Des nuages comme formes de trophées

Marla. Jeune chatte anglaise, nul désir de chaton, une généalogie en crise. L’abrutissement de la famille, son amour en exercice, des souvenirs en spam comme description de son identité. Pour échapper au labyrinthe de son histoire, Marla use d’imagination et lors d’un cours de géographie numérique, machouillant un vieux Pez, coup de tambour. Elle crée le premier ordinateur à individualité biphasée, nommé Perec (en hommage à) et le sigle de sa marque, une Tomate®, devient significatif d’intelligence programmatique Web dans l’ensemble de la Voie Lactée. Sans craindre les rumeurs, elle n’hésite plus à apparaitre IRL entourée de labradors oscarisés ou d’écureuils musculeux. read more

Rambue, enjambages

« Beaucoup séduits par le mirage scintillant
dont l’or des galions auréola l’Espagne
dès l’âge de seize ans se mettaient en campagne
et gagnaient à cheval le plateau castillan. »

Vers attribués à la scientifique et poétesse Rambue Verbillhau, pour évoquer son immigration précoce du village ardéchois Coucouron pour les lumières de l’Andalousie, où elle résida en errance entre Séville et Grenade. Après avoir étudié malgré les sceptiques ce que l’on nomme maintenant diabète, elle s’enferme dans une petite maison dans l’Espagne profonde, village rural où sont élevés des porcs qui empuantent tant la ville que leur odeur est une seconde peau pour la narine locale. Elle y abandonnera ses enfants et s’enfuira vers le rêve américain, qu’elle choisit central en se rendant au Nicaragua. Elle croisera William Walker, un aventurier qui, sous ses conseils, prendra d’assaut le pays et le gouvernera le temps d’une courte dictature. Rambue Verbillhau, effrayée qu’une blague se soit transformée en bain de sang, fuit et se décide à éviter à présent le métal froid de la civilisation occidental en disparaissant au cœur de la foret amazonienne, dont seul des bribes de poèmes gravées sur arbres et rochers nous sont parvenues. Une femme d’éclat, qui savait manier la hache. read more

Teint, oral, l’UNSS gêne. (4, 2, 3, 1.)

Ce que je ne sais pas, s’il les aimait les chiens ou s’il détestait leurs oreilles en boules et leurs jeux dans le sable quand ils descendaient des camions sans avoir besoin d’ôter leurs chaussures, eux. S’il prenait ce sable et le frottait avec de l’eau de mer pour nettoyer les poils, les poêles, s’il avait peur des touaregs ou s’il pleurait en rêvant chaque nuit chaque veille d’un aigle grignotant sa foi. S’il caressait des têtes pour les couper sans se brûler. read more

Dévoiement passager

Disons que la construction s’est (sans doute) faite en plusieurs étapes.

La première est double. Jeux de cache-cache dans l’appartement paternel, le petit frère est derrière une cloison ou une commode ou une meuble enfin, nous sommes visuellement séparés. Le papa m’appelle moi, mon prénom tout seul et plus l’entité bouillie où nos deux noms se mélangeaient pour former une substance pâteuse, où je ne distinguais pas qui du frère ou de moi-même était quoi, quelle partie de notre duo nominal m’appartenait en propre.
C’est peut-être les nuits d’après ou celles d’avant, de toutes manières ça se frotte avec cette brusque séparation, un dragon orange brule la maison de la maman, elle meurt avec le frère, je suis seule dans la pelouse verte, je suis particulièrement seule. read more

