Category Archives: Séance 9 – D’instin

10 propositions pour un GI en 140 | Maryse Hache

rebond aux 10 propositions pour un GI en 140 de frédérique cosnier

1.@général_instin sans h je te salue sous l’aubépine dans l’air passent des roucoule tourterelles tu as coupé les buis et tilleuls attendent

2 .@general_instin sur ta tombe près du grand noyer tes ossements rigolent leur albâtre poudré en compagnie du grand chien rouge et trois chats

3. tu les vois bien @general_instin tes petites filles elles chantent la ronde ton souvenir et jouent au sable près du champ des rouge glaïeuls

4. @general_instin tu as échappé à la guerre des pierres de cimetière descendu en aucun tombeau revenu d’entre les morts fleur à la boutonnière

5. toutes ses vies que tu déploies @general_instin et toutes ses médailles sur ton manteau bientôt mardi-gras je peux en prendre quelques unes

6. @general_instin et si jamais tu l’avais revue aller tendresse en tes vies errantes tu l’aimerais encore ta belle fiancée aux boucles blondes

7.@general_instin je suis la concierge fernande du 43 le corbeau est encore dans l’escalier que tu sais et aux heures pâles il redit ton nom

8. oui @general_instin t’en veulent encore de cette cinglerie les nièces que tu les faisais s’agenouiller sur règle pendant une matinée entière

9. @general_instin tu n’as pas cru à sa mort à elle hein des morts aux tranchées avec fusils c’est pas comme un lit ton amour et crac cardiaque

10. au pépiement des moineaux @general_instin se met au garde à vous sans h et fait ses possibles pour devenir bel iris bleu parmi les iris bleu

 

MAryse Hache est auteure, voir son blog le semenoir et son livre « Abyssal Cabaret », chez publie.net

10 propositions pour un GI en 140 | Frédérique Cosnier

1.    Pas voir d’instin tes couleurs / Pas s’en trouver plus seul / Quelque chose nous abreuve / de brume
2.    Sous le saule / pour tes épitaphes / nos mémoire aphones / chantent en muet
3.    Mais qui est cette petite-fille / qui te pleure ? / Gibus tromblon à la main / souvenir de son père
4.    Inconnu à ton adresse / mortuaire / Il faut refaire le tour / de tous les cimetières en fleurs
5.    Quels sont ces noms / qu’on fréquente à l’aveugle / Passant les doigts sur / des boutons dorés d’uniformes ?
6.    Et si ton corps n’avait jamais mordu la poussière ?
7.    Bonjour Général. Je suis ta tante. Et ma perruque est pleine de vers.
8.    Non Général ! Ton cousin n’est pas le petit Del Dongo ! Lui s’est sorti vivant de Waterloo ! Ah mais j’apprends / qu’il serait mort hier.
9.    Dis-donc, ne fais pas ton fier / Tu n’en menais pas large / hier / à l’hôtel du Cortège Noir
10.  À l’aube, au cri de l’alouette, Général I. s’agenouille / et pleure en forme de rose trémière

Frédérique Cosnier a publié PP poèmes précis en 2008. Hippocampe dans la ville est en cours d’adaptation musicale avec Li (musique électronique). Elle publié le poème « Masque de figure » dans la revue Dissonances et Timgad beau milieu sur remue.net. Merci à elle de sa contribution.

exercice 3 – invocation

Nous parcourons les pages facebook et twitter du général instin.

Écriture
S’adresser au Général en format tweets, c’est à dire en 140 signes

exercice en cours … à distance … participants extérieurs bienvenus… (@)guenael.boutouillet

exercice 2 – évocation

Partant de ce que patrick chatelier a fait en atelier instin… à Arcueil, en 2007.

« Gilbert apparu
Un jour pendant l’atelier, Gisèle nous raconte qu’elle a inventé un personnage quand elle était adolescente, dans les années 1930, mélange de frère aîné, cousin et petit ami. Elle parlait de lui avec sa camarade Madeleine avec laquelle elle rentrait chaque soir de l’école ; elle lui racontait par exemple avoir vu Gilbert, avoir promené le chien avec lui, qu’il voyageait souvent, qu’elles devaient le rejoindre à Agadir… Cette fiction a cessé au moment de la guerre quand Gisèle et Madeleine ont été séparées.
En entendant cette histoire remontée à la surface sans qu’elle sache pourquoi, je dis à Gisèle qu’elle a trouvé son Général Instin. Gilbert, personnage imaginaire oublié puis extirpé des limbes, va devenir une entité de l’atelier que nous utiliserons lui aussi sous différentes formes. »

Écrire une biographie de « notre » général instin,c’est-à-dire : un aïeul imaginaire et légendaire, se documenter et se nourrir de ressources en ligne pour ce faire.

