J’ai été (Robert, Roger) toute une vie (autour de « J’ai été Robert Smith » de Daniel Bourrion)

Daniel Bourrion, J’étais Robert Smith (éditions publie.net) est un court livre qui s’empare de cette figure mythique des années 80 que fut le chanteur des Cure. De son image, et de la copie maladroite qu’en firent nombre d’ados d’alors. Le narrateur aura été Robert Smith. Puis un jour, ne le fut plus. Nous avons été Robert Smith, avec lui, qu’on se soit ou non crêpé la tignasse au sucre et savon, au-dessus du lavabo familial, nous retrouvons durant toutes ces pages nos sensations et cette si longue attente qu’est l’adolescence. Il y a une génération d’écart et autant de représentations et usages du monde entre le narrateur de ce livre (ou l’animateur qui le propose en partage) et les participantes, mais ce qui est à creuser c’est la perception de quelque chose, via ce rapport aux idoles, de cet âge transitoire et des sensations qu’il porte, génériques & intimes – de l’intime vers le générique. Les textes sont à lire ici. read more

Je suis foot de toi.

Et je cours, je cours, je cours avec le ballon comme lié à mes pieds. Je traversais le terrain en évitant l’équipe adverse les tacles qu’ils voulaient me faire pour m’empêcher de m’approcher des buts adverses. J’ai failli perdre la balle mais non je la retiens au dernier moment et je m’approche des buts à la vitesse d’un aigle et avec la grâce d’un félin. Je nargue mes adversaires qui peinent à me rattraper et se placent devant moi trop tard. Je tire, et mon tir vole comme mué d’une raison propre, comme s’il narguait lui aussi mes adversaires. Je suis le ballon des yeux et je lève mes bras en signe de victoire lorsque le ballon entre dans les buts. Je laisse un cri m’échapper et mes coéquipiers sautent sur moi en criant leur joie, sous les acclamations des supporters qui scandaient mon nom sans relâche. read more

Compagnon d’un jour…

Un déménagement. Un de plus. Je ne compte plus. J’ai connu trop de camarades, trop de professeurs, trop de classes et trop de villes. Je ne veux plus me lier avec ces gens qui m’entourent. Je vais repartir. Je le sais. Nous ne restons jamais bien longtemps au même endroit. Parfois, ça dure quelques années. Mais plus depuis longtemps.

A nouveau, on me regarde. Je suis la petite nouvelle, la petite bretonne un peu boulotte, pas très bien habillée, pas très bien coiffée, que l’on observe de loin. Je fais pareil. Je ne m’approche plus. J’observe. read more

Et pourtant …

Ce soir, c’est LE soir. Premier concert. Enfin. Papa-Maman qui nous dépose moi et une amie devant un bar-concert plutôt classe d’où s’échappe des notes de jazz. Très « clean ». Le concert n’a pas encore commencé. Ouf. « Soyez bien sage ». Bien sur, bien sur. Une fois la voiture disparue au coin de la rue, on se précipite vers le bar miteux à l’autre bout de la rue.

Des crêteux et des gothiques s’agglutinent devant. On se sent un peu idiotes en entrant et en demandant les toilettes. Moins quand on ressort changées et maquillées, tout en noir, collant rayés et déchirés.
On se faufile entre les punks accrochés à leur bière. Arrivé au comptoir, on LE voit. Le chanteur. Celui du groupe qu’on vient voir. Celui avec ses cheveux en désordre, ses tee-shirts à textes et ses jeans troués. On a bien retenu la leçon. Même genre de tee-shirts, même trous aux genoux.
Il se penche et commande une bière au barman. Mon amie fait de même. On la boit en essayant de la tenir nonchalamment, comme lui, du bout de la main. On discute de musique avec un air inspiré pour se donner l’air important. On essaye de citer Sartre comme si on avait tout compris, et le marxisme comme si c’était une évidence. On regarde les gens « normaux » passer dehors avec condescendance, les plaignant de leur petitesse d’esprit.
Je me retourne pour jeter un oeil vers LUI. Une fille s’approche et l’embrasse. Une fille banale. Avec une tunique, un pantalon noir banal et les cheveux long et lisse. Une fille qui n’est sans doute pas marxiste comme LUI. Une fille beaucoup plus banale que LUI.
Et pourtant … read more

Je me vois

Je me vois, devant mon miroir, chantant à pleine voix des paroles qui ne sont pas de moi. Je m’imagine les projecteurs m’éclairant de leur chaleur, la foule m’acclamer de tout cœur. Je les entends, crier mon nom, reprendre après moi mes chansons. Je le sens, cet amour qu’ils projettent vers moi, et que je leur rend.

Je la vois, devant moi, chantant à pleine voix les paroles qui sont les siennes. Je l’imagine, soleil m’éclairant de sa chaleur, je l’acclame de tout mon cœur. Je m’entend, crier son nom, reprendre après elle ses chansons. Je le sens, cet amour qu’elle me donne en échange de mon adoration. read more

J’étais enfin libre !

Noël à l’internat ou plutôt quelques jours avant Noël, donc à l’internat, oui, cette endroit où on est enfermé, cette endroit clos et pourtant, oui, ce jour…

Des cadeaux avant Noël, ridicule non ? Mais pas le choix, les amies déballe le leurs, ridicule si je ne fais pas la même chose.

Je déballe mon cadeau, là bouffé d’air, bouffé de liberté, bouffé de tout, je m’échappe, je m’enfuis, je pars, je transcende : un T-shirt !

J’ai eu SON T-shirt ! Le t-shirt que je voulais, que j’ai vu je ne sais combien de fois dans cette boutique, ces heures passées à regarder ce smiley dessiné en jaune, jaune fluo, qui ressorter tellement de ce noir profond, qui était voyant ! Tellement voyant ! Enfin… pour moi… read more

La fin d’une icône de la jeunesse…

Joanne Rowling, née le 31 juillet 1965 à Yate, dans le Gloucestershire en Angleterre est une romancière anglaise mondialement connue sous le pseudonyme J.K. Rowling pour avoir publié la saga Harry Potter, dont les sept tomes ont été traduits dans près de quatre-vingt-dix-huit langues et vendus à plus de trois milliard d’exemplaires.

Jeune mère divorcée vivant d’allocations, elle avait commencé à écrire Harry Potter à l’école des sorciers en 1980 et avait dû attendre de longues années et l’aide d’un agent littéraire ; Christopher Little, avant que son livre ne paraisse en 1991 aux éditions Penguin. Le succès planétaire des six tomes suivants –ainsi que des hors-série– lui ont permis d’acquérir une fortune estimée en 2008 par le Sunday Times à près de 600 millions d’euros. read more