Saut de puce

De la poussière qui sèche la bouche, un peu, partout. On traverse les cours comme les âges ; celle du milieu les bébés, ils morvent ils chouinent, ils ont eu un bac à sable qui est partie en douce pour « respecter les normes de sécurité ». La cour du bas, l’école est sur une pente assez violente, la cour du bas pour l’entre-monde, plus vieux mais pas encore trop. C’est ici que la poussière se déploie, nos replis de tissus et de peaux sont ses lieux de sieste. Avant, on avait un faux château en bois avec trois ou quatre tourelles reliées par des pontons à trou et de la dernière tourelle à droite en regardant de l’école on ne pouvait descendre que par une barre lisse en métal brulant pour les mains qui y glissent et pareil, disparu pour que ces petites normes de sécurité se fassent respecter. Du coup tu te rabats sous le préau immense où tu te cogne maintenant quand tu passe à la kermesse des petits, sauf que l’école est vide, les normes ont frappé sec cette fois, tout est désert, en attente, on peut y entrer sans craindre la concierge aux cheveux rouges courts qui habitait dans la cour du haut. En haut, pour les grands, dernière étape avant le collège, avec pour seul décor un panneau de basket interdit. Élevage intensif d’escargot sur les fenêtres de la cantine, un recoin en face au bout entre les salles de classes et la bibliothèque, ici tu t’ouvre la joue dans une bagarre contre les filles et le médecin te recoud dans le bureau du directeur, lieu de pouvoir avec une vitre qui donne sur la rue dehors, tu dira aux autres que t’as pas eu mal, en pleurs sur le fauteuil-rouge-le-plus-confortable-de-tous quand l’aiguille zigzaguait tranquillement. La grille verte de la cour du haut, le petit portillon blanc pour celle du milieu et en bas, une porte enchâssée qui débarquait direct sur le préau, les trois trouées qui te transvasaient de la rue à l’école et vice-versa. Passer d’une cour à l’autre sans sortir c’était seulement pour les grands, ou alors quand on devait aller donner un cahier rouge à une maîtresse en bas, tu franchit les grilles comme si c’était banal, mais tu te sens tout de suite plus important. En face de la bibliothèque (la cour du haut tu te rappelle) un arbre énorme, énorme au point que tu pense énorme avec des majuscules, toujours le fantasme d’y grimper, et ensuite de sauter de toit en toit loin des carrés et des crayons, hors de portée de la poussière. read more

Sérieux problème de taxinomie linguistique

je m’en fiche fiche fuuuscchh comme les scchhh de la jupe super longue ssshhhur le sol je m’en taaap taap tap taap taaap la tête par terre les talons qui clik clik clik à coté de mes oreilles qui blorumblorum blorumblorum ont peur des blorumbloroues du blorumchariot elles se fouutsss faufilent fouettent tout près flouttss fouettent l’air sur mes tympans schklpooum shkloumte les sacs résonnent en tombant près de mon corps silencieux par terre et elle se ssslz baisse en frictionnant de turbulences l’atmosphère elle chuchotte-crie en slurrp crachouillant dans mon lobe Relève-toi Ils te regardent T’aurais pu te faire écraser (brompsch) Allez s’il te plais lève toi mais je m’en fiushhh tant que le sol vibrrrrme read more

Quelle joie de trouver quelqu’un d’autre qui pense de cette façon.

Je ne me doutais pas qu’écrire sur Internet était ainsi gratifiant.

J’ai bien reçu vos cartes, elles portent à la rêverie, sont punaisées sur la barre de mon cycle accrochée au placard proche de mon lit. Je ne comprend pas l’anglais, mes amies m’ont conseillé de chercher avec Google, ma sœur me traduit les choses normalement, c’est maladroit mais corrige apparemment les fautes, je poste ici celles qui m’ont remuée. La traduction en-dessous pour ceux qui ne sont pas en phase avec la langue de Phil Colins. read more

Une héritière pour les Etats-Unis note la sous-évaluation du yuan sans crier Sabbatini.

« Bonjour Bronte… Tu savais que selon le Trésor, entre juin 2010 et le 16 décembre 2011, le renminbi s’est apprécié de 7,5 % contre le dollar ? » Dès qu’elle entend cette voix grave et veloutée, au mélodieux accent italien, Bronte sent son cœur s’emballer dans sa poitrine. Car si l’homme devant elle tient compte de l’inflation, qui a été bien plus importante en Chine qu’aux États-Unis, ce chiffre passe à 12 % sur la période, soit une appréciation de 40 % depuis 2005. read more

Vocalises stomacales

La renommée internationale de notre bien-aimé scientifique George Pérec n’est pourtant plus à faire, mais celui-ci nous a prouvé une nouvelle fois que la moindre de ses recherches égalait en sublime et en intérêt, en pertinence et en sagacité les sois-disant hauts faits de très surestimés professeurs (qui cherchent avant tout la gloire et les femmes – oui, je pense à vous, M. Einstein) : il a en effet produit une étude remarquable du lâcher de tomates sur troupeau de cantatrices, et ce en osant tester d’autres projectiles que la tomate, tout en pointant avec sagesse les caractéristiques primaires qui font de la tomate l’outil privilégié de stimulation vocale de ces créatures grassouillettes déambulant hasardeusement sur les scènes de nos plus beaux théâtres – on ne peut que l’en remercier, tant l’urgence d’une telle entreprise se faisait ressentir. read more