Eudoxie

Brave fille d’Oosterzele, à la chevelure crollée, Eudoxie était née dans une famille de commerçants, sensibles aux arts mais rustres. Bien élevée et travailleuse, elle rencontra bientôt Léon jeune wallon séduisant et viril originaire de la province de Mons, dans le Hainaut. Elle quitta bientôt sa Flandres natale  et sa famille pour le sud,  et s’installa dans le mariage et la maternité multiple, braillant sur une portée d’enfants, talentueux bisbrouilleurs qui lui faisaient des misères pour ne pas avoir à finir leur chicons. Quand Léon était là c’était bien, sinon les petits d’Eudoxie se débrouillaient alors qu’elle travaillait comme femme d’ouvrage, s’échinant à faire blinquer des banques et des maisons bourgeoises.

Bientôt Léon fréquenta une allemande, oubliant ses belles promesses, et puis, malgré la mort de celle-ci, il garda l’habitude de rentrer à pas d’heure, préférant le vieux peket et les bières trappistes avec les gars de la mine à ses enfants et à sa femme. Eudoxie passait donc ses soirées à pesteller dans ses slaches, souper seule, jusqu’à ce que Léon rentre, tout bittu ; il baragouinait alors qu’un stuut l’avait retenu, qu’il n’en pouvait rien, sans montrer vraiment de remord. Ça mettait Eudoxie dans tout ses états et la margaille laissait chaque fois Léon plus étourdi que lorsqu’il était rentré. Elle finit par se dire que ce n’était qu’un snul mais finit tout de même sa vie à ses côtés.

Malgré toute sa bonne volonté, on n’a retenu d’elle que son sale caractère, ma pauvre arrière arrière arrière arrière grand-mère.

Ce que le catéchisme ne nous dit pas

Joseph Valmont Flux (1889-1921), Prêtre

Quand on y pense, toute la lignée Flux aurait pu se terminer là. Un prêtre a rarement l’occasion de transmettre son nom de famille, ou que illégitimement. Mais Joseph c’était un vaillant comme disait le médecin de l’époque. Et sa femme. Surtout sa femme.

C’était l’effet chasuble qui les faisait chavirer. Il était l’homme inaccessible qui faisait rêver, le gentil curé du village. A peine opportuniste, il n’a pas du tout saisi cette occasion pour créer de petits Joseph Valmont Flux un peu partout dans la région Centre.

Depuis on n’a pas tellement bougé c’est vrai. Les parents nous racontent toujours l’histoire de cet homme, grâce à qui nous sommes aujourd’hui si nombreux.

Aïeul voyageur.

« Clothaire Bondoy

Né en 1841 et mort en 1891.

Personnage important du 19è siècle. Musicien très perfectionné jouant dans les salons pour satisfaire les classes bourgeoises dans la vie, il se passionne pour les inventions et le bricolage à ses heures perdu. À l’âge de 30 ans, il parvient, après beaucoup d’acharnement,  à inventer la machine à remonter le temps. Afin de vérifier son fonctionnement, il décide de la tester lui-même. Il réussi à revenir en 1791, année où Mozart meurt. Cependant, il le trouve sur son lit de mort et ce dernier n’ayant que lui comme recours, lui donne les notes qui allaient faire sa dernière œuvre : Requiem en ré mineur. C’est ainsi que Clothaire Bondoy a pu la composer à l’époque du célèbre musicien et donc sauver une œuvre devenue  aujourd’hui importante. »

Voilà ce que dit le dictionnaire à propos de mon « aïeul ». Je n’ai malheureusement ou heureusement pas hérité de son goût pour voyager dans le temps, mais une chose est sûre : la musique est restée…avec du tambour.

Rambue, enjambages

« Beaucoup séduits par le mirage scintillant
dont l’or des galions auréola l’Espagne
dès l’âge de seize ans se mettaient en campagne
et gagnaient à cheval le plateau castillan. »

Vers attribués à la scientifique et poétesse Rambue Verbillhau, pour évoquer son immigration précoce du village ardéchois Coucouron pour les lumières de l’Andalousie, où elle résida en errance entre Séville et Grenade. Après avoir étudié malgré les sceptiques ce que l’on nomme maintenant diabète, elle s’enferme dans une petite maison dans l’Espagne profonde, village rural où sont élevés des porcs qui empuantent tant la ville que leur odeur est une seconde peau pour la narine locale. Elle y abandonnera ses enfants et s’enfuira vers le rêve américain, qu’elle choisit central en se rendant au Nicaragua. Elle croisera William Walker, un aventurier qui, sous ses conseils, prendra d’assaut le pays et le gouvernera le temps d’une courte dictature. Rambue Verbillhau, effrayée qu’une blague se soit transformée en bain de sang, fuit et se décide à éviter à présent le métal froid de la civilisation occidental en disparaissant au cœur de la foret amazonienne, dont seul des bribes de poèmes gravées sur arbres et rochers nous sont parvenues. Une femme d’éclat, qui savait manier la hache.

