La vérité c’est que…

– Je jure de dire la vérité. – Menteuse. – Ce que je peux dire c’est qu’attendre c’est bien trop long, je préfère attendre le métro que mes rêves (c’est moins fastidieux).  – Rêver c’est important, plus important que d’attendre le métro. – Alors parfois plutôt que d’attendre le métro et oublier mes rêves je m’évade vers ailleurs. – C’est où ailleurs?  – Ailleurs, c’est… Quand je marche à travers les rues, j’explore les routes, les bâtiments, et tout est pourtant si vivant. – Et après ? – Au bout d’un moment, je ne le voyais plus. – T’aurais du prendre tes lunettes.  -En tous cas ce qui est sûr, c’est qu’il s’est perdu quelque part entre le rez-de-chaussé et le deuxième étage. On était entrés dans le même bâtiment pourtant, mais il n’était plus là. Plus à mes côtés. – Ahh… Les gens, y disparaissent… Regarde, comme pour mon compagnon. ZOOM. ZOOM. ZOOM. ZOOM. Il était avec moi, et plouffff dans l’eau !! Plus là ! T’as cherché dans le grenier ?  – Oui, mais pas trouvé. Je pense que lui aussi m’a cherché. Alors il a choisit de marcher, de déambuler parmi les différents couloirs aux sols au parquet gris. Puis il y est arrivé. – Ouiiiiii !! il l’a fait !!! Dans cette place spéciiiiale. – Mais c’était… différent. Des murs bleus, et non jaunes. Et un sol en gravier mais beige et non gris. 

 – Quelle énigme…!  read more

séance 8 – circulaires (disparitions d’une disparition), consigne et liens

Depuis la disparition, exercice d’écriture web partagée depuis une image, lancé par Sébastien Rongier sur remue.net

http://remue.net/spip.php?rubrique723

Cette image, je l’ai prise début janvier 2014. Passant devant ce petit parc, j’ai vu ce banc déserté. Puis, après quelques pas, j’ai fait demi-tour, j’ai attendu quelques instants. Et j’ai pris cette image. Un peu inquiet, un peu terrifié. Et plus tard, un peu amusé me rendant compte que l’image (celle vue, celle prise) était une surface de projection. Ce qui avait vacillé en moi était l’idée de la disparition. Parce que j’ai toujours été très ébranlé et inquiété par les chaussures laissées dans la rue, souvent au bord d’un trottoir, par les vêtements étalés dans l’absence des corps sur d’autres trottoirs ou routes des villes. Mais l’on pourrait sans doute envisager d’autres interprétations, d’autres chemins d’imagination… read more

Chercher Char…un rapport entre 5 textes, ou comment endosser la casquette d’inspecteur…

 Je mets ma casquette d’inspecteur, et je commence à chercher des liens entre ces 5 textes.

Une lecture, lente et attentive s’impose…inspecteurgadget

Voilà, J’ai finis. Commençons…J’ai tout d’abord pensé au point de vue du narrateur : la manière de raconter du personnage principal (alors le narrateur) dépend de ses sentiments et sensations, sa manière d’être et d’agir. Puis il faut se rendre à l’évidence :

Texte 1 : « Cette fille-là. Sur ce maudit banc en pierre. Cette fille qui portait un gilet bleu. Un sac à main blanc comme une vierge. Et ce paquet orange ridicule. » read more

Cinq textes témoins pour une même affaire

Souvenirs de guerre, souvenirs du bon vieux temps, souvenirs d’un amour qui n’a peut-être même jamais existé, souvenirs de disputes, souvenirs d’une scène de violence et d’une disparition. Mais quelle est l’origine commune de tout cela ?

Il est question de sacs parfois, vous avez remarqué ? « nous aimions les sacs en cuir blanc », « et toujours un paquet à déballer », « je me trimbale avec son sac pour le déposer chez sa mère », « oui, c’est à elle, le sac aussi avec les chaussures dans la boîte »… read more

Où est Charlie ?

