez plus. Je ne changerais pas pour vous. Je resterais M. Pardon M. Vas-y M. J’y vais. read more

La fin des trognes est arrivée

Unités CP à CE1. Une allée en montée. On arrive sur la piste. Des grilles bleues rouillées autour. Au cas où on s’échappe. Mais pas besoin de barrière. Il y a déjà plus d’un monde ici.
À droite l’île déserte. Une sorte de tente : le repère des indiens. Ou une falaise pour les alpinistes. Puis la mer, le champ, le ciel. On la traverse. Le banc des éperviers. Le passage sous terrain invisible sous la haie. On peut s’y perdre et même s’oublier.
À gauche le préau. Cabane protégée. Temple avec ses colonnes élastiques. Sable fin et département des secrets.
En face la grande maison. Bâtiment en bois remontant à l’ère des chimpanzés. Course de vitesse et sol amortisseur.
S’étendant au fond les salles d’entrainement cérébral. De droite à gauche, on monte les grades. Tout est une question de marches et de portes. Et dans le coin le couloir de l’administration et de l’alimentation par rebond.
On longe les salles ponctuées par des blocs fleuris. On peut y trouver des billes perdues et ainsi sauver nos vies. On arrive à la grille. L’arrivée des cars. Comme une issue de secours.
On tombe sur l’île aux rochers. Coin de Robinson avec son cartable et sa tante oie.
Le terrain bleu de combat à raquettes nues. Balles oranges régénératrices ou mortelles.
À côté la maison des clowns et des artistes. En passant par les montagnes russes, on arrive au chalet. Mais il n’y a pas d’ours ici.
On se retourne face à une allée de marronniers. Souvent déplumés. Rendant invisible n’importe qui. read more

À deux on ira plus vite

Bon tu files chercher un caddy. Tiens le jeton. Pardon. Excusez-moi. Non allez-y. Je suis pas pressé. Attends moi ! Il fait du bruit celui-là. Il y en avait pas d’autre ? Encore hors service ces portes ! Oh non il pleut. On a tout pris ? Bon c’est parti. On fait comme d’habitude ? OK. Attends c’est le rayon des promos. On a pas besoin de shampooing ? Et ta sœur ? Ah on va prendre une brioche. Chères clientes, chers clients SuperFour vous propose la carte fidélité gratuite pour les nouveaux adhérents. Offre promotionnelle du 15 au 16 mars. Alors le pain, c’est fait. Qu’est-ce qu’on a comme entrées à la maison ? Les carottes rappées c’est mieux. Va chercher des tomates. Oh non j’ai encore déchiré le sac ! vous avez fait tomber votre liste. Non ce n’est rien. Tu as regardé les dates j’espère ! Tu sais très bien que la salade ça se perd vite. C’est bon ? J’ai pris des pommes. Oui les vertes. Tant pis je serais le seul à en manger. Bonjour, dégustation de melon. N’importe quoi. Je vais pas manger ça. C’est pas la saison. Promotion sur les jus d’oranges : 1 offert pour 2 achetés. Combien de bouteilles d’eau ? Tu as rayé la viande ? Le petit Léonard attend sa maman à la caisse. Le petit Léonard. Alors petits pois c’est bon. Manque plus que les salsifis. Si on prenait du chocolat ? Non ? Et bien elle avait qu’à les faire les courses si elle voulait du chocolat spécial. Allez, on prend même deux. Excusez-moi. Est-ce que vous pouvez m’aider à attraper le riz ? C’est vrai qu’elle est petite. En même temps je suis pas forcément grand. Tu vas chercher ton dentifrice pendant que je prend les mouchoirs. Alors tu as bien tout rayé ? Attends là-bas c’est une caisse rapide. Oui là il y a moins de monde. Mais est-ce que je l’ai prise cette carte ? Ta mère me l’a pas donné hier ? On fait la blanquette ce soir ? C’est bon je l’ai. Oh, les carottes sont percées. Bonjour. Bonjour. Allez prends un sac. Dépêche toi ! Je peux pas le faire tout seul. Oui, les carottes sont percées. Je vous mets un sac. Oui merci. Vous avez la carte rapide ? XXX € et YY centimes s’il vous plaît. 1 heure pile. On va pouvoir voir le premier épisode. Allez je démarre. File remettre le caddy. Tu as pris le jeton ? read more

Où is my camionneur ?

Parle pas english. Enfin un peu. Sinon merci. Si j’ai pu help you. Mais êtes-vous intéressé par un crédit ? Ou for my amitié ? Vois que vous travaillez. Où ? Vous êtes english ? Moi j’habite dans le Haut-Rhin. Tu connais ? Il y a des foires ici et des salons de la fourchette. Et où tu habites ? Il y en a ? Tu fais quoi comme recherches ? T’as l’air scientifique ou journaliste. No ? T’es sûrement plus smart que moi. Moi j’ai une Peugeot. Je me nomme Colette sinon. Pas Sonofagun. Et you ? Thor ? Ça fait longtemps que tu me suis no ? Je cherche juste un ami. Mais gratuit ! Parce que dans les foires c’est money money ici ! Et chez you ? Tu aimes la littérature ? Il y a des salons ici si tu veux ! Même si tu as que 10 minutes ça va ! Au fait tu connais my camionneur ? 75 ans ? No ? Tu as un camion ? Envoie moi une carte d’où tu es ! Dans le Haut-Rhin surtout. Et comme on dit chez toi  : hioozl ! read more

Myocarde brisé et effets cognitifs

Ian doute. Son taux d’ androstetone (5-Alfa-Androst-16-en3-one) augmente ainsi que son attirance pour Teddy. Perdu, il prend le volant suite à une prise de marijuana. La drogue a été administrée par inhalation, Ian commence donc à se sentir euphorique, sa vision des couleurs augmente, il commence à avoir faim. La substance active, le tétrahydrocannabinol ou  Δ9-THCL ou Tétra-Hydro-Cannabiol continue son chemin et se fixe sur d’autres récepteurs cannabinoïdes CB11 et CB2. Il commence alors a accepté ses sentiments et décide d’aller dans un bar gay à West Hollywood. Mais il a oublié son porte-feuille, la consommation de marijuana ayant détériorer ses fonctions cognitives dont la mémoire immédiate. Il retourne donc à l’appartement de Teddy. Entre temps, Teddy est tombé dans une dépression post traumatique qui se développe en une amnésie et un refus d’acceptation de la révélation de la liaison entre Debbie et Ryan. Il commence alors à faire un infarctus sylvien superficiel. Il subit un déficit moteur ou hémiplégie brutal brachio-facial et de troubles de l’hémicorps controlatéral. Ian arrive alors et appelle les secours. En un souffle, Ian avoue ses sentiments à Teddy avant que celui-ci ne ferme les yeux. read more

La tomate, remède miracle pour nos oreilles

Découverte inespérée en médecine : le problème de voix des chanteurs lyriques est désormais résolu grâce au laboratoire de physiologie de Paris, leur étude aboutie après 10 ans de recherche, ponctuée d’expériences avec des légumes, où la tomate s’est révélée le moyen le plus efficace pour remédier aux soucis des cantatrices : plus les tomates sont ingurgitées, plus la voix porte loin et longtemps.