FEMME Napoléonienne?

« Le règne de Napoléon a été une parenthèse à la fois sanglante et glorieuse entre le Révolution et la Restauration dite bourgeoise. Il laisse une œuvre qui lui a survécu : le Code civil ou Napoléon. Globalement réactionnaire, ce code donne aux femmes un statut discriminatoire et régit de façon inégalitaire les relations entre les sexes. Ainsi, à la question  » qu’est ce que la femme « , la réponse apportée est claire : un être de second rang si elle n’est pas mariée, un être mineur et incapable si elle est mariée. Nuls droits politiques ou civils ne lui sont accordés. Ce code institutionnalisait en droit l’infériorité de la femme. »

Voici les propos on ne peut plus réduit d’un article trouvé sur internet. J’aurais sûrement approuvé sans broncher si je ne connaissais moi-même toute la vérité. La vraie!!

Je l’ai découverte lors de recherches complémentaires sur mon arbre généalogique. J’avais entendu l’histoire de mon aïeule, mais je prenais cela pour une légende transformée de génération en génération .
Il faut remonté du côte de ma mère pour être plus exacte et du côté de sa mère pour rentrer dans le détail. En fait, c’est une véritable histoire de femmes. Et surtout de famille :

Née en 1896, sous le Gouvernement Freycinet, Mabéne Marguerite est fille de paysans.
Ses parents, qui sont donc aussi les miens, idolâtrent Jules Méline, président du Conseil. Républicain qui prône une politique favorable aux industriels et aux paysans.

Son enfance se fait tant que bien avec les difficultés et la dureté de la vie à cette époque.
Elle bénéficie d’une éducation et ira même à l’école.
C’est alors qu’elle prendra goût au plaisir des mots.
Avec la complicité de sa mère, elle écrira d’abord dans des petits cahiers mais bien vite sa force de caractère va l’amené à travailler au journal « les femmes libres »

Puis elle participe le 5 juillet 1916 à un événement dans l’histoire de notre pays. Elle a alors 20 ans .C’est le premier numéro du journal le Canard enchaîné dont elle sera la rédactrice.
Elle n’est alors pas marié !

Heroic forfader en danois

Il s’appelait Hercule. Et en plus c’est vrai. C’était le père de la mère du père de la mère de la mère de ma grand-mère. C’était un héros. Un vrai. Hercule jonglait à Paris, dansait le tango et parlait couramment le danois. Il est né dans une famille de notaires à cravates. Hercule a voyagé. Il a fait rire. Il est monté sur des podiums. Il a volé dans le ciel de Russie et a nagé dans l’Antarctique. Il a rencontré une américaine – Betty – a eu 3 filles et un chien – Polly. Il est devenu professeur et a enseigné à des centaines d’élèves La Traviata et l’art des fonctions logarithmes non népériens. Sa première fille a décidé de faire le tour de l’Australie a 9 ans sur le dos de Polly. Il l’a suivi et s’est fait mordre par un kangourou. Il a alors attrapé la varicelle et y a survécu de justesse. En effet, entre temps, il a trouvé le remède en étudiant les bégonias avec un aborigène de 98 ans. Il a déposé un brevet puis l’a repris. À 50 ans passés, il est devenu Premier Ministre et a réformé la médecine psychologique des labradors. Il a gagné le Prix Nobel de littérature pour son ouvrage Quand je marcherais sur la Lune, je ne volerais pas, moi. À 60 ans, il a battu Armstrong au bilboquet. Il est mort en montant en haut d’un pin pour récupérer son chapeau. Il avait 88 ans. Polly a beaucoup pleuré. Hercule est resté un héros dans ma famille. La preuve : mon père est astronaute et ma mère australienne. On ne m’a jamais montré sa photo. Mais il parait qu’il ressemblait à Elvis en blond. J’aime bien cet Hercule. Et puis il parait que j’ai ses yeux. Comme il a beaucoup vu, j’attends de voir.