Category Archives: Exercice 1 – Petits Grands Meaulnes

géographies rétrospectives

Nous explorons le travail et les préoccupations de Nathanaël Gobenceaux, et sa résidence d’écriture numérique chez Livre au centre : le blog http://geographies.livreaucentre.fr/. Comment un auteur s’inscrit sur le web en priorité – nous nous attarderons sur le CV de Nathanael, sa dispersion en plusieurs blogs.
Ses propositions d’écriture en ligne vous nous servir aujourd’hui. Celle-ci :
La proposition d’écriture autour du Grand Meaulnes :

Proposition : (d)écrire le plan de son école primaire

Dès la première page du Grand Meaulnes, Alain-Fournier décrit le plan de son école, haut lieu de la première partie du roman, le lieu où tout commence.

« Nous habitons les bâtiments du Cours supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j’appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le Cours moyen. Ma mère faisait la petite classe.
Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg; une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le côté nord, la route où donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, à trois kilomètres ; au sud et par derrière, des champs, des jardins et des prés qui rejoignaient les faubourgs… tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie – demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, nos aventures. »

Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes

 

Consigne : (D)écrivez le plan de votre école primaire – sans passer par le web (exercice de mémorisation sans assistance, de déconnexion pour confronter par la suite avec éléments connectés ; écriture en deux phases, au bout d’un temps, confronter son texte avec une éventuelle documentation, en discuter au moment du retour.)

Ce paradoxe de confronter l’écriture géographique, architecturale, dans sa grande organisation logique (a priori), géométrique, à cette mémoire enfouie et fantasque, celle de l’enfant qu’on était. Frottements fiction réel induits par ce noeud impossible.

Tant de souvenirs…

J’y ai passé toute ma scolarité :13 ans. Le souvenir est encore net mais sûrement dépassé!

L’entrée principale donne sur la place du village. L’établissement en est séparé par une succession de barres que j’ai connu de différentes couleurs au cours des années : « la grille de l’école » comme nous l’appelions. Même si je ne mesurais que la hauteur de quelques pommes le premier jour où j’y ai mis les pieds et pas beaucoup plus quand je l’ai quitté, la hauteur de cette haie de fer n’était pas impressionnante.

Des l’entrée, à gauche du « chemin principal » une bâtisse en pierre, un brin rétro : Fief des plus petits. On y entrait par une porte en bois ancienne, avec plein de petites vitres carrées. Les fenêtres étaient assorties. A suivre, en continuant notre visite, la cours bétonnées des petites et moyennes section, suivi d’un préau. Une haie d’arbre derrière aurait pu nous faire croire que c’est là que s’arrêter le monde des plus jeune,  mais une cours secondaire, d’herbe, avec une cage à écureuil s’intercalait avec les premiers pré-fabriqué des primaires. Il y faisait si chaud l’été. Logique : d’abord les CP, puis les CE1, CE2 , CM1 et CM2. Dernière ligne droite avant l’autre monde : LE COLLÈGE. Belle brochette de classes aboutissant à un nouveau grand préau interdit aux petits, quelques toilettes extérieurs. Je me souviens des petits loquets du type  » tire la chevillette  » qui avaient limé le bois des portes peintes en marron (bricolage fait, refait et re-refait par l’intendant). Toujours dans l’alignement, derrière, une nouvelle limite d’arbres cache le gymnase et un grand terrain vert pour les activités extérieurs  (qui servait accessoirement aussi aux kermesses). Et, adjacent, un petit terrain de terre battue et de graviers blancs donnant sur un portillon menant à un espace boisé ou se perdait un nouveau pré-fabriqué dédié aux expériences de technologie et de sciences. Puis encore un peu plus loin dans cet étrange endroit, là ou il n’était pas question de mettre le nez : les « appartements de MONSIEUR Matthieu : Le DIRECTEUR!