L’origine des textes ? Selon moi, la consigne était de parler d’une disparition, témoigner de ce qui s’est passé : à un autre ou faire des hypothèses seul. La disparue est une femme. Elle a l’habitude de s’asseoir sur un banc : soit elle y est dans son souvenir, soit elle y laisse ses affaires. Ses affaires ? Un sac blanc, un gilet ou pull bleu et un paquet ou une boite. Il devait également y avoir d’autres obligations : mentionner un couteau, un viol, une vierge. Donc, imaginer que la fameuse fille sur le banc s’est faite violé ? read more

Ma version de l’histoire

« Je jure de dire la vérité. »

Le gilet, le sac, les chaussures. Je l’ai trouvé le point commun. Ou plutôt : les points communs. Le gilet ? Toujours bleu. Le sac? Toujours blanc. Sauf dans un texte, il me semble, où la couleur n’est pas précisée. Les chaussures ? Ah… les chaussures! En fait, il s’agit plus exactement d’une boîte à chaussures. Je crois. Mais je ne suis plus certaine : est-ce qu’ils en parlent tous ? Si ça se trouve, le point commun de ces textes, c’est même quelque chose de totalement différent. read more

Question existentielle

Je jure de dire la vérité. Et si le diable ouvrait la fenêtre d’un coté alors le bon dieu la refermerait de l’autre ? Que pensez vous voir entre les deux ? (plusieurs réponses possible)

Une veste bleue, des chaussures et un sac,

Les mains libres, la voix haute, un air de tout devant mes riens,

Une femme qui disparait,

Un bel arbre bien droit et des centaines d’oiseaux alignés,

De la nudité,

25€,

L’origine des faïences, read more

Pense bête

Elle/Femme

  • Enlever traces de cambouis, de goudron et de graisse

  • Racheter pommade et pansements

  • Prendre nouvelles de maman

  • Laver gilet bleu

  • Acheter sac à main blanc

  • Ramener boîte à chaussures

  • Prendre le temps de se rhabiller

  • Enregistrer série TV

  • Ne pas louper heure du train

  • Retirer argent à la banque

  • Emmener sac chez belle-mère

  • Poser main sur table en cas de panique

  • Remettre rouge à lèvre

  • Être nue

  • Remettre couverture

  • Ne pas crier

  • Se faire à l’idée

Lui/Homme

Rincer bottes en caoutchouc

Récolter oranges read more

séance 8 – Les textes d’origine

 1 -Benoit Jeantet | Je jure de dire la vérité

 

Je jure de dire la vérité.

Je suis né au bord d’une rivière. Comme tous ceux qui vivent quotidiennement au bord de l’eau, l’amitié, la mélancolie et une paire de bottes en caoutchouc m’étaient peut-être plus nécessaires que l’amour. Toute ma vie aurait d’ailleurs pu se dérouler dans l’atmosphère quelque peu irréelle et vieillotte des bois flottés. Et pourtant. Quand il a fallu, alors j’ai pris cette fille de ferme pour femme. Elle n’était pas là pour être aimée, j’avoue que ça tombait bien. Elle connaissait toutes les astuces, les petits trucs pratiques qui permettent d’enlever les traces de cambouis, de goudron et de graisse. Elle avait appris très tôt à lire dans le regard de ceux qui commandent. Elle savait depuis toujours que la violence est une maladie. Un virus qui peut faire enfler la peau. Puisqu’il a bien fallu, alors j’ai pris cette fille de ferme pour femme. Cette fille de ferme lavait et reprisait, étendait notre vie à sec. Notre vie, elle la frottait. La mouillait. La rinçait. Un soir, il y avait déjà plusieurs semaines qu’elle faisait ça, alors je l’ai saisie par le poignet et par la poitrine. Je l’ai entrainée dans l’appentis où l’on entasse le charbon parce qu’il y fait sombre, et, en la menaçant de mon couteau de chasse que j’ai placé sur sa gorge, je l’ai contrainte à avoir avec moi des relations intimes. Le lendemain, je suis parti au régiment. read more