Revenons vers les classes, pas question de faire tout le tour par le gymnase, en face du « pré-fabriqué des travaux pratiques », un haut mur de pierres salies par le temps que l’on traversait par un passage assez grand pour faire passer une classe de petits monstres en furie. Quelques mètres et nous voilà nez à nez avec le dos d’une ancienne chapelle. École privée oblige! Dans mes dernières années, elle avait été réhabilité : on y avait très joliment aménagé le secrétariat, des bureaux et une superbe salle de spectacle pleine de charme.

On fait le tour . Chapelle à gauche, la limite d’arbres ( celle qui cache le terrain de sport) à droite et là on retrouve la GRANDE cours, celle ou primaires et collégiens se retrouvent pour se chamailler « le pouvoir du plus grand et du plus fort ».

Sur la gauche,  collé à la chapelle, un immense bâtiment de pierre forme un angle. Ici, un grand escalier. Le midi, c’est devant qu’on s’alignait, sagement, par classe, pour avoir le droit au réfectoire! En plus des cuisines et des salles de repas, s’ enchainées sur plusieurs étages les classes de collège. Un nouvel angle que termine un autre préau : celui des grands (pas question d’y voir un 3em avec un petit CE2!)

Nous sommes là, au centre de la GRANDE COURS PRINCIPALE!

 

« L’école du haut »

L’école primaire : un endroit qui reste en mémoire. C’est là que l’on a nos premiers contacts avec la vie en société. C’est à cette période que nous rencontrons d’autres enfants, d’autres adultes aussi et surtout que nous passons notre temps a jouer. On utilise chaque recoin pour s’amuser : on s’en fait des cabanes, des jeux, des défis…Tout ce qui s’y trouve nous sert.

Je me souviens de mon école primaire, comme un endroit très grand : elle était séparée en deux parties « l’école du haut » pour les maternelles, CP et « l’école du bas » pour le reste. Mais « l’école du haut » sera suffisante pour une description.

Donc pour mettre en contexte, elle est située à côté d’un cimetière. Pas vraiment génial pour une école, mais on s’y fait. Quand on est devant, la cours paraît grande surtout en longueur. Tout au bout, on peut voir un petit endroit avec du sable accompagné d’un tout petit abris où on se mettait dessus pour dire « cabane ! » ou pour montrer qu’on était le plus fort. Sur toute la gauche, il y a les différents bâtiments regroupant les classes. Celui le plus au bout était fait avec une rampe pour handicapée et des escaliers. De dehors, on voyait les différentes décorations faites par la classe. Il y avait des mosaïques sur les murs qui, je crois, formaient des poissons et une mer.

L’immeuble à l’entrée semble vieux : due à ses pierres sûrement et est habité au dessus des salles de classe. Il n’a rien de particulier, juste des rideaux aux fenêtres et aux portes pour ne pas que les élèves soient déconcentrés. Entre les deux, il y a une petite cours avec un garage qui ressemble à un manoir de sorcière à cause de ses pierres rouge. Le préau est à droite en arrivant, on y trouve des pneus de tracteur, comme dans la cours. À droite du préau, un grand terrain avec une balançoire où on peut aller quand il fait beau. Un grand grillage sépare le terrain de la cours. Le terrain est lui-même séparé du cimetière par un mur.

Aujourd’hui, cette école a subie beaucoup de changements. Certes, elle est toujours située à côté du cimetière mais le terrain a été remplacé par un parking. Les bâtiments de l’école sont toujours utilisés: l’un est encore habité et l’autre a été transformé en garderie. L’école du bas a été changée en différents bureaux avec notamment la poste. Une autre école a été construite, mais cette fois, en face du cimetière. La cours me paraît moins grande mais les locaux regroupent tout le monde et sont à la fois modernes et colorés.

 

 

 

Mélanscholia

Dans cette longue rue large qui mène au Jardin des Plantes il y a mon école Elle s’étend sur deux rues, d’un côté rue Bosnières, de l’autre rue aux Juifs; Pour y accéder on passe soit par la rue Sophronyme Beaujour, si on vient du Jardin des Plantes, c’est plus direct si on vient de la rue du Chanoine Xavier de Saint-Pol ou bien si on descend le Gaillon. On peut aussi couper par la cantine, mais pas sans y être invité.

Le portail de la maternelle est dissimulé par la salle de jeux côté rue, dont les fenêtres sont les cadres où on suspend les échasses en plastiques multicolores, les cordes à sauter et les cerceaux. C’est le lieu de la gymnastique, des contes et des anniversaires. Si on longe le mur, il y a la grille bleue de la cour des grands qui ouvre sur le bâtiment le plus imposant, sur deux étages, avec quatre salles occupées à temps plein et deux pour l’art plastique et les langues étrangères, théâtres de récré sauvages. Un large préau lisse, où on jouait au foot, même mal, et une cour qui était un terrain dangereusement fréquentable, où les parties de basket se mélangeaient aux parties d’épervier, dans un charmant chaos, encerclé par des groupes de filles plus ou moins sages qui jouent à l’élastique ou s’assoient sur le muret, adossé à la barrière pour jouer aux cartes ou bavarder; Aux extrémités du préau, il y a à gauche la cantine, à droite le bureau de la directrice. Je n’ai fréquenté ni l’un ni l’autre. Au milieu les WC. En face du préau, un couloir vitré d’où les petits maternelles sur la pointe des pieds peuvent espionner les grands.

Derrière la cantine, côté rue aux Juifs, il y a l’école pour les CP jusqu’au CE2. Grillage avec vue sur la cour des maternelles dont les yeux pétillent d’admiration, dame qui fait traverser toujours souriante. C’est comme dans l’autre bâtiment mais en plus rassurant.

Il y a aussi ces buissons derrière lesquels on apprend à jouer aux cartes. Derrière le grillage fin, il y a la maternelle avec son bac à sable où on ne trouve plus charmant, une fois devenu grand, de voir le chat de la concierge se promener. Un toboggan, colossal pour ses usagers, trône magnifique et en dessous s’exerce une foire au sable fin ou humide. Il y a quatre classes, une pour chaque section, décorées très artistiquement et avec beaucoup de bonne volonté. Et puis il y a la salle de sieste, celle qu’on aurait aimé fuir, et qu’on regrette plus tard.

La fin des trognes est arrivée

Unités CP à CE1. Une allée en montée. On arrive sur la piste. Des grilles bleues rouillées autour. Au cas où on s’échappe. Mais pas besoin de barrière. Il y a déjà plus d’un monde ici.
À droite l’île déserte. Une sorte de tente : le repère des indiens. Ou une falaise pour les alpinistes. Puis la mer, le champ, le ciel. On la traverse. Le banc des éperviers. Le passage sous terrain invisible sous la haie. On peut s’y perdre et même s’oublier.
À gauche le préau. Cabane protégée. Temple avec ses colonnes élastiques. Sable fin et département des secrets.
En face la grande maison. Bâtiment en bois remontant à l’ère des chimpanzés. Course de vitesse et sol amortisseur.
S’étendant au fond les salles d’entrainement cérébral. De droite à gauche, on monte les grades. Tout est une question de marches et de portes. Et dans le coin le couloir de l’administration et de l’alimentation par rebond.
On longe les salles ponctuées par des blocs fleuris. On peut y trouver des billes perdues et ainsi sauver nos vies. On arrive à la grille. L’arrivée des cars. Comme une issue de secours.
On tombe sur l’île aux rochers. Coin de Robinson avec son cartable et sa tante oie.
Le terrain bleu de combat à raquettes nues. Balles oranges régénératrices ou mortelles.
À côté la maison des clowns et des artistes. En passant par les montagnes russes, on arrive au chalet. Mais il n’y a pas d’ours ici.
On se retourne face à une allée de marronniers. Souvent déplumés. Rendant invisible n’importe qui.

Retour au point de départ. On file à gauche. Unités des gradés CE2 à CM2.
Large champ de bataille. Armes blanches et noires redoutées des viseurs à lunettes.
Même configuration que l’unité précédente. Au fond les salles. On retrouve les blocs et la sortie de l’alimentation par plateaux. Même marronniers démunis.
Ici on joue sérieux. Tout à gauche. Le bureau des capitaines. On s’y sent grand. Les salles de bains sombres. Et le hangar à vélo. Cimetière et terrain vague pour les dissidents de la marche à pied.

École de première garde. Commandant Joachim du Bellay. En exercice de 1960 et des poussières à 2004. Ruines pouvant être visitées. Parking libre.

Ecole Notre-Dame, La Tessoualle

Cette description à lieu quand je n’arrivais pas en retard le matin, ce qui était assez rare à l’époque.
Le parking, que ma mère n’a jamais vu puisqu’elle me laissait au bout de la rue pour ne pas être en retard ou bloquée avec le camion des éboueurs, était toujours désert quand j’arrivais. Le portail, avec la directrice sur le point de le fermer, est la première vision de mon école que j’avais le matin. Je me souviens très bien de ce portail, car c’était nous qui l’avions peint avec nos petites mains.

Une fois le portail passé, une grande allée de graviers (quoique maintenant ce soit du béton) mène jusqu’à la cours de récréation. A droite du portail, une petite allée nous emporte à la classe de CP. Ce sont des bâtiments en pierres, qui datent de l’époque où les maîtresses étaient encore des nonnes. Je détestais cette salle car quand j’arrivais en retard, je devais passer par elle (il y a une porte qui donne sur le parking), devant tous les petits qui me regardaient.

Revenons à la grande allée. De chaque côté il y a des étendus d’herbes, avec parfois des poules à gauche. (A droite, on pouvait y faire des guirlandes de pâquerettes en été).Tout au bout de la pelouse de droite, et donc après la classe CP, se trouve l’école des grands (CM1 et CM2). Jaune et rouge, en tôle.

Quand on arrive au bout de l’allée principale, deux chemins s’offrent à nous, l’un pour les toilettes (à gauche) et l’autre pour accéder à un banc en pierre, puis à une autre allée pour accéder aux classes de CE1/CE2. A côté de ces classes en préfabriqué, encore un petit bout de jardin.

La cour était bordée de buissons verts et moches, mais tellement utiles pour se cacher.

De toute façon il y avait des arbres partout!

A gauche de la cour se trouve le préau, assez grand pour contenir une ribambelle de gamins surexcités à chaque récré. Il y avait un tableau, une marelle, une table de ping-pong et un petit endroit qui sentait mauvais pour ranger les échasses et les vélos.

à la suite de ce préau venait une côte par laquelle on accède à la cour de récréation des grandes et moyennes sections, puis la cour des petites sections, barrée par un portail tout gris et tout triste. L’autre cours avait également une limite puisqu’on n’avait pas le droit de dépasser une ligne blanche qui séparait les grands des un peu moins grands. Cette cour est bordée de salle, dans lesquelles je ne suis jamais rentrée puisqu’elles ont été construites plus tard, quand j’étais dans la cour des grands. Mais à gauche se trouve la salle de motricité, là où on faisait nos jeux et nos siestes. Je m’en souviens très bien car le sol était très dur et le parquet très moche (mais on n’avait que ça à regarder lorsqu’on n’arrivait pas à dormir).

Du bâtiment des maternelles, je ne me souviens que des dortoirs, parce qu’il y avait de vrais lits superposés.

J’ai oublié la grande pelouse interdite, car il y avait des sapins dans lesquels on grimpait.

Je m’arrête là

 

et je me passe de vous décrire la cantine.

Merci Charlemagne

École Jacques PRÉVERT
Un immense bâtiment divisé en trois parties :

Côté gauche : le temps de la vie en société commence, c’est la maternelle.
De l’autre côté, déjà un peu plus dur : le primaire et le devoirs nous tombe dessus.

Tous les deux possèdent une cours, différente selon l’âge.

La maternelle possède une cabane en bois, des balançoires et autres divertissements pour enfants.
Du côté des plus grand, une cours avec deux préaux, une marelle et un grand terrain multifonction (en effet il est à la fois terrain de foot, de basket et de hand; ingénieux non ?)

Mais une chose les unie : la cantine.

Une entrée principale, commune aux deux parties, avec à l’entrée une petite place pavé de vieilles pierres blanches. Et un milieu : un seul grand lampadaire ( mon frère s’est d’ailleurs ouvert l’arcade, aidé de son charmant camarade qui l’a projeté violemment. Merci !)

A première vue, un bâtiment peu attirant.
Mais les rires d’enfants qui s’en dégagent nous font oublier les apparences.( se moquent-ils du sol vert pétant situé dans tout le    bâtiment ?)

Une vie d’insouciance, bien loin de moi aujourd’hui.
Mais pourquoi le cours de la sieste a t-il été supprimé alors que j’en ai temps besoin aujourd’hui ?

 

 

 

 

Saut de puce

De la poussière qui sèche la bouche, un peu, partout. On traverse les cours comme les âges ; celle du milieu les bébés, ils morvent ils chouinent, ils ont eu un bac à sable qui est partie en douce pour « respecter les normes de sécurité ». La cour du bas, l’école est sur une pente assez violente, la cour du bas pour l’entre-monde, plus vieux mais pas encore trop. C’est ici que la poussière se déploie, nos replis de tissus et de peaux sont ses lieux de sieste. Avant, on avait un faux château en bois avec trois ou quatre tourelles reliées par des pontons à trou et de la dernière tourelle à droite en regardant de l’école on ne pouvait descendre que par une barre lisse en métal brulant pour les mains qui y glissent et pareil, disparu pour que ces petites normes de sécurité se fassent respecter. Du coup tu te rabats sous le préau immense où tu te cogne maintenant quand tu passe à la kermesse des petits, sauf que l’école est vide, les normes ont frappé sec cette fois, tout est désert, en attente, on peut y entrer sans craindre la concierge aux cheveux rouges courts qui habitait dans la cour du haut. En haut, pour les grands, dernière étape avant le collège, avec pour seul décor un panneau de basket interdit. Élevage intensif d’escargot sur les fenêtres de la cantine, un recoin en face au bout entre les salles de classes et la bibliothèque, ici tu t’ouvre la joue dans une bagarre contre les filles et le médecin te recoud dans le bureau du directeur, lieu de pouvoir avec une vitre qui donne sur la rue dehors, tu dira aux autres que t’as pas eu mal, en pleurs sur le fauteuil-rouge-le-plus-confortable-de-tous quand l’aiguille zigzaguait tranquillement. La grille verte de la cour du haut, le petit portillon blanc pour celle du milieu et en bas, une porte enchâssée qui débarquait direct sur le préau, les trois trouées qui te transvasaient de la rue à l’école et vice-versa. Passer d’une cour à l’autre sans sortir c’était seulement pour les grands, ou alors quand on devait aller donner un cahier rouge à une maîtresse en bas, tu franchit les grilles comme si c’était banal, mais tu te sens tout de suite plus important. En face de la bibliothèque (la cour du haut tu te rappelle) un arbre énorme, énorme au point que tu pense énorme avec des majuscules, toujours le fantasme d’y grimper, et ensuite de sauter de toit en toit loin des carrés et des crayons, hors de portée de la poussière.

Petits souvenirs d’une tendre enfance

Sous le préau, des lianes se mêlent au rhinocéros. L’animal sourit aux enfants, peu intimidés de le trouver là. Certains, plus peureux, s’imaginent qu’il sortira un jour de la peinture murale. Il est si imposant comparé à eux.
A côté de la bête, il est possible de se divertir à la marelle. Une grande, chaque case fait approximativement cinq fois le pied de l’un des joueurs.
Il y a aussi un toboggan, de 40 mètres de haut vous dira n’importe quel enfant. Un bac à sable tellement profond qu’il est directement relié à la Chine.
La cour de récréation est bien l’élément le plus important d’une école primaire (point de vue partagé par tous ses élèves en tout cas). Le reste se résume en quelques mots : murs en brique pour « les grands », préfabriqués pour les « petits », le tout formant un majestueux L avec tous les jeux au milieu. Les toilettes se situaient à l’extrémité des préfabriqués, assez loin des murs en brique pour que se produisent parfois des « accidents ».
Le tout est entouré d’herbe verte l’été et jaunie l’hiver, d’une route face au portail vert de l’entrée mais qu’il ne faut absolument pas